Archive de la catégorie «Ailleurs...»

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PAVLVS V BVRGHESIVS ROMANVS PONTIFEX MAXIMUS

6 février 2009

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Vendredi 6 Février 1609,

 

 

  

 

 Mon cher Lucas,

Figure-toi que j’ai rencontré le pape Paul V lui-même à Davos !

Il s’était déplacé spécialement pour bénir la foule des pénitents et surtout faire un appel à la lutte sainte contre Da Mondialus, dont les attaques risquent, selon lui, d’ébranler les fondements même du culte sacré de Saint-Crésus.

Ayant réussi à obtenir une audition auprès du Saint-Père, je l’ai interrogé sur l’accroissement impressionnant du nombre de pénitents cette année et des dérives que cela pouvait entraîner en termes de pratiques religieuses. Il m’a dit tout simplement répondu qu’il serait “difficile de leur refuser le droit de suivre l’Evangile”…

Peu loquace, ce pape récemment élu est surtout bien coriace !

Vous rappelez-vous comment il avait excommunié il y a trois ans le précédent Doge et le Sénat de Venise ? Parce qu’ils avaient fait publier deux décrets (dont l’un défendait l’établissement de monastères nouveaux sans permission, et l’autre prohibant les dons d’immeubles aux ecclésiastiques, sans son consentement) jugés hostiles à son autorité et avaient fait emprisonner sans le prévenir un chanoine pour une affaire de mœurs.

Il avait par la suite jeté l’interdit sur Venise.

Heureusement que le Roi de France, Henri IV était intervenu en faveur de la Sérénissime et avait obtenu sa levée !

Bon, cela n’a pas empêché l’élection du Doge da Ponte, mais nous avons probablement évité d’autres plaies, comme pluies de grenouilles et épidémies de pustules.

Il est encore plus dur envers les apostats de la foi chrétienne et les hérétiques, qu’il n’hésite pas à faire brûler pour l’exemple !

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Les inquisiteurs chargés de veiller scrupuleusement au respect des dogmes de l’Eglise sont d’ailleurs débordés avec l’afflux de dénonciations en tous genres.

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Il a cependant récemment fait preuve d’une grande mansuétude envers des évêques schismatiques, excommuniés par son prédécesseur, qui avaient osé affirmer que le Christ n’était pas né Juif, qu’il n’avait pas cinq orteils à son pied gauche mais trois, et qu’il n’était pas mort des suites de son calvaire mais d’une simple insolation.

Interrogé à ce sujet, il m’a affirmé que l’excommunication avait été levée mais qu’ils n’avaient pas été réintégrés au sein de l’Eglise de Rome, car il condamnait bien entendu leurs thèses.

Or c’est bien la première fois qu’un pape condamne de telles thèses sans occire leurs porte-paroles !

Comment expliquer cette attitude si charitable envers son prochain si ce n’est parce qu’il porte la calotte et la crosse ?

On ne peut que lui suggérer de sauver ces brebis perdues de l’Eglise en leur appliquant personnellement sa méthode d’exorcisme en onze parties prévoyant successivement :

récitation d’une litanie accompagnée d’une aspersion d’eau bénite, récitation du Psaume LIV ; adjuration à la divinité et interrogation faite au démon, récitation de certains passages des Evangiles, prononciation du premier exorcisme contre le Démon; prière préparatoire ;prière accompagnée de divers signes de croix; second exorcisme prononcé avec une certaine violence contre l’ “Antique Serpent” (Apocalypse XII); nouvelle prière ; troisième et dernier exorcisme.

Si après tout cela, ils continuent de parler d’insolation…  il ne restera plus qu’à prier pour leurs âmes…


Marco Di Ridero, de la chapelle de Saint-Crésus à Davos

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Davos : Les portes du pénitent scié

2 février 2009

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__Lundi 2 Février 1609,

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Mon cher Lucas,

Je vous écris de Davos, où je me suis rendu à mon retour des Nouvelles Colonies.

Il s’agit d’un petit village haut perché dans les montagnes enneigées de la Suisse, où se réunissent chaque année les Pénitents les plus motivés du monde, car s’y rendre est naturellement une ascension du Mont du Calvaire.

Je m’y suis rendu officieusement à la demande de Borackio Obamati, qui contrairement à son prédécesseur, n’apprécie pas trop le mélange des genres entre carnaval et religion et ne souhaitait par conséquent pas s’y afficher.

Ce qui a déçu beaucoup de Pénitents notoires, désireux de le convertir à leur cause, surtout depuis que les Bons Vivants du Rire Confraternel leur font concurrence aux Amériques.

Inutile de vous rappeler ce qu’est un Pénitent, vous vous imaginez bien ces êtres étranges habillés de leur sac, cagoule et cordon, s’humiliant volontairement en public, se flagellant parfois, en chantant des cantiques. Il y en à même qui se mutilent à la scie, devant les portes de la cité…

Bien que supposés se rendre anonymes avec ces attributs austères, nombre d’entre-eux ont été trahis par leur propos comme étant des banquiers et commerçants notoires, d’ordinaire plutôt arrogants.

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Intrigué par le fait qu’ils étaient les plus durs avec eux-mêmes, je leur ai demandé pourquoi ils se lançaient de toutes leurs forces dans cette épreuve cette année :

- «je veux expier à fond pour alléger ma conscience. J’ai détroussé nombre de malheureux et j’ai promis de m’en remettre rapidement dès mon retour pour rebondir”.

- “c’est un message d’humilité pour regagner la confiance dans un mécanisme parfaitement bien huilé qui a évité de justesse le blocage complet à cause de la disparition des sequins»,

- «j’ai envie de ressentir dans ma chair ce que veut dire solidarité entre commerçants, dans une attitude plus humble, face aux meurtrissures infligée à nos bourses par les attaques de Da Mondialus»

- “je veux demander l’asile ici car les portes du Paradis des sequins sont désormais fermées à nous autres”

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Notre bon Doge Da Ponte avait même envoyé une délégation menée par l’inénarrable Cristina Di Garda, qui en bonne professionnelle de la vente, n’a pas manqué de tenter de consoler ces âmes en peine en martelant que des mesures devront être prises contre la disparition des sequins et les attaques de Da Mondialus. Ces mesures devront (d’une traite) être «vendables en termes politiques», «techniquement solides» et «applicables».

Curieusement, cela les fit redoubler d’ardeur dans leurs lamentations et autoflagellations.

Cependant, comme ces derniers se sont régulièrement trompés par le passé, peignant avec acharnement l’avenir en rose, il reste l’espoir que l’avenir leur donnera à nouveau tort, et qu’il sera cette fois-ci moins noir qu’ils ne l’imaginent.

Les participants à cette pénitence collective ont d’ailleurs reconnu pour la première fois qu’ils ne savaient pas grand-chose à la base, ce qui est probablement un premier pas… vers la rédemption.

Comte Marco Di Ridero, essayant d’éviter les coups de martinet perdus

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Nouvelles colonies : Carnaval de l’humour et renouveau

23 janvier 2009

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Vendredi 23 Janvier 1609,

 

 

 


 

Cher Gianfranco,


 


JE viens de prendre connaissance des nombreux commentaires moqueurs, injustes et manquant de FRA TER NI TE dans les lieux publics de Venise, ces jours-ci, au sujet de mon billet d’avant-hier publié dans votre gazette Marianna Di Venice sur le discours du sacre de Borackio Obamati, que j’ai bel et bien « inspiré », comme JE l’ai écrit.

 

 

JE comprends que ce billet et la revendication aient pu surprendre ceux qui, à distance, n’avaient ni le son ni l’image : « Son ego est devenu totalement démesuré ! », se sont-il dit…ce n’est pas une libelliste  !


 

Alors, quelques précisions pour les rassurer.

Sur la forme, au vu du moment historique que nous vivions, moment auquel JE participe au milieu du peuple des Nouvelles Colonies, en toute humilitude et sans protocole, c’est à votre invitation amicalement provocatrice (“t’es pas chiche de couvrir l’événement) que j’ai répondu de façon courageuse !


 

Sur le fond, si c’est moi qui ai inspiré son discours d’intronisation JE dois cependant contrebalancer cela par l’aveu que c’est par contre nous autres, Vénitiens, qui nous sommes inspirés de la mode orientalisante de Borackio Obamati, que nous avons amplement copiée pour nos nouveaux costumes et les thèmes des dernières pièces des Pagliaci di Scena !


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La force de l’événement qu’a été cette intronisation vécu ici et dans le monde m’a impressionnée… mais pas au point de perdre le sens de la modestie et de l’humour !

 

Il y a bien d’autres événements majeurs à vivre… Comme, par exemple, cette confidence très symbolique que m’a faite Colino Powellini, issu d’une illustre famille vénitienne immigrée , dont JE voudrais vous dire quelques mots. Car elle est révélatrice du nouveau climat des Nouvelles Colonies.


Colino Powellini, ancien chef de fanfare (spécialité : les instruments à plomb) et conseiller sous le règne sinistre du nain grimaçant, a répondu sans détour sur la question de la perte d’influence ludique des Nouvelles Colonies, conséquence de la politique du carnaval menée après 1601 (souvent contre l’avis artistique de Colino Powellini lui-même).

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 Il a reconnu avec beaucoup de calme que nombre de décisions du nain grimaçant avaient miné la position des Nouvelles colonies et décrédibilisé leur influence festive dans le monde :

 

 

Les modes de déguisement et de maquillage imposées aux indigènes, les secrets de fabrication de masques indigènes volés, les enlèvements secrets d’opposants indigènes, leur internement secret et leurs cures de rire forcé pour qu’ils soient gais et se convertissent facilement aux règles et rites du carnaval en vigueur chez nous.

 

 

Il a salué la phrase du nouveau Roi du Carnaval Borackio Obamati selon laquelle « la sécurité du carnaval ne pouvait pas être assurée aux dépends des libertés. »

 

Il a beaucoup insisté sur l’influence positive du trajet personnel de Borackio Obamati et sur les magiciens disciples du Grand Turc en particulier.


Colino Powellini y a vu le signe de cet esprit d’apaisement dont les Nouvelles colonies et leur nouveau Roi du Carnaval auront tant besoin pour faire face aux difficultés, intérieures et extérieures.

 

 

D’ailleurs, les décisions que Borackio Obamati a prises dès aujourd’hui en sont le signe.

 

 

D’une part, l’arrêt immédiat des cures de rire forcé dans une partie de l’île de Cuba. D’autre part, il a réuni ses conseillers pour parler des terres indigènes conquises et spoliées par le nain grimaçant et pour continuer la mise au point du plan de lutte contre les attaques de Da Mondialus, le terrible pirate.

 

Espérons que ce changement permettra l’émergence d’une SO LI DA RI TE ludique mondiale avec des règles où le carnaval sera au service du rire et le rire au service de l’homme et la FRA TER NI TE.”

Solène LaReine, La vrai reine de Venise

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Le sacre d’Obamati raconté par LaReine

21 janvier 2009

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GeorgeTown, à l’Auberge du Yankee, Fun Avenue

Depuis cette auberge très proche des cérémonies, JE vous envoie ce récit.

J’ai l’insigne honneur non seulement d’être la principale inspiratrice de ces festivités, apportant tout MON savoir-faire et accessoirement celui des Pagliaci Di Scena pour l’esprit de leur déroulement, mais aussi d’être l’unique représentante de notre vénérable Sérénissime !

JE vois et suis tout à travers les vitres embuées. Le sens de l’histoire me fait verser de chaudes larmes.

Dès cinq heures du matin dans un froid glacial et purifiant, une longue procession de centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants de tous âges, de toutes les couleurs et de toutes conditions, dans leurs costumes variés et muticolores – ce que Borackio Obamati a appelé le « patchwork du carnaval » – ont convergé vers le Mall pour communier et vivre ce moment historique.

Comme s’ils voulaient s’assurer que tout cela était bien vrai : la tourbe transformée en or, la guérison miraculeuse des écrouelles, l’aura incomparable de leur nouveau Roi du Carnaval, magicien disciple du Grand Turc !!

Et c’est sans compter les milliards d’autres qui, à travers les reportages des gazettes du monde entier (et JE pense en particulier à Marianna Di Venice, qui a l’honneur de publier MON récit de voyage) et le bouche-à-oreille, avaient au même moment les yeux rivés sur cette tribune de bois d’où sera intronisé le nouveau Roi du Carnaval des Nouvelles Colonies, leur bienfaiteur et guérisseur.

La cérémonie d’investiture a eu beaucoup d’allure (normal, J’y suis pour quelque chose !!). Borackio Obamati est sans conteste très inspiré (grâce à MOI) et il se dégageait de cette immense foule, joyeuse et pleine d’espoir, une véritable ferveur quasi-mystique.

