Dans le porte-billets du Doge, du 5 au 9 Octobre 1609
Lundi 5 Octobre 1609,
Divin Doge,
Voici quelques centuries que j’ai rédigées ce matin afin de vous alerter des douloureuses divinations qui me hantent a votre propos :
Centurie LIII
Roi carnavalier injustement préféré au maître des eaux oublié
Se verra honoré par aréopage des sages mondiaux
Grand chantre de la paix il sera désigné
Maitre des eaux marri se retrouvera bientôt
Centurie LXV
Ministre cultivé cultivera problèmes
Indigènes lointains remonterons du passé
Citoyens indignés lui jetteront l’anathème
Piteusement défendra son honneur bafoué
Nostramincus, devin officieux de sa dogéité

Mardi 6 Octobre 1609,
Fooooooooooormidable Doge,
Pouvez-vous m’aider à raisonner Francesco Braïni, vous qui le connaissez malgré tout si bien ?
A la fabrique de Masques, Ombres, Déguisements Et Mystères, nous nous demandons ce qu’il veut vraiment : alors que nous n’avons pas encore pu refourguer la collection de masques bleus de 1606 que l’Union des Marchand de Poignards nous avais commandés, il m’avait ordonné en juillet d’accepter une commande de masques rose-orangés de la part des Pagliacci di Scena.
Alors je fais travailler mes fabricants à plein régime, comme d’hab’ je dégomme les récalcitrants, je vitrifie les hésitants, et je musèle les indécis… et que m’annonce-t-il ce matin ?
« Marin’ (il m’appelle Marin’ en privé) laisse choir les masques roses, les masques verdâtres rapportent plus, on change la collection !».
Comment vais-je annoncer aux Pagliacci, qui m’ont promis monts et merveilles, que nous allons ainsi aller au plus offrant ? Je me sens parfois si faible…
Marinella Di Sarnofio, bleue, orange, rose, verte

Mercredi 12 octobre1609,
Doge, mon paute
Y en a mare, marre, marrrre !
Fou donk en taule Fabio Lauresti et Lucia Di Rrridérrrro.
Il ecrive dé bilé ilyzibleux qui marrache les zyeu
Si ca kontinus ze vé me fachais tou rrrrrouje !
Si tu fé pa sa ze shante sous ta fenaîtreu, crrrroââ !
Bambino Crapino de la laguna marecagiosa

Jeudi 13 Octobre 1609,
Bonsooooooooooooir Ô toi doge lumineux qu’on voit briller au firmament des princes, prince d’une cité millénaire et magnificence suprême de la lagune !
Je sais, j’aurais dû mieux vous prévenir que j’adoooore les jeunes étrangers à Venise.
Les voir batifoler dans la lumière du matin me mets dans un état d’exci euh d’exégèse proche de l’orgas euh l’organique joie interne.
Pouvoir les palp euh leur parler est un ravissement. Jeunes, Vieux, Jeunes, Jeunes, Jeunes vous le voyez je les aime tous !
Vous trouverez en moi toujours le plus perv euh permanent soutien de votre dogiété fabuleuse, alors ne me répudiez pas pour mon amour des belles et jeunes choses.
Je ne veux pas mourir à Venise !
Fédérico Mitterano, satyr… euh satisfait

Vendredi 9 octobre1609,
Papounet,
J’hésite vraiment… plus trop beaucoup encore.
Quand tu m’as proposé le poste de conseiller au Parlement des Eaux de Venise, j’ai été fou de joi-eu !
Quand tu m’as proposé le poste de chef du groupe de l’Union des Marchands de Poignards au parlement des eaux de Venise, j’ai été ravi-eu !
Mais là, président de la chambre de commerce de la Sérénissime, à 23 ans, j’hésite vraiment-euh…
Franchement tu m’avais habitué à mieux pour moi, ton fiston adoré-eu !
Oser me nommer par le « fait du Doge » à un poste honorable certes mais non rémunéré en sequins sonnants et trébuchants, tu te moquerais pas de moi par hasard-eu ?
A quoi bon être le prince Giovanni pour être traité comme un manant ? Vraiment papounet si tu ne fais pas quelquechose, il est très possible que je me mette à trépigner et à retourner à mes chères études ! Tu auras été prévenu-eu…
Prince Giovanni Da Ponte
