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Décret Dogéal du 03 Novembre 1610 dit «Décret indietro, de retour»

3 novembre 2010

 

MOI, Nicolo Da Ponte, Doge de la Sérénissime Venise jusqu’en 1612, et Doge à vie si les auteurs de ces chroniques respectaient les réalités historiques (ce qui a toujours le don de m’agacer d’ailleurs)

Attendu que :

1)     Les courriers à Venise sont interdits depuis le mois de Juin 1610 et que cela fait bien long.

2)     Que la Sérénissime se doit d’avoir des chroniques dignes de ce nom.

3)     Que Fabio Lauresti, Lucia Di Ridero et les autres chroniqueurs ont des fourmis à leur plumes.

 

 Décrète :

 Article 1

Les  Chroniques vénitiennes reprennent à compter de ce jour et ce, jusqu’à nouvel ordre.

 

Le Doge, Nicolo Da Ponte, en sa grande inventivité


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Sire Braïni de vert de rage

10 juin 2010

Librement inspiré d’une pièce de théâtre qui sera écrite 287 ans plus tard par un auteur de génie

Venise, jeudi 10 juin 1610,

Cher Marinella,

Il me vient un souvenir daté du lendemain des élections des provinces vénitiennes.

Me promenant comme à mon habitude, tôt le matin dans les rues de Venise, je croise un jeune vénitien qui m’aborde d’un air équivoque, il me toise, me dévisage puis me lance :

« Eh Braini, tu es le chef de Mascarade, Ombre, Déguisements et Mystères , ta guilde est morte, les vénitiens n’en veulent pas , tu ne seras jamais doge de Venise mon pote ! »

« Et pourquoi cela ? » lui répondit-je humblement

« Parce que tu es nul comme chef de guilde ! »

Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire… oh ! Dieu ! … bien des choses en somme...

En variant le ton, par exemple, tenez :

Agressif :

« moi, monsieur, si je faisais de tels scores aux élections je me voilerais la face ! »

Amical :

« mais voulez vous que j’implore les vénitiens de voter pour vous malgré tout ? »


Descriptif :

« votre défaite  c’est un désastre ! … c’est une piquette… c’est une raclée ! Que dis-je, c’est une raclée ? … c’est une catastrophe ! »


Curieux :

« vous remettrez-vous d’une telle humiliation ? »


Gracieux :

« aimez-vous à ce point le doge et les Paggliaci di Scena pour leur laisser gagner avec autant d’avance ? »


Truculent :

« ça, monsieur, lorsque vous êtes ainsi humilié,

votre guilde ne brûle pas assez

Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? »


Prévenant :

« gardez votre guilde entraînée

Par ce gadin, de tomber en avant sur le sol ! »


Tendre :

« faites à votre guilde prendre une cure de jouvence

De peur ces fabricants par votre score ne renonce ! »


Pédant :

« l’animal seul, monsieur, aussi têtu que vous après tant d’autisme ne peut-être qu’une mule ! »


Cavalier :

« quoi, l’ami,  l’écologie est à la mode ?

Pour vous faire manger votre chapeau c’est vraiment très commode ! »


Emphatique :

« aucun vent ne pouvait de l’avis général,

vous faire perdre toutes ces voix, excepté le mistral ! »


Dramatique :

« Je suis sûr que votre cœur orange saigne ! »


Admiratif :

« pour le doge, avoir un tel concurrent quelle aubaine ! »


Lyrique :

« est-ce une blague, êtes-vous un confiant ? »


Naïf :

« cette guilde, quand la transforme-t-on ? »


Respectueux :

« souffrez, monsieur, qu’on vous salue,

C’est là ce qui s’appelle être complètement battu ! »


Campagnard :

« hé, ardé ! C’est-y une défaite ? Nanain !

C’est queuqu’fiasco géant ou ben queuqu’gros gadin ! »


Militaire :

« visez donc les 5 % ! »


Pratique :

« Pariez qu’un jour vous reveniez en haut ?

Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! »


Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :

« Le voilà donc ce chef de guilde qui de ses fabricants

A détruit les espoirs ! Il en pâtit, maintenant ! »

—Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit

Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit :


Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,

Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres

Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !

Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut

Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,

Me servir toutes ces folles plaisanteries,

Que vous n’en eussiez pas articulé le quart

De la moitié du commencement d’une, car

Je me les sers moi-même, avec assez de verve,

Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve


Tu as vu combien je parle bien quand je suis agacé ?


Francesco Braïni , aide mon rosse temps

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L’Orange Galant ou Venise vaut bien un masque

14 mai 2010

Venise, vendredi 14 mai 1610

 

Ô Marinella,

Je viens d’apprendre une bien mauvaise nouvelle venant de France.

Mon idole, ma lumière céleste, mon étoile luminescente, ma voix dans la nuit, mon guide suprême, mon prince fabuleux, ma statue du commandeur vient de s’éteindre, assassiné lâchement par un illuminé dans une rue de Paris.

Le bon roi Henri, mon idole, ma lumière céleste, mon étoile luminescente, ma voix dans la nuit, mon guide suprême, mon prince fabuleux, ma statue du commandeur est mort, te rends-tu compte de la perte que cela représente pour moi ?


Tu le sais, je suis comme mon idole, ma lumière céleste, mon étoile luminescente, ma voix dans la nuit, mon guide suprême, mon prince fabuleux, ma statue du commandeur : vénéré par mes courtis… euh mes fabricants comme lui l’était de ses sujets, prêt à tout pour effacer mes opposants, grand amateur de la gente féminine et surtout surtout, j’ai un destin doré de Doge de Venise à accomplir comme lui l’a fait comme roi de France.


Mais en plus de la peine que je ressens après  la mort de mon idole, ma lumière céleste, mon étoile luminescente, ma voix dans la nuit, mon guide suprême, mon prince fabuleux, ma statue du commandeur, un affreux doute me tourmente…

Henri IV, mon idole, ma lumière céleste, mon étoile luminescente, ma voix dans la nuit, mon guide suprême, mon prince fabuleux, ma statue du commandeur, meurt en pleine gloire, alors qu’il s’apprêtait à reconquérir deux villes conquises par les Habsbourg : Clèves et Juliers.


Vais-je moi aussi périr avant d’amorcer la conquête du Palais dogéal, endroit que la destinée à prévu pour être ma demeure en 1612 ?

Les troupes de la perfide Corinna Il Pagini me porteront-elles un coup fatal ?

Le terrible bandit Giulardi se lancera-t-il à mes trousses ?

Toi Marinella me laisseras-tu tomber avant la dernière marche qui s’ouvre à moi ?

Le Doge Da Ponte fera-t-il tout pour empêcher le peuple de Venise de me porter à la dogéité ?

Car comme mon idole, ma lumière céleste, mon étoile luminescente, ma voix dans la nuit, mon guide suprême, mon prince fabuleux, ma statue du commandeur, je suis béni par la Sainte Vierge, et seuls des malfaisants empêcheront mon destin de s’accomplir.

Francesco Braïni, futur doge, sauf si….




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A la recherche frénétique du cavaliere mandarine !!!

9 mars 2010

(Dans le porte-billet de Francesco Braïni – 9 Mars 1610)

Mon bon Francesco,

N’ayant pas le don d’ubiquité, je tiens à vous informer que je suis aucunement responsable des méfaits que vous m’attribuez en me soupçonnant d’être le cavaliere mandarine, pour la simple raison que les mois passés j’étais trop occupé à détrousser quelques riches brebis égarées sur la lagune pour nourrir la veuve et l’orphelin.

Enrico Giullardi

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Monsieur Braïni !

Hiiiiiii ! Moi je sais qui c’est ! J’ai des preuves formelles ! J’ai tout étudié, tout décortiqué, tout analysé, tout agité, tout autopsié, tout caractérisé, tout comparé, tout considéré, tout déchiffré, tout décomposé, tout dépecé, tout désossé, tout disséqué, tout dissocié, tout distingué, tout énuméré, tout épluché, tout examiné, tout inventorié, tout psychanalysé, tout raisonné, tout recherché, tout  regardé, tout résolu, tout scruté, tout sondé, tout vérifié pour trouver l’identité de ce cavaliere mandarine qui vous fait des misères, mais vous allez rire…je me suis surtout tout trompé ! Yihhhaaa !

Il Romaintus

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Monsieur le Président de la guilde  « Mascarade, Ombres, Déguisements et Mystères »

Aucun article du règlement intérieur de la guilde ne prévoit ce genre d’amusement épistolaire public, déduisez-en que je ne suis donc pas l’auteur des écrits qui sont reprochés au cavaliere mandarine

Par contre si vous mettez la main sur lui, c’est avec abnégation que je remplirai ma noble fonction de médiateur.

Nicolo Mansinetti

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Francesco,

Le cavaliere  mandarine n’étant pas une femme, il n’y a aucune chance que je le connaisse.

Guillermo di Casanogon

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Braïni,

Une bonne fois pour toutes : je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine, Je ne suis pas le cavaliere mandarine

Christo Gistani


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Monsieur le chef de guilde,

Laissez donc notre beau cavaliere mandarine tranquille, il est si beau, si gentil, si frais, il porte si bien le masque et il parle si vrai que nous serions vraiment tristes s’il venait à disparaître de notre horizon quotidien.

Baronneta Francesca Bianca, Sophia di Massilia, Lucia di Ridero et leur cousine Geraldina en pâmoison

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Tête mâle : Mon pote Francesco,

Mais p….. de b….. de m…., c’est quoi ce f…… ? Tu te laisses emm….. par un zozo orangé qui te démonte la g….. à longueur de journée en disant que tu  pourris la vie de tes fabricants de masques. Et tu n’as même pas les c……. de lui dire en face à ce clown ce que tu penses de ce qu’il te balance à la tronche ?

Mais c’est quoi ce chef de guilde à la noix ? je vais te le dire ce que….

Tête femelle : … Euh, je reprends le fil de cette missive, mon compagnon un peu impulsif voulait dire en fait :

Monsieur le chef de la guilde,

Nous nous étonnons de l’agitation qui sévit dans la guilde. Nous sommes interpellés par le fait qu’un quidam de couleur mandarine vienne asséner des coups en vous accusant de ne pas être irréprochable vis-à-vis des fabricants dont vous êtes le représentant. Nous sommes déçus par le fait que vous ne répondiez pas aux propos que ce triste sire tient sur vous. Nous nous interrogeons par voie de conséquence sur votre légitimité à la tête de la guilde !

Le terrible duetto Cocobino

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Mon Francesco,

Mais euh, il fait que m’embêter le cavaliere mandarine. C’est un vilain pas beau, qui dit des paroles méchantes et qui me donne envie de crier très fort « Assez ! ».

S’il continue je vais devenir tout rouge, et même peut-être que je dirai un gros mot.

Voila c’est dit, na ! Alors qu’il arrête celui là hein !

Giacomo Madjabruti

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Ami des Fruits et Légumes, notre bon Braïni,

Nous sommes nous aussi des cavalieres maraîchers et nous déplorons que vous ne vous intéressiez qu’à ce cavaliere mandarine:

Moi le Cavaliere Salsifi, je pourrais facilement vous démontrer que ce cavaliere est un vil imposteur et qu’il est de surcroît un malandrin plutôt qu’une mandarine.

Moi le Cavaliere Kiwi, je vous apprendrai que dans votre secte se trouvent des pseudo-amoureux de la nature qui en fait ne sont amoureux que des bienfaits que leur courtisanerie à votre égard leur prodigue.

La confrérie naissante des cavalieres maraîchers

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Mon cher chef de guilde adoré,

Oui, c’est moi le cavaliere mandarine !

Euh… non malheureusement, ce n’est pas moi, et pourtant j’aurais bien aimé sentir une fois,  ne serait qu’une seule fois, le doux vent de la contestation de votre pouvoir suprême, hum… cela me faisait frissonner.

Princesse Mirabella, effrontée

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Mon bon Braïni

Vous le savez, nous autres les membres de la confrérie de « Jesus GRID ressuscité », nous ne parlons pas vénitien mais uniquement par citations, aussi à propos de ce cavaliere mandarine pourrons-nous dire avec force :

« Une seule mandarine pourrit tout un panier. » (Chroniques abyssiniennes)

Comprenne qui pourra…

Giacomo-Enrico Strossi


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Monsieur FB,

Moi, Gianfranco Democratico, vaillant défenseur de la guilde, dont les hauts faits verbaux ne sont plus à prouver, je voulais vous dire que bien que n’étant pas le fameux cavaliere mandarine, ce qu’il dit est assez conforme à ce que je ressens depuis peu et n’allez pas trouver de contradictions de ma part. Avant je trouvais bénéfique d’être courtisan, maintenant je tire plus de profit à être un opposant alors me voilà devenu le défenseur convaincu des fabricants opprimés.

Je me suis donc en toute cohérence choisi le très seyant surnom de « girouettino ».

Gianfranco « girouettino » Democratico

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Ô Grande Lumière de la  M ascarade,  Ô grand prince de l’Ombre, Ô majesté  des Déguisements et des Mystères !

Toi qui éclaire la guilde d’une lueur céleste, toi qui nous guide, nous pauvres égarés, dans les ténèbres de Venise !

Toi qui vois tout, sais tout, prédis tout !

Toi qui permets à des brebis apeurées de retrouver un peu de force

Protège-nous ! Oui, protège-nous de ce terrible fléau qu’est le cavaliere mandarine, abat sur lui ta puissance, déchaîne toutes les flammes de l’enfer contre celui qui te fait des misères et nous plonge dans l’effroi et le tourment ! Et s’il ne comprend pas, inflige-lui le châtiment suprême : envoie lui l’Archange Celina Alomini !

Thomassone Cortegiano, courtisan notoire de la guilde

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Un vengeur masqué de plus : le cavaliere mandarine

5 mars 2010

Venise Jeudi 04 Mars 1610,

Marinella,

J’aimerais que tu mènes des investigations sur ce mystérieux cavaliere mandarine qui s’amuse à coller dans les locaux de la guilde des lettres m’étant destinées.

Au besoin promets une prime à qui le démasquera. Ou fais appel à une boule de cristal ou au tirage des tarots. Enfin, je fais confiance à tes méthodes habituelles.

Voici la lettre de menaces qu’il m’avait envoyée il y a quelques mois. Je ne te l’avais pas confiée parce que je croyais à une farce de la part d’un jeune apprenti de fabrique éconduit se prenant pour Enrico Giulardi et je n’avais pas voulu t’alarmer à l’époque au vu du vilain torticolis persistant que tu avais contracté lors de ton voyage à Marseille. Mais là ses lettres deviennent de plus en plus fréquentes et sont même attendues avec avidité par nos fabricants. Cela ne peut plus durer.

Je te fais confiance une fois de plus, ne me déçois pas une fois encore, Ô Marinella !

Ton Francesco.


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Venise, Dimanche 29 novembre 1609,

Francesco,

Par la présente, je vous informe que face à la montée des périls j’ai décidé d’entrer en résistance.

Vous pouvez compter sur moi, le cavaliere mandarine, pour vous rappeler tous les jours que vous n’êtes qu’un infâme bonimenteur.

Vous me connaissez… ou peut-être pas… mais cela n’a aucune importance, car je ne suis que le porte-voix anonyme des fabricants que vous dupez depuis votre élection à la tête de la guilde il y a bientôt 3 ans. C’est à eux que je pense chaque fois que le rasoir du barbier effleure ma joue, encore imberbe il y a peu.

Oui, me voilà désormais homme, mais que ma plume juvénile ne vous trompe pas sur la nature de ma force : je suis aussi agile qu’une fouine, et comme elle, de par ma préférence alimentaire pour les rongeurs, j’exerce une sorte de police sanitaire, surtout contre les rats comme vous qui se nourrissent à tous les rateliers selon l’évolution de leurs intérêts.

Me voilà donc, Francesco, et je suis venu pour rester. Vous pouvez compter sur moi.


Cavaliere mandarine



PS : Mandarine je le suis de par ma jeunesse, mais même si je suis le moins acide parmi les agrumes, n’oubliez pas que je peux porter de nombreux pépins 

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Contes et légendes de la lagune : La terrible île de Novantadue (92)

10 février 2010

Francesco BraÏni entre dans la chambre de son petit-fils et se fâche :

« Dis donc tu vas dormir ! Si tu ne dors pas dans cinq minutes, je vais t’exiler dans la terrible île de Novantadue ! »

–   Papy c’est quoi la terrible île de Novantadue ?

–   Bon je vais te raconter et ensuite du dors, hein !

Là-bas, loin loin dans la lagune qui borde Venise, se trouve une île mystérieuse et étrange, l’île de Novantadue.

Elle est essentiellement peuplée de fabricants maudits de la guilde Mascarade Ombre, Déguisements et Mystères que j’ai exilés loin de la fabrique pour être tranquille. On raconte que depuis ils se sont transformés en monstres et en chimères et n’auraient plus rien d’humain à part la parole.

– Et pourquoi « Novantadue », papy ?

– Ne m’interromps pas tout le temps !  je vais t’expliquer…

Novantadue en italien veut dire 92 car j’en entends parler 92 fois par jour et qu’ils me causent 92 000 problèmes.

La légende dit que les côtes de l’île sont gardées par le Cocobinator, un cerbère à deux têtes : l’une de chat, douce et calme, l’autre de lion, rugissante et effrayante. Quand la tête de chat parle en miaulant, il n’est pas rare d’entendre le lion l’interrompre par un  « chaton ! Laisse moi faire, je vais leur montrer, moi ! »

Si tu arrives à passer l’obstacle du Cocobinator, tu t’enfonces dans la forêt luxuriante qui occupe la plus grande partie de l’île. Là vit tout une faune iconoclaste ou extravagante.

On y trouve d’abord une espèce d’écureuil, le Ginistix, qui à la particularité de garder des informations désobligeantes pour moi dans ses bajoues et de les transmettre à Venise par des messages qu’il met dans des bouteilles jetées à la mer.

Viens ensuite le Branatus, un petit reptile nerveux, replié et tellement courbé qu’il lèche le sol quand l’un des deux ogres de l’île vient à passer par-là.

– Des ogres ! Papy je veux plus que tu me racontes ! j’ai peur !

– Trop tard, petit impertinent,  je poursuis…

Oui, deux ogres habitent chacun un manoir dans la partie septentrionale de la forêt, manoirs qui se font face.

Il se dit qu’ils se détestent et qu’ils ont chacun une ménagerie de monstres qu’ils ont dressés à se combattre pour prendre le pouvoir sur Novantadue.

L’un des ogres, Bernie LePasbo est un ogre habile mais agressif. Les autres habitants de l’île s’en méfient.

L’autre Danny Badtrippes, était membre du Sénat de Venise. Ogre moins imposant mais bien plus sournois.

Dans une des prairies de Novantadue, vit aussi un cheval biface, le Romainteux. Ce cheval est déroutant car il a la particularité de pouvoir passer d’un état de cheval apprivoisé et doux à celui d’un pur-sang enragé et hennissant en quelques secondes. Effrayant non ? J’aurais bien aimé l’attraper pour l’intégrer à mon élevage, mais il est indomptable.

Il y a aussi le Grebarion, une sorte de caméléon venimeux, qui s’adapte à tous les terrains, les saisons et les situations. Il vit là où la nourriture est la meilleure et n’hésite jamais à changer d’endroit ou de maître pour se sustenter.

Quelques autres spécimens encore :

La Chantalebro noire, une sorte d’araignée velue qui étouffe ses proies dans de la bave tiède

Le Dupino, petit renard sage à la chevelure soignée, bien trop délicat pour la vie à Novantadue, mais qui survit grâce à son flair

Le Creuzac, petit lézard putride et agressif qui se terre sous l’aisselle de Dany BadTrippes pour mieux atteindre ses cibles.

Le Burelos, une sorte de bélier batailleur, qui saute sur tout ce qui bouge

Le Delomniac, un humanoïde qui a en guise de grid-grid  protecteur un singe perché sur son épaule, qui change d’épaule en fonction de son humeur.

La Whitemulesse, un croisement entre une mule et une huître

Le Coche peint, une mouche (du coche) inoffensive aux poils oranges

Le Trop teint, un passereau inoffensif à la teinte orangée

– Comme tu le vois mon garçon, l’île de Novantadue est bien effrayante, et je me demande dans certains moments d’égarement  lucide si je n’ai pas fais de grosses bêtises dans cette histoire…

Mais le garçon dort depuis longtemps, le sommeil agité et assombri par cette île maléfique.

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Le bal des courtisans

18 janvier 2010

Lundi 18 Janvier 1610,

Mon très cher Albino,


Moi, Gianni-Enrico Branati, te transmets tous mes voeux de réussite et de bonheur pour cette nouvelle année !


Je ferai tout pour oeuvrer pour la réussite de ton entreprise, mon ami, car tu sais qu’elle me tient à coeur, naturellement.


Ah quelle belle communion d’idées virile il y eut entre nous lors de la réunion d’hier !

Que j’aime te voir travailler tranquillement en profondeur, faire lentement mais sûrement le tour des fédérations de notre illustre guilde, et participer à des réunions locales de fabricants en bravant vaillamment ton aversion pour l’odeur rance et chargée des ateliers.

Car c’est chose admirable que de te voir peaufiner ton discours attendu à l’épreuve de la dure réalité ; tu en profites pour échanger sans relâche des idées (eh oui !) et te nourrir avec gourmandise de celles qui sont portées par les fabricants “lambdas”, tous ceux qu’on n’écoute pas souvent (ou pas forcément) et qui constituent pourtant le gros de nos troupes déclinantes, qu’il faut donc soutenir dans cette ultime épreuve.

Je t’affirme avec toute la constance et la loyauté qui me caractérisent, que je ferai partie de ceux qui porteront avec ardeur cette campagne que tu veux résolument moderne. Avec notamment cette idée lumineuse d’envoyer une copie de  ton portrait à tous nos fabricants, afin qu’ils puissent l’afficher fièrement au-dessus de leur fabrique ! Ces fabriques où règne en maîtresse la sueur du dur combat quotidien, que nous avons pour mission de relayer en le portant fièrement au plus haut niveau.

Oui, mille fois merci à toi de nous aider à porter si haut les couleurs de notre guilde !

Bien à toi !

Gianni-Enrico Branati

PS : je suis le petit châtain en manteau gris qui n’arrêtait pas de t’aider généreusement à finir tes phrases pendant la réunion d’hier.


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Très cher Albino,


Moi, Gianfranco Democratico, vaillant défenseur de la guilde, dont les hauts faits verbaux ne sont plus à prouver, je me permets de vous déranger dans la réalisation de votre geste car j’ai besoin de vous témoigner spontanément ma loyauté au cas où de méchants bruits me concernant parvenaient à vos oreilles.

Veuillez m’en excuser par avance, mais j’avoue que j’ai essayé de me renseigner par curiosité déplacée sur le processus de votre élection, mais discrètement, afin de ne pas faire de vagues fort inutiles en ces temps difficiles pour notre guilde. Il reste à mes yeux somme toute légèrement un tout petit peu opaque aux entournures et c’est pas faute d’avoir fait des efforts surhumains pour ne pas trop me poser de questions !


Oui, cher Albino, je l’avoue, j’ai bel et bien demandé en catimini à Thomassone Cortegiano de m’expliquer pourquoi on a annoncé le choix du candidat avant même la tenue du vote officiel,

Oui, cher Albino, c’est encore moi qui ai poliment demandé dans un murmure inaudible à notre aimable Frère Hérético de m’expliquer pourquoi on a procédé à un vote secret plutôt qu’à un vote par acclamation comme cela avait été annoncé ?

Je tiens par la présente à vous affirmer que toutes ces démarches n’ont eu pour unique objectif que de répondre à la curiosité qui me ronge de l’intérieur, ce mal que je n’ai de cesse de combattre et que j’espère parvenir à surmonter grâce à l’aide avisée de Frère Hérético, qui a déjà parcouru tout le chemin qui mène à la bêê attitude. Puissiez-vous me le pardonner un jour !


Votre bien dévoué et torturé,


Gianfranco Democratico






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Beau et noble Albino,


Moi, Oreada Carconetti, je me joins au choeur de louanges qui ne tarit plus depuis votre désignation électorale pour vous témoigner une fois de plus mon admiration et accepter avec grâce l’offre généreuse et clairvoyante que vous m’avez faite de vous seconder dans cette dure épreuve.

Je soumets d’ailleurs à votre jugement exquis et délicat l’idée qui m’a effleurée ce matin. En écoutant un joli rossignol chanter devant ma fenêtre j’ai eu l’idée de vous proposer spontanément la constitution d’un choeur féminin pour notre prochaine campagne !

Ce choeur, composé des jeunes filles et dont je serai la chanteuse soliste, aura deux missions. La première sera éducative : susurrer à l’oreille de nos fabricants démotivés de doux slogans de campagne. La seconde plus combative : atteindre nos électeurs au plus profond de leur coeur en éveillant leur sentiments compassionnels à l’égard de notre guilde aux abois.

Si vous êtes aussi enthousiaste que moi à cette idée, je vous prie de régler la facture ci-jointe. Il s’agit de menus achats pour la chorale, que j’ai déjà constituée et que je veux élégante, persuadée que vous seriez d’emblée emballé par cette idée innovante. Car je ne doute pas un instant que nous allons bien nous entendre !

Oh, quel joli score nous allons obtenir grâce à la subtile combinaison de nos talents !

Avec toute mon affection,

Oreada Carconetti


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