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1610 : Année vénitienne

4 janvier 2010

Lundi 04 Janvier 1610,


Le Doge Da Ponte, Francesco Braïni, le terrible pirate Da Mondialus, Enrico Guilardi le bandit, Corina Il Pagini, Melvina Silva la sorcière et tous les autres vénitiens se joignent à nous pour vous souhaiter une excellente année 1610.

Lucia Di Ridero

Fabio Lauresti

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Pourquoi je vote OUI-OUI

18 décembre 2009

Vendredi 18 Décembre 1609,

Mes chers collègues de la guilde « Mascarade, Ombres, Déguisements et Mystères », je voudrais par cette missive vous expliquer pourquoi il faut voter mille fois OUI-OUI à la nomination votationnée d’Albino Doliomi à la tête de la liste de notre guilde pour la prochaine élection des  représentants des provinces vénitiennes.

1)      Il est beau et tout le monde sait qu’a Venise, il est plus important de paraître que de montrer qu’on est capable d’être un bon conseiller avec les mains dans le cambouis et une expérience concrète de la chose publique. Et ça, Francesco Braïni, loué soit-il, l’a bien compris !

2)      Il a des sequins ! par centaines, par milliers : des sequins partout !

L’élection coûtera cher, la guilde n’est pas riche (enfin si , mais bon, faut pas le dire), donc Doliomi tombe à point nommé pour que Francesco Braini, notre étoile céleste, garde les « sequins1612″ comme il les surnomme.

3)      Il n’a jamais rien dit, ni fait à propos de Venise : magnifique trouvaille de notre luminescent Francesco Braïni: quoi de mieux pour attirer les électeurs que de mettre en avant quelqu’un qui, à leur image, n’y connait pas grand chose ? C’est ça  concrètement le renouvellement des représentants ! Ceux qui diraient le contraire ne sont que des aigris de mauvaise foi !

4)      Ce choix personnel unanime de notre chef permet d’éviter le dilemme d’avoir à choisir entre plusieurs candidats méritants et de prendre ainsi le risque de les mécontenter. Or, les fidèles méritants deviennent une denrée rare par les temps incertains qui courent.

5)      Il est maure : eh oui,  la guilde est humaniste, et elle se doit de favoriser les maures !

Francesco Braïni ne voulant pas entamer la modestie et la forme physique des « maures » déjà présents dans la guilde et qui , eux  ont participé activement à sa création et son existence, a préféré en prendre un tout neuf, tout propre,  qui ne risque pas de lui reprocher sa gestion passée de la guilde, et dont l’usure ne risque pas de porter préjudice à son bon fonctionnement.

6)      Enfin et surtout je voterai pour lui et vous demande de le faire instamment car c’est notre chef Francesco Braïni qui nous l’a choisi dans sa grande mansuétude.

Maintenant que Doliomi a été prestement mis en avant par Braini dans tout Venise, comment pouvez vous décemment envisager de ne pas valider son choix ?

Imaginez les titres des gazettes si vous votiez tout simplement NON :

- « Le candidat de Braïni rejeté »

- « Braïni veut convaincre les vénitiens en 1612 mais ne parvient même pas à convaincre ses propres fabricants»

- « « Mascarade, Ombres, Déguisements et Mystères » qui se dit humaniste, dit non à un maure »

- « Chez Mascarade, Ombres, Déguisements et Mystères, même quand il n’y a qu’un maure ça en est déjà un de trop »

- « Chez Braïni, c’est never maure »…etc

Alors je vous en conjure votez librement OUI-OUI pour Doliomi, ne serait-ce que pour ne pas nuire à notre chef suprême.

Thomassone Cortegiano, courtisan notoire de la guilde

Ps : bien évidement je ne dis pas tout ça parce que je suis moi même candidat à une place sur la liste, comment pourrait-on m’accuser de tels mesquins calculs ?

PPs : j’oubliais, Albino Doliomi a aussi « toujours le mot gentil », comme moi.

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Braïni : Maure à Venise !

25 novembre 2009

Venise, Mardi 25 Novembre 1609,

Cher Fabricants du premier cercle de fabrication,

Ca y est ! J’ai trouvé ! Alleluia ! Eurêka ! Nous sommes sauvés !

