Archive for février 2009

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La lumineuse Lucia Di Ridero sort (enfin) de l’ombre

25 février 2009

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__Mercredi 25 Février 1609,


__Mon cher Fabio,

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Que votre jeu est exquis ! J’ai décidé de m’y livrer à mon tour en guise d’amusement.

En ce qui concerne la peinture, j’aime beaucoup les icônes byzantines, que j’ai découvertes grâce à nos comptoirs d’Orient.

J’affectionne aussi particulièrement les tableaux de Domínikos Theotokópoulos, dit El Greco.

Ce peintre d’origine crétoise, fut à l’origine peintre d’icônes. J’apprécie surtout la grâce, le regard sensible et intelligent, et les mains aux doigts longs de ses personnages.

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Quant à mes lectures, ce qui me plaît est l’histoire et la littérature, notamment les histoires destinées aux chérubins, qui allient fantaisie, jeux de langage et belles illustrations.

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Actuellement j’aime bien lire les écrits de :

Christo Gistani : éminence grise de notre Guilde et fabricant de lampions

Don Spaulding : époux de l’illustre Dame Spaulding

Barone Di Torchetti: baron ménestrel, meilleur chroniqueur que chantre de l’amour courtois

Ataraxosphère : ce philosophe à deux têtes, qui a l’air de bien cultiver son jardin, ne nous a toujours pas révélé s’il est épicurien, stoïcien ou sceptique. Probablement les trois à la fois.

BGR : esprit de la nature à la barbe fleurie

Dame Forzinetta di Iero : petite force de la nature aimant secouer la gent politicienne de ses contrées barbares

Dame Maria-Laura Hypos : autre dame inflexible sur les principes

Polluxe : petit quadrupède à la langue bien pendue

Les Engagés au Poing Levé : cette nouvelle troupe d’acteurs lancée au sein de notre guilde se doit absolument de concurrencer les « Nouveaux Pagliaci Anti-Sequins » d’Olivio Bisiencenisti !

A très bientôt

Lucia Di Ridero

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Fabio Lauresti (un peu) dévoilé

20 février 2009

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__Vendredi 19 Février 1609,

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Ma chère Lucia,

Suite à un jeu cocasse lancé au palais de notre bon doge Da Ponte, il m’a été demandé quel était mon tableau préféré et ce que j’aimais lire quand les intrigues de cour et les tribulations de notre prince m’ en laissent le temps.

En ce qui concerne les tableaux, j’ai souvent consulté la sorcière Melvina Silva et elle m’a décrit que ses séances de divination lui ont fait découvrir un peintre de génie qui verra le jour dans notre belle cité dans près d’un siècle et qui la dépeindra comme personne ne l’a fait ou ne le fera.

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Quant à mes lectures, en mettant de côté les libelles et les livres romanesques, ce qui me passionne est l’histoire et l’art politique. J’aurai sans doute l’occasion de vous reparler un jour de ces passions.

Actuellement j’aime particulièrement lire les écrits de :

Mirabella : princesse florentine

Dame Francesca Bianca : fabricante de masques merveilleux

Don Quindito : grand voyageur devant l’éternel

Le frère Hérético : moine soldat

Geronimo Charreti : gentilhomme révolté

Tomassone et Roméo : des amis dessinateurs

A très bientôt

Fabio Lauresti

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Contes et légendes de la lagune : Da Mondialus, le pirate mondialisé

19 février 2009

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___Il y a longtemps de cela vivait dans la campagne vénitienne un vieux marchand Lorenzo di Magiurbo, issu d’une illustre famille, et sa fille unique, Fiorellina. Cette jeune femme solitaire passait ses journées à observer rêveusement chaque petit détail de la vie et à lire des livres de chevalerie.

Un jour qu’elle était seule dans le verger à l’heure du crépuscule, elle surprit un jeune homme, Jacopo Barbaro, chapardeur notoire, en train d’y cueillir des oranges.

Loin de se sentir gêné, Jacopo entreprit de lui expliquer qu’il vérifiait la santé de ses orangers et lui délivra un cours détaillé de botanique avec un aplomb tel qu’il la fit rire, la sortant de sa torpeur. Il se noua ainsi une franche amitié qui ne tarda pas à se développer en sentiment amoureux.

Il n’y avait pas plus dissemblables que ces deux-là, elle si mélancolique et fuyant les ombres de la nuit, lui si avide de sensations fortes et aimant la vie nocturne. Si bien qu’ils ne se rencontraient qu’à l’heure du crépuscule.

Elle lui lisait des histoires afin d’élever son esprit et en échange il l’égayait en lui relatant ses multiples facéties.

Lorsqu’il atteint l’âge de 19 ans, il lui fit part de son désir de prendre le large dans un navire marchand afin de découvrir le vaste monde et de faire fortune. Fiorellina, bien qu’attristée par cette décision, ne tenta pas de l’en dissuader.

La veille du départ, pris d’une intuition soudaine  il se ravisa et la pria de ne pas le laisser partir car il pressentait qu’il ne reviendrait pas le même, qu’elle risquait de perdre à jamais le Jacopo qu’elle aimait. Fiorellina fut tentée mais n’en fit rien, car elle savait qu’elle ne pouvait le garder auprès d’elle alors qu’il voulait vivre hors des limites du vieux monde.

C’est ainsi qu’il s’embarqua sur un navire en plein hiver, non sans un pincement au coeur. Il fut pris dans un tourbilllon de découvertes et d’aventures qui lui firent vite oublier Fiorellina, à laquelle il ne manquait cependant pas d’envoyer un billet de temps en temps, lui disant qu’il espérait qu’elle l’attendrait mais qu’il ne pouvait l’empêcher de faire sa vie avec un autre si elle en décidait autrement.

Au bout de six années d’une correspondance suivie, Fiorellina tomba gravement malade. Jacopo,  entre-temps avait fait fortune dans la piraterie et, se sentant las de ses multiples voyages,  crut ressentir le besoin de retrouver à nouveau la terre ferme et Fiorellina. Il se jura même de s’installer avec elle et de l’épouser. Il décida ainsi de revenir à Venise.

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Malheureusement entre-temps sa tête avait été mise à prix et il dut par conséquent attendre la période du carnaval pour accoster, déguisé, à Venise.

Ebloui par les festivités et, occupé par le détroussage des carnavaliers, qui devait, pensait-il, lui rapporter encore plus d’argent pour son installation avec Fiorellina, il tarda malheureusement de se rendre à son chevet.

Il fut alors arrêté et mis au cachot par le chef de la police de l’époque, Nicolo Da Ponte, qui ne voulut rien entendre à son histoire et ne transmis guère la lettre qu’il lui avait confiée pour Fiorellina.

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Il parvint cependant à s’enfuir quelques mois plus tard grâce à ses complices, qui lui apprirent malheureusement la mort au printemps de Fiorellina, une fleur d’oranger dans la main.

Il ne put lui rendre ses derniers hommages car Nicolo Da Ponte bloqua toutes les routes, et il dut embarquer, la mort dans l’âme.

Loin de faire oeuvre de repentance pour les penchants vénaux qui l’avaient retenu à Venise, il voua une haine inextinguible pour Venise et Nicolo Da Ponte, qu’il jura de ruîner par tous les moyens.

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C’est ainsi que naquit le personnage légendaire du pirate Da Mondialus, ennemi juré de la Sérénissime et du vieux monde.

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L’illusion du veau d’or

17 février 2009

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__Mardi 17 Février 1609,

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Chèeeere Lucia,

Vous me connaissssez, je suis l’amie des puisssssants, la servante des princes et la femmme de cour dans toute ssssa ssssplenddddeur.

Je ne puis m’emmppêcher de vous rrrelater ce qui s’est passé lors du bal fassstueux donné par notre cher Doge Da Ponte (loué soit-il) en l’honneur de sa chhhharmante épouse pour la San Vallllentino.

Nous y avons fait une entrrrée remarquée par les arrières-cuisines grâce à la ccccousine de Thomassone . C’est l’arrière-grande-nièce d’Alano Krevino, un membre de la trrroupe des « Nouveaux pagliaci Anti-sequins« , qui m’a-t-on dit est né sur le canal historique (mais lequel ? Je n’ai pas bien saisi) !

Quel faaaaste ma chère amie !! Quelle claasse inégalée !!


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La soirée fut d’abord marrrquée par la rrrreprésentation fort originale de la prrrremière rencontre entre notrrre Doge (loué soit-il) et Carlita, retranscripte orrrriginalement devant un étalage de poissssons, par les « Nouveaux Pagliaci Anti-sequins » avec au menu « galippppettes point levées » (d’après ce que j’ai entendu) et « vocifffférations anti-exploits factices » (C’est des « nuevi proloconcepti » de la « NPA lingua » m’a-t-on dit). Puis nous avons fûmes gâtés par les talllents d’un illusionnnnnnniste exxxxquis : Giacomo Seguelano !!!

Cet homme est m’a-t-on dit, un allchimisateur très doué, chère Lucia !!! Il a la parrticularité de trrrransformer le tout commun en orrrr !!!

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J’ai failli défailllanir quand il s’est apprrroché de moi, et a extrrait de mon ample corsage une trrrranche de salami dogéal qu’il a trrrransformée sