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Dimanche, on bosse !

12 décembre 2008

portebillet

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Dans le porte-billets du Doge, du 10 au 12 décembre 1608

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Mercredi 10 Décembre 1608,

Noble doge,

Une bien singulière mésaventure m’est arrivée hier matin.

Je me promenais au bord de la lagune et soudain je fut attrapé, rossé, ligoté et emmené par les hommes du terrible pirate Da Mondialus dans l’antre mystérieux de leur chef.

Là, ce funeste personnage me présenta de biens noirs desseins : il me dit qu’il allait réclamer une montagne de sequins à notre Cité en signe de soumission et procèdera à des attaques et des canonnades systématiques tous les dimanches dans le cas où cette somme ne lui serait pas versée sous un mois.

Déjouant la surveillance de mes geôliers, je parvins à m’échapper et à vous envoyer ce billet le plus rapidement possible.

Il y a donc urgence à prendre des mesures fortes et énergiques : que tous les gardes et gendarmes dogéaux renoncent à leur repos dominical pour se poster aux portes de la cité ! Que les vaisseaux vénitiens prennent la mer tous les dimanches pour traquer les pirates !

Il en va de la sécurité de la Cité et je serai votre croisé contre Da Mondialus.

Votre dévoué, Sabieri Bertrani qui panse ses plaies

bertrand





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Jeudi 11 Décembre 1608,

Divin Doge,

Une bien singulière mésaventure m’est arrivée hier après-midi.

Je me promenais en carrosse au bord de la lagune et soudain je fus conviée gentiment mais fermement par les hommes du Grand Turc à rejoindre les appartements de son représentant officiel à Venise.

Là, il me fit part de ses désirs du moment : il me dit qu’il aIlait réclamer avec force à votre dogéité que tous les commerces de Venise soient ouverts le dimanche afin que les marchands turcs puissent écouler au mieux leurs marchandises à bas prix.

Contre la promesse d’étudier avec attention cette doléance, je fus raccompagnée à mes bureaux d’où je vous fis parvenir ce billet le plus rapidement possible.

Il convient donc pour ne pas froisser les intérêts commerciaux de notre Cité et contenter nos partenaires commerciaux turcs de procéder immédiatement à cette ouverture dominicale.

Il en va de la prospérité de la Cité et cela me permettrait de m’adonner à mon passe-temps favori.

Votre pimpante, Christina Di Garda

lagarde





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Vendredi 12 Décembre 1608,

Nicolo,

Bon euh c’est bien beau de penser à l’élection dogéale de 1612 mais et 1617 alors ?

Tu le sais comme moi, les Vénitiens sont des éternels râleurs. Ils médisent contre toi à tous les coins de la Cité et ils risquent de ne pas te laisser gouverner tranquillement.

Et c’est le dimanche que ces problèmes sont les plus graves : c’est le matin avant et après les offices religieux que les critiques sont les plus virulentes, et les gens poursuivent après leurs discussions politiques dans les réunions de famille, les cafés, théâtres et sur les places publiques.

Ta politique, ton goût du faste et de l’apparat passent mal et quand ça passe mal pour toi, ça passe mal pour moi car je te ressemble tellement par mes qualités !

Ajoute à cela la disparition des sequins à Venise et dans les pays voisins, ce qui aiguise les frustrations et accentue la misère.

Il faut donc occuper le peuple sans discontinuer !

Oblige-donc tes sujets à travailler aussi le dimanche et surtout pense un peu à moi et à mon 1617, hein ?

Si pour cela je dois me brouiller avec tous les membres de l’Union des Marchands de Poignards et bien tant pis, c’est pour la bonne cause !

Ton Copain, Gianno Copi

cope





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Vendredi 12 Décembre 1608,

Doge Da Ponte,

Non !

J’ai eu vent de vos vélléités et je vous annonce solennellement que je ne vous laisserai pas faire travailler les Vénitiens le dimanche !

Les fêtes dominicales, réjouissances familiales et collectives de ce jour sont les occasions idéales pour porter les masques de Mascarade, Ombres, Déguisement Et Mystères et les faire disparaître au profit d’un dur labeur serait à la fois mesquin et déloyal !

Tous mes marchands de masques seront mis à contribution pour relayer mon message auprès de la population : Dame Oréadina, Sannoisino, Gian-Claudio Mathoni, Di Naranji et d’autres….

Je vous mets donc en garde contre ces mesures attentatoires au droit d’oisiveté !

Francesco Braïni, au nom de ces marchands

Bayrou

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