Que retenir du discours de Borackio Obamati ?

Vous le lirez bien sûr en entier, mais voici les idées et les citations que JE lui ai inspirées, et que JE compte réutiliser dans une de nos prochaines pièces à Venise :

- Tout d’abord un diagnostic sans concession sur la disparition des sequins et sur la violence engendrées par les attaques de Da Mondialus, qui sont « aussi la conséquence de la cupidité et de l’irresponsabilité des gouvernants de l’Ancien Monde (et toc pour notre Doge !!), mais aussi de notre échec collectif à dégager à temps mon prédécesseur »

- Les Nouvelles Colonies sont une nation d’immigrants « qui ont pris des risques » – des hommes et des femmes anonymes -, « qui ont souffert de la morsure du fouet et de l’arbitraire ».

Liberté, Sororité, Fraternité (MON slogan à moi !!!) sont les grandes valeurs auxquelles Borackio Obamati a fait ensuite référence pour mobiliser les énergies du peuple.

- Le carnaval fait que chaque citoyen, par son action joviale et responsable dans le choix de son déguisement, doit accompagner la prise de responsabilité du Roi du Carnaval.

- Il y aura une transparence absolue de tous les systèmes d’aides à la confection et l’achat de costumes, de masques et colifichets, notamment ceux importés de Venise (et toc pour Francesco Braïni !!).

- « Cette crise nous rappelle que sans surveillance le financement du carnaval peut devenir incontrôlable, et qu’une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis pour son organisation et la jouissance des festivités. » Il faut donner à chacun l’occasion de réussir sa participation au carnaval. Ce n’est pas de la charité.

- La sécurité du Carnaval ne doit pas être assurée aux dépens des libertés.

- « Nous sommes réunis car nous avons préféré l’espoir à la peur suscitée par mon prédécesseur, le sinistre Nain grimaçant, et le pirate Da Mondialus. »

- Les Nouvelles Colonies ont vocation à dialoguer avec le monde entier.

C’est parce que nous avons connu des périodes sans carnaval que nous sommes conscients de la nécessité de dialoguer et collaborer avec nos anciens concurrents, de nous inspirer de leur savoir-faire et de partager le nôtre avec eux. Après toutes les Nations organisatrices de carnaval font partie d’une seule et même famille.

- « Le monde des festivités a changé et nous devons évoluer avec lui. » Mais nous devons le faire, a-t-il ajouté, « avec nos valeurs festives de toujours ».

- « Ce qui nous est demandé maintenant, c’est une nouvelle ère de responsabilité gagnante-gagnante » (« the new area of win-win responsability », JE suis si fière de MON slogan !!!!).

- « C’est le prix, et la promesse, de l’allégresse (…) C’est la raison pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n’aurait peut-être pas pu participer aux festivités à cause de la suspicion envers les magiciens disciples du Grand Turc, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré en tant que Roi du Carnaval. »

Ce discours a duré vingt longues minutes. La foule était saisie par ces paroles, par cet appel constant à chacun pour qu’il se mette en branle de mouvement, par la force du symbole inspiré et la volonté de s’amuser dans un esprit de gagnitude collective.

Des centaines de personnes se sont ensuite déplacées paisiblement du Mall vers Fun Avenue pour assister au défilé de carnaval qui montrait si bien la diversité des Nouvelles Colonies.

Quant à son prédécesseur, le Nain grimaçant, tout à l’heure, nous sommes passés devant une maison sur laquelle est inscrit en grandes lettres : « 20 janvier 1609 : la fin d’une gravissime erreur ».”

Petite touche feminine (JE suis en effet avant tout une délicieuse femme), pour terminer ce divin récit :

JE n’ai pas trop aimé le déguisement de l’épouse de Borackio Obamati, pas assez orientalisant à MON goût !

Solène LaReine, Marianna Di Venice du 21 janvier 1609

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Du rififi chez les Hellènes

23 décembre 2008

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__Mardi 23 décembre 1608,

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Mon cher frère,

Je ne vais pas te parler de nos voisins Français aujourd’hui, mais d’une communauté plus éloignée, celle des Grecs, descendants des anciens Hellènes.

J’ai rencontré ici à Paris l’ambassadeur du Grand Turc, qui m’a fait part de sa grande préoccupation face à la révolte de ses sujets grecs, qui refusent de plus en plus de se soumettre à “l’impôt sur le sang” ou devshirmé.

Cet impôt consiste à lever auprès des communautés non-musulmanes des zones rurales de l’Empire Ottoman, des jeunes de 6 à 16 ans (de préférence des enfants des leaders religieux et féodaux des différentes communautés assujetties) pour en faire soit des cadres administratifs, des esclaves ou des soldats janissaires et affaiblir ainsi ces communautés.

Depuis plusieurs jours, la jeunesse de la communauté grecque se rebelle massivement contre les représentants de l’Empire qui viennent la réquisitionner.

Il s’avère que l’élément déclencheur a été la mort de l’un d’entre-eux, âgé de 15 ans, qui a été blessé en essayant d’échapper à la rafle dans un des villages grecs de la région d”Epire.

Tous les autres enfants se sont attaqués à coups de poings, de pieds, de pierres, et de bâtons aux représentants, aidés par des mystérieux membres cagoulés d’une communauté secrète qui s’est auto-proclamée “Front de Libération des Opprimés Grecs” et qui a contribué à propager ces émeutes à l’ensemble des autres villages, puis des autres régions de la péninsule hellénique, jusqu’à atteindre la campagne de l’illustre cité d’Athènes !

Ces émeutes ont malheureusement donné lieu à des actes de pillage de la part d’autres parties de la population, trouvant là une aubaine.

Ces incidents inquiètent beaucoup les dignitaires ottomans car ils risquent de se propager auprès de l’ensemble des communautés assujetties : Albanais, Bulgares, Serbes, Arméniens… et mettre ainsi en péril l’ordre et l’équilibre de l’Empire.

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Ils ont dû ainsi retarder le prélèvement de cet impôt ou céder quelques privilèges à certaines de ces communautés pour essayer d’acheter la paix sociale en attendant de venir à bout des émeutiers grecs.

A moins que tout cela ne soit savamment relayé par les autorités elles-mêmes afin de réprimer, de donner l’exemple à l’ensemble des communautés chrétiennes de l’Empire, ou de les détourner de leurs dures préoccupations matérielles quotidiennes ?

Il faut avouer que d’après certains témoignages de marchands vénitiens installés sur place, cette jeunesse grecque se retrouve sans perspectives suite à la disparition des sequins qui affecte notre monde, sans repères depuis l’intégration accrue à l’Empire Ottoman, la disparition de certaines traditions, qu’elle ne croit plus à la possibilité d’élévation sociale qu’offrait le fait de devenir musulman, cadre administratif ou soldat janissaire pour une partie d’entre-elle il y a encore quelque années.

Elle sait juste réagir aux injustices criantes dont elle est directement victime.

Etrange monde que celui qui n’offre que trop peu de perspectives à sa jeunesse !

Angelo Lauresti, de son cabinet à Paris

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Les pirates des temps nouveaux

22 décembre 2008

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__Lundi 22 décembre 1608,

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Pirates du monde entier, mes frères,

Je tiens à vous féliciter pour vos actes de dépravation et de bravoure commis au cours de cette année 1608 !

Cette année fut effectivement faste en petites rapines, pillages et exactions, soit le champs habituel de notre action.

Malheureusement, alors qu’on nous accuse d’avoir subtilisé la majeure partie des sequins du monde civilisé, cet exploit extraordinaire, sans précédent depuis les fameux actes de pirateries de 1529, n’est malheureusement pas à mettre à notre seul actif et je vous demande par conséquent d’être très vigilants :

Ce méfait gigantesque est apparemment dû à plusieurs facteurs :

  • Melvina Silva :

Cette sorcière vénitienne, a découvert l’étonnant moyen de transformer les sequins en vent.

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Sa pierre de sequinsvent a été subtilisée par la Guilde des prêteurs et banquiers et livrée sous le manteau à tous les membres des guildes apparentées aux quatre coins de la terre, mais sans mode d’emploi.

J’ai même ouï dire que l’infâme Doge Da Ponte, l’impératrice Angelina Merkalis, le roi du Carnaval des nouvelles colonies, Borackio Obamati et d’autres souverains en ont reçu par la suite un exemplaire personnalisé afin de se familiariser avec ses effets dévastateurs.

Lorsqu’on utilise cette pierre magique sur les sequins, se produit instantanément un mirage qui en multiplie le nombre mais les réduit au bout de quelques mois à l’état de souvenir béat.

Je veux cette pierre ! trouvez la moi, il me la faut !

  • Les dirigeants des Royaumes et Républiques :

Malgré les efforts qu’ils ont dépensés pour trouver des sequins en réserve, aider le commerce et leurs sujets, ils continuent à vivre avec faste et à multiplier les dépenses.

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En plus ils n’arrivent même pas à se mettre d’accord entre eux pour coordonner leurs efforts.

Ils en deviennent petit à petit aussi impopulaires que nous. Quelle pitié !

Ils pratiquent également la piraterie, mais pas notre piraterie traditionnelle, noble et historique.

Non leur piraterie en collerette blanche, abuse, trompe et détrousse les bonnes gens comme les Etats et à des niveaux bien plus étendus que nous ne l’avons jamais fait.

Ils jouent donc sur notre terrain, c’est intolérable !

Tout ceci pour vous dire : attention, l’année 1609 doit être NOTRE année, ne nous laissons pas voler notre territoire du vol, de la terreur et de la désolation par ces bandits de salon !

Pirates de toutes les mers, unissons-nous et agissons encore plus fort pour défendre nos droits !

Le pirate Da Mondialus, sur le pont de son vaisseau amiral

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Des nouvelles du nain grimaçant

17 décembre 2008

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_Mercredi 17 Décembre 1608,

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Cher Lucas,

Excuse-moi de ne pas t’avoir écris plus tôt, mais j’ai été très occupé depuis l’élection de Borackio Obamati comme Roi du carnaval des Nouvelles colonies.


Il s’avère qu’il a eu besoin de conseils pour préparer sa prise de pouvoir et qu’ayant appris ma présence dans les Nouvelles Colonies il m’a fait requérir.

Je ne pensais pas qu’un personnage aussi puissant aurait besoin de l’avis d’un Européen, encore moins d’un Vénitien, mais il s’est montré effectivement très curieux et ouvert sur nos institutions, mœurs et traditions.

Il m’a dit qu’il était très préoccupé par l’état des finances du Comité d’organisation du carnaval, affectées par les rançons réclamées par le pirate Da Mondialus et les entreprises malheureuses de son prédécesseur, le nain grimaçant, et qu’il recherchait des sources de financement pour la prochaine saison du carnaval.

Je lui ai naturellement suggéré d’écrire à notre Doge Nicolo Da Ponte pour lui demander des conseils, bien que je l’ai davantage fait par politesse et respect pour ma patrie que par conviction intime, connaissant l’esprit de compétition de ce dernier.

Mais comme les attaques du pirate Da Mondialus nous affectent tous, de ce côté comme de l’autre de l’Atlantique, pourquoi ne pas essayer de trouver des solutions ensemble ?

Cela permettrait notamment de multiplier les échanges entre nos deux continents.

Pour ce qui concerne le nain grimaçant, alias Giorgio Bushistini, il n’a pu trouver depuis son échec à l’élection d’autre emploi que celui de clown dans un petit cirque de campagne, dont il est devenu la vedette.

Il figure dans un numéro où il est attaché à un poteau et sert de cible à des personnes choisies parmi le public pour lui lancer leurs chaussures à la figure, chaussures dont il doit deviner la taille.

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Il paraît qu’il excelle dans ce numéro dit des “chaussures volantes“, ayant eu l’habitude par le passé de cotoyer des pointures !

Il faut d’ailleurs lui reconnaître un flair infaillible…

Donne-moi des nouvelles de notre Sérénissime et prends bien soin de toi, mon filleul !

Comte Marco Di Ridero, de l’autre côté des océans


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Saint Bernard Pie-Paul, le meilleur ami des hommes

10 décembre 2008

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Mercredi 10 Décembre 1608,

Mon cher frère,

Je réponds à ta dernière lettre du 3 décembre . J’espère que la situation s’est améliorée à Venise.

Pour te changer un peu les idées, après Bernard le Gouailleur, j’aimerais te relater ma rencontre avec un autre étrange personnage, un saint homme prénommé lui aussi Bernard, rencontré dans l’entourage de la reine Christine de Valois.

Les liens maritaux de cette dernière avec le bon roi Henri IV ont été, comme vous le savez, dissous en 1599, mais elle conserve néanmoins son titre de reine. Elle vit depuis 4 ans dans son hôtel de la rue de Seine, où elle s’est reconstituée une cour joyeuse et lettrée.

C’est lors d’une de mes visites dans son hôtel que j’ai rencontré Saint Bernard Pie-Paul, l’un de ses aumôniers, très fervent croyant, qui prône la charité auprès de cette dame intelligente et libre de moeurs mêlant toujours allègrement piété et galanterie dans sa vie.


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Membre de l’Ordre religieux “Miraculi Sine Frontiera”, il s’est illustré par le passé par ses actions désintéressées auprès des populations indigènes du pays de Pount (qui souffraient de la famine) et de l’Empire birman (qui mouraient d’épuisement, employées de force dans de  colossaux chantiers de construction).

On dit que dans le premier pays il sauva la population en réussissant le miracle de démultiplier un lourd sac de riz qu’il porta sur ses épaules dans une souffrance extrême ne pouvant être comparée qu’à l’ascension du Golgotha.

Dans le second pays il réalisa le miracle de faire disparaître les chaînes de ces malheureux qui se retrouvèrent libres et purent enfin recevoir une digne récompense pour leur travail.

Cet homme à l’apparence austère jouit néanmoins d’un esprit d’autocritique et d’autodérision comme nul autre pareil.

Très apprécié par le peuple de France, sa réputation d’homme de grande intégrité morale lui permet justement de survivre dans cette cour pleine d’intrigues mondaines, où la quête des plaisirs d’ici-bas le dispute à celle du faste.

Il considèrerait d’ailleurs sa mission auprès de la reine comme une épreuve dictée par Dieu. Car comment ne pas succomber au charme de la reine Christine, qui se donnerait, dit-on, un malin plaisir de tenter ce saint homme ?

Certains courtisans s’amusent d’ailleurs de le voir accompagné partout d’une magnifique beauté nubienne du pays de Pount, Ramina Yadakité, une convertie zélée qui veille au salut de son âme.

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Qualifiant cette beauté de démon tentateur, ils pensent que saint Bernard ne trouverait de plaisir que dans l’épreuve physique et morale permanente, s’infligeant lui-même moults actes de pénitence en public comme en privé.

Il se serait même tranché le petit orteil lors d’une tentation particulièrement éprouvante, la douleur physique le détournant de l’objet de son désir. Cet orteil est depuis devenue une relique exposée en la chapelle de Quédorcy.

Je te conseille vivement de parler de Saint Bernard Pie-Paul à notre bon Doge Da Ponte, qui ne devrait pas manquer de tomber sous le charme trouble du personnage et lui confier une noble fonction à Venise, digne de ses qualités morales.

Angelo Lauresti, de son bureau à Paris

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Biodiversitude menacée

5 décembre 2008

 

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Vendredi 5 Décembre 1608,

 

 

 

 

 

 

 

Ma chère Lucia,

 

Je suis à nouveau désespérée ! Ca va devenir une seconde nature chez moi !


Figurez-vous que je suis allée hier me plaindre auprès de Verdicce, la “Confrérie des marchands d’épices, d’herbes médicinales et d’objets ésotériques”, car il est de plus en plus difficile de se procurer des ingrédients de qualité à Venise !


J’ai découvert hier des pesticules dans les raisins que j’avais achetés chez eux pour confectionner mon philtre de passion dévorante, une commande spéciale d’un baron de notre connaissance.


Quant au miel de mes baumes pour belles-mères acariâtres, n’en parlons pas ! Impossible d’en trouver du non frelaté ! Il semblerait que les abeilles soient en voie d’extinction à cause des ondes hallucinogènes que Da Mondialus diffuse pour mieux nous affaiblir !

 

Bravo pour les dégâts à prévoir sur l’entente des couples !


Et pour le pain du coucou, la poivre à queue et la patience crêpue… c’est une catastrophe ! Je m’arrache les cheveux !


Je dois m’y reprendre plusieurs fois pour arriver à les incorporer dans mes préparations sans que ces ingrédients ne se mettent à se chamailler ou à pousser des cris affreux.

 

Ils sont tellement traumatisés par les conditions affreuses de promiscuité prévalant dans les entrepôts de Verdicce, où on essaie de tirer un maximum de leurs combinaisons devenues rares, qu’ils ne se supportent plus !


Quand aux larmes de pleurnichardes, une denrée normalement si facile à se procurer, je n’arrive pas à en trouver et dois me rabattre sur celles des crocodiles, et même quand on en trouve, on constate que leurs testicles sont si atrophiés qu’il y a des soucis à se faire pour la reproduction de l’espèce !


Les causes ? Mis à part la perfidie de Da Mondialus, nos savants et érudits incriminent des ruptures dans la chaîne d’approvisionnement naturelle ou quelque chose dans ce genre, mais moi ce que je vois c’est que mes étagères à bocaux sont vides !

 

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Bref, entre les espèces en voie de disparition et les catastrophes naturelles que nous prédisent les oiseaux de mauvais augure, il ne me reste plus qu’à fermer boutique et me réfugier dans un monastère pour prier à la préservation de la Création.

 

Melvina Sylva, amie des êtres vivants

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Les Princes de l’infinitésimal…

1 décembre 2008

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Lundi 1er décembre 1608,


Mia cara Lucia,

Je suis enfin rentrée à Florence, ravie de mon séjour à Venise. Nous n’avons guère été sages, chère cousine, mais je ne peux que m’en féliciter !

Encore dans l’ambiance des sorties vénitiennes, j’essaie de suivre de loin les rebondissements de vos affaires culturelles, et j’apprends à l’instant que Roberto Huhi se lance lui aussi dans l’aventure de la scission créative !

C’est décidément une épidémie, mais il faut avouer qu’il est plus facile de prendre le large à Venise qu’à Florence !

Ce début de XVII ème siècle voit effectivement émerger nombre de troupes de théâtre, ce qui souligne la grande richesse culturelle de notre belle péninsule, et tout particulièrement celle de la Sérénissime ! A croire que vous grouillez de génies !

Après Olivio Bisiencenisti et sa troupe “Nouveau Pagliaci Di Scena”, et Giovanni-Luca Melenchoni et son école “Pirouettes pour Gauchers”, voilà maintenant Roberto qui annonce réfléchir à la création d’une nouvelle école d’interprétation théâtrale ! Quelle créativité !

Comment va-t-il l’appeler ? Les paris sont ouverts…

Les Pagliaci Di Scena ont bien du souci à se faire ! Leur jeu théâtral, un brin maniéré et convenu, risque de souffrir de la concurrence de ces tenants d’un jeu épuré voire minimaliste (Cf Melenchoni qui prône l’utilisation expressive de la seule partie gauche du corps).

En tout cas votre Doge Nicolo Da Ponte doit bien s’en frotter les mains, tout affaiblissement des Pagliaci servant bien sa cause.

A moins que le très prometteur Gianno Copi ne s’y mette à son tour, et que votre Doge se trouve aussi mis en difficulté ? Il y pour l’instant peu de risques car sa fonction de responsable des ventes de “l’Union des Marchands de Poignards” cumulée à ses innombrables autres fonctions désintéressées lui laissent trop peu de temps pour exprimer tout son talent artistique, à part celui du jonglage.

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Ce qui me fait penser qu’il ne vous manque plus qu’une école de cirque à Venise !

J’en profite pour vous renvoyer à l’oeuvre de notre illustre Nicolo Machiavelli, la fierté de notre belle Florence, qui théorisa il y a un siècle de cela dans son ouvrage “Le Cirque de cour pour les nuls”, tout l’art du jonglage et de l’équilibrisme, sans parler du domptage de fauves.

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Dommage que Venise soit trop petite pour pourvoir à la réussite de tous ces talents !

Je suggèrerai ainsi au Doge de mener une politique financière plus généreuse en matière culturelle pour inciter tous ses concurrents à s’adonner librement à leur art, ce qui lui laissera le champs libre pour s’occuper des affaires de la Sérénissime, le bon peuple y trouvant par ailleurs les divertissements susceptibles de le détourner de sa triste condition.

Ainsi, si tous vos acteurs devraient lire notre cher Machiavelli pour adapter leur jeu théâtral à l’art du cirque, votre peuple, quant lui, pourrait en faire autant pour réfléchir aux moyens d’éviter de se transformer en avaleur de sabres et de couleuvres !

Bien à toi et au plaisir de te revoir, cara cousinetta,

Baci, La tua Principessa Mirabella, assise sur le Ponte Vecchio

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