J’ai dégoté ce matin en me promenant près du quartier maure de la ville, la perle rare pour conduire la liste de la guilde  à Venise pour la prochaine élection des provinces vénitiennes : un marchand maure, nommé Albino Doliomi !

Bon, tout d’abord, il ressemble à Borackio Obamati, le roi du carnaval des Nouvelles colonies ce qui, par les temps qui courent, est un gage de modernité et de diversité.

Mais bien évidemment même si c’est le principal argument qui m’a faitle choisir, jamais, au grand jamais je ne le dirais en public !

Moi, Braïni, choisir des candidats juste parce qu’ils existent en dehors de la guilde et qu’ils n’ont rien fait pour elle ? Jamais je ne l’admettrais !

Bon, et puis il présente tous les critères du bon candidat à mes yeux :

-         Il ne m’a jamais ennuyé sur ma façon toute personnelle de diriger MA guilde

-         Il ne me cite pas à tout bout de champ mes vieilles formules du genre « Si tous les Vénitiens pensent la même chose, c’est qu’ils ne pensent plus rien » ou encore pire « Cher Vénitiens, j’ai une bonne nouvelle : à partir de ce soir la politique à Venise ne sera plus jamais la même ! »

-         Il est bien fait de sa personne et  j’aime les gens bien faits de leur personne (certaines fabricantes de la guilde pourront en témoigner)

-         Il ne s’offusque pas d’être désigné, comme cela, par le fait du doge-qui-n’est-pas-encore-doge, alors que des fabricants qui ont depuis longtemps mérité cet honneur ne sont même pas pris en compte pour la candidature car leurs profils sont trop « communs ».

Je sais, vous allez me dire :

 - Il porte le nom d’une auberge célèbre de Venise :

Et alors ? Il n’en sera que davantage considéré comme doué pour la cuisine électorale !

-         Il n’a jamais rien fait pour la guilde :

Et alors ? Je ne considère pas que le fait de travailler d’arrache-pied pour la guilde soit à récompenser !

-         Il n’a jamais, au grand jamais pris une position sur la société vénitienne :

Et alors ? Je ne considère pas que le fait de connaitre la question pour laquelle on brigue un poste tienne la route face à des considérations esthétiques ou de communication

-         Sa désignation toute personnelle ne correspond pas au mode de désignation prévu par les Statuts de la guilde :

Et alors ? Je suis le chef de la guilde, et je considère avoir le droit de décider comme je l’entends. Les Statuts sont une matière vivante et donc mouvante dixit mon conseiller Enrico Azieri, j’en fais donc ce que je décide d’en faire, là réside toute la subtilité de l’accommodation, vous en conviendrez.

Et puis les fabricants de la base se prononceront : si 99 % d’entre-eux se prononcent contre, je procèderai à un deuxième vote.

Dans ce cas, soit je soumettrais ce deuxième vote uniquement aux fabricants qui se prénomment Francesco ou Marinella., soit  je demanderai dans une même question aux fabricants (un seul oui ou non sera permis pour ces deux questions) s’ils sont pour la baisse des cotisations à la guilde et s’ils valident mes choix de candidats. J’hésite encore entre ces deux formules, car je ne sais laquelle est la plus démocratique. Mais je trancherai aux dés.

Comme vous le voyez, chers membres, ceux qui critiquent la gouvernance interne de la guilde sont vraiment de mauvaise foi !

Francesco Braïni, juste parmi les justes

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Envers et contre tout, et rien qu’entre toi et moi !

18 novembre 2009

Mercredi 18 Novembre 1609,

Francesco mio,

Tu me connais bien mon joli coeur, je n’aime pas qu’on me marche sur les pieds !

Hier j’allais à la fabrique centrale de masques de notre guilde « Mystères, Ombres, Déguisements et Mystères » comme je le fais les jours où j’ai besoin de me faire louer par mes courti… heu mes fabricants préférés.

Et que vois-je en arrivant ? Mon fidèle Frère Hérético, se précipite vers moi et me fait son rapport de surveillance des fabricants.

Horreur ! Il m’apprend qu’un petit groupe de fabricants s’était retranché dans un atelier et fabriquait des masques non conformes à mes prescriptions !

Il y avait là l’ingrat Dupino, l’intrigante Di Cremoso, le duetto Cocobino, Lucia Di Ridero,  Fabio Lauresti, et même, en esprit, la très très ingrate (car je lui ai tout donné comme chacun le sait) Virginia Votinetti et sa bande de lutins masqués.

Jusque là rien que des sous-fifres, pas de quoi fouetter un chat, mais je faillis m’étouffer lorsque je vis dans le fond de l’atelier la félonne, la perfide, la sournoise Corina il Pagini !

Et que fabriquaient ces intrigants ? Des masques VERTS !

Une commande spéciale de Daniele Competito se défendaient-ils quand je leur ai ordonné d’arrêter, car c’est moi qui ordonne ici, que diable !

Il Pagini l’effrontée  m’a soutenu mordicus que les masques verts commandés par les Verdicce sont les seuls susceptibles de faire rebondir  notre guilde depuis que Competito a fait fortune lors de l’élection des représentants de Venise à l’assemblée des villes de foire d’Europe (où notre guilde s’est plant..euh comportée honorablement) !

Or, comme tu le sais, j’ai choisis pour la collection printemps-été 1610 de délicieux masques roses orangeâtres qui scelleront notre amitié nouvelle avec les Pagliaci di Scena, et je ne tolèrerais pas que des masques verts orangeâtres, limite couleur caca d’oie, sortent de nos ateliers, en tout cas, pas tant que je ne le déciderai pas !

Je sais que tu préfèrerais qu’on se passe de notre collection de masques cette année, car les coûts de fabrication se sont envolés et nous aurons besoin de cet argent pour nous démarquer lors du superbe carnaval de 2012, qui précèdera l’élection du Doge. Mais il ne faut tout de même pas que nous perdions la main d’ici-là et produire une petite centaine de masques ici ou là pour quelques fidèles clients nous permettra de maintenir quelque peu notre savoir-faire.

Reste à faire passer ce manque d’ambition auprès de nos fabricants… mais je compte sur tes talents oratoires.


Je compte aussi sur toi pour m’aider à ramener tous ces petits cloportes dans le droit chemin et t’occuper sérieusement de la Il Pagini qui commence sérieusement à échauffer mes exquises petites oreilles (pour lequelles tu m’as toujours louée…).

Quant à l’ingrat Gistani, qui intrigue avec elle et a quitté la guilde pour développer son projet de lampions alternatifs, je te garantis qu’il n’aura bientôt plus aucun client pour sa fabrique de lampions, tu sais combien j’ai bien appris de toi.

Ta Marinellounette fraîche comme une rose

Ps : L’hérético toujours prompt à fayoter pour gagner mes faveurs, m’a aussi fait part pêle-mêle d’informations insolites sur d’autres sous-fifres qui me font dire que Venise est dans une situation bien étrange ces temps-ci :

– Les membres de la confrérie familiale du « Jesus GRID ressuscité » seraient revenus dans le droit chemin et font comme s’ils ne nous avaient jamais fortement mis en cause toi et moi,

-  Francesca Bianca se serait faite attaquer par les paons du zoo de Venise,

- Gianfranco Democratico, ton fidèle serviteur, se livrerait en martyr et dans l’indifférence générale aux pires attaques de nos détracteurs,

– La princesse Mirabella, et c’est tout à fait plaisant, aurait perdu la mémoire à cause d’un philtre malencontreusement bu chez Melvina Silva la sorcière (et ne se souviendrait que d’une chose : ton nom, ce qui me fait m’interroger),

– Giacomo-Erico Branati, qu’on a connu beaucoup moins indulgent envers toi mon Francesco proposerait ses services pour nous aider à châtier cet Antonio Dupino à la langue bien pendue… etc.

Pauvre guilde….

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Mémoire pour l’instruction du Dauphin – Chapitre 1er : Le «code d’honneur» des olikarkes

20 octobre 2009

Memoire dauphin

Doge Nicolo da Ponte : «Il  y a la loi, les policiers, le juge… Et il y a la famille. Tu me suis, hein ?  La famille fait toujours appel aux forces de l’ordre. Elle ne se fait pas justice elle-même… d’ailleurs elle utilise bien la justice et les autres institutions de la République de Venise, comme quand on t’avait volé ton petit poney, tu te souviens ? Je t’explique : si quelqu’un te fait un tort mineur, tu vas direct me trouver… Tu me le dis, j’appelle mes potes et c’est vite expédié. C’est comme ça que les choses fonctionnent entre nous

Giovanni da Ponte : «C’est ça, faire partie de l’olikarkie-eu ?»

Nicolo da Ponte : «Oui, c’est ça. Et puis, il y a olikarkie et Olikarkie. Ceux qui font du petit trafic de postes mineurs, et ceux qui sont, comme nous, des “hommes d’honneur” qui agissent pour le bien de la collectivité de père en fils, qu’on appelle des olikarkes tendance monarkes. Ceux-là ne s’adressent jamais aux autorités, ils SONT les autorités.


le voleur de venise

S’il faut redresser un tort fait à mon fils, lui trouver un emploi, de l’argent, pas besoin de perdre son temps. J’achète un tel ou un tel par l’octroi de faveurs ou des menaces et je résous le problème moi-même.»

Giovanni da Ponte : «Tu m’avais pourtant dit-eu quand j’étais petit-eu que les olikarkes, ce sont ceux qui ne respectent pas la loi, les institutions républicaines et s’en foutent plein les poches…»

Nicolo da Ponte : «Mais personne ne respecte la loi…»

Giovanni da Ponte : «Aucun olikarke ? »

Nicolo da Ponte : «C’est évident. Ils sont contre la loi… Parce que les lois votées ne sont jamais appliquées, sauf quand elles servent leurs intérêts. T’as compris ? Allez, va t’entraîner maintenant à tirer sur les pigeons !».


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Doge de Venise, un metier difficile !

17 octobre 2009

portebillet  Dans le porte-billets du Doge, du 5 au 9 Octobre 1609

 Lundi 5 Octobre 1609,

 Divin Doge,

 Voici quelques centuries que j’ai rédigées ce matin afin de vous alerter des douloureuses divinations qui me hantent a votre propos :

 Centurie LIII

 Roi carnavalier injustement préféré au maître des eaux oublié

Se verra honoré par aréopage des sages mondiaux

Grand chantre de la paix il sera désigné

Maitre des eaux marri se retrouvera bientôt

 Centurie LXV

 Ministre cultivé cultivera problèmes

Indigènes lointains remonterons du passé

Citoyens indignés lui jetteront l’anathème

Piteusement défendra son honneur bafoué

 Nostramincus, devin officieux de sa dogéité

 Alain Minc

 

 Mardi 6 Octobre 1609,

 Fooooooooooormidable Doge,

 Pouvez-vous m’aider à raisonner Francesco Braïni, vous qui le connaissez malgré tout si bien ?

 A la fabrique de Masques, Ombres, Déguisements Et Mystères, nous nous demandons ce qu’il veut vraiment : alors que nous n’avons pas encore pu refourguer la collection de masques bleus de 1606 que l’Union des Marchand de Poignards nous avais commandés, il m’avait ordonné  en juillet d’accepter une commande de masques rose-orangés de la part des Pagliacci di Scena.

Alors je fais travailler mes fabricants à plein régime, comme d’hab’ je dégomme les récalcitrants, je vitrifie les hésitants, et je musèle les indécis…  et que m’annonce-t-il ce matin ?

 « Marin’ (il m’appelle Marin’ en privé) laisse choir les masques roses, les masques verdâtres rapportent plus, on change la collection !».

 Comment vais-je annoncer aux Pagliacci, qui m’ont promis monts et merveilles, que nous allons ainsi aller au plus offrant ? Je me sens parfois si faible…

 Marinella Di Sarnofio, bleue, orange, rose, verte

sarnez

 

 Mercredi 12 octobre1609,

 Doge, mon paute

 Y en a mare, marre, marrrre !

 Fou donk en taule Fabio Lauresti et Lucia Di Rrridérrrro.

 Il ecrive dé bilé ilyzibleux qui marrache les zyeu

 Si ca kontinus ze vé me fachais tou rrrrrouje !

 Si tu fé pa sa ze shante sous ta fenaîtreu, crrrroââ !

 Bambino Crapino de la laguna marecagiosa

 crapaud

 

Jeudi 13 Octobre 1609,

 Bonsooooooooooooir Ô toi doge lumineux qu’on voit briller au firmament des princes, prince d’une cité millénaire et magnificence suprême de la lagune !

 Je sais, j’aurais dû mieux vous prévenir que j’adoooore les jeunes étrangers à Venise.

Les voir batifoler dans la lumière du matin me mets dans un état d’exci euh d’exégèse proche de l’orgas euh l’organique joie interne.

 Pouvoir les palp euh leur parler est un ravissement. Jeunes, Vieux, Jeunes, Jeunes, Jeunes vous le voyez je les aime tous !

 Vous trouverez en moi toujours le plus perv euh permanent soutien de votre dogiété fabuleuse, alors ne me répudiez pas pour mon amour des belles et jeunes choses.

 Je ne veux pas mourir à Venise !

 Fédérico Mitterano, satyr… euh satisfait

Frédéric-Mitterand

 

 Vendredi 9 octobre1609,

 Papounet,

 J’hésite vraiment… plus trop beaucoup encore.

 Quand tu m’as proposé le poste de conseiller au Parlement des Eaux de Venise, j’ai été fou de joi-eu !

Quand tu m’as proposé le poste de chef du groupe de l’Union des Marchands de Poignards au parlement des eaux de Venise, j’ai été ravi-eu !

Mais là, président de la chambre de commerce de la Sérénissime, à 23 ans, j’hésite vraiment-euh…

 Franchement tu m’avais habitué à mieux pour moi, ton fiston adoré-eu !

Oser me nommer par le « fait du Doge » à un poste honorable certes mais non rémunéré en sequins sonnants et trébuchants, tu te moquerais pas de moi par hasard-eu ?

 A quoi bon être le prince Giovanni pour être traité comme un manant ? Vraiment papounet si tu ne fais pas quelquechose, il est très possible que je me mette à trépigner et à retourner à mes chères études ! Tu auras été prévenu-eu…

 Prince Giovanni Da Ponte

jean sarkozy

 

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Un Maure vivant si singulier…

13 septembre 2009

444px-MoorishAmbassador_to_Elizabeth_IVenise, Dimanche 13 Septembre 1609

Noble Doge,

En tant que nouveau chef de la police dogéale, je demande à votre Grandeur de me permettre de prendre les dispositions légales pour que les réfugiés maures ne m’accostent plus quand je déambule dans les rues de notre cité céleste.

Hier encore, un groupe de nos marchands de poignards m’a hélé alors que je devisais sur  1617 avec le fielleux Gianfranco Copi.

Une de nos marchandes insista pour que je salue un de leur domestiques, Maure de son état mais qui selon elle, allait dans le droit chemin en suivant désormais les lois de notre sainte église.

Ce Maure était un Maure tout à fait classique, de type mauresque, d’une apparence mauresiquessisante  et d’une élocution toute mauresquée.

La marchande  soutenait fermement que ce maure avait été dressé : il vous aimait Ô grand doge (ce qui chez les Maures est assez rare avouons le, malgré le fait que mes hommes fassent bonne garde), il fréquentait les églises et il mangeait même du pied de cochon !

Je tâtais promptement ce phénomène qui me semblait irréel. Aucune magie, ni illusion là dedans : ce maure était bel et bien là et tel qu’on me le décrivait !

Quelle révélation ! Quelle découverte ! Il est donc possible de trouver des maures apprivoisés ?!

Bon, bien évidemment, même apprivoisés, les Maures doivent s’apprécier en petite quantité car, comme vous le savez, « un, cela peut passer mais quand il y en à plusieurs, les problèmes arrivent ».

Je demande donc  la maur… euh, mort dans l’âme, humblement à votre dogéité de prendre un décret réduisant la circulation des maures à Venise et surtout de leur interdire d’approcher le chef de la police.

Si ces mesures ne sont pas prises vous verrez qu’un jour, les Maures seront partout et même parmi votre cour… pauvre Venise !

Fabricio Ortofuoco, sur ses gardes !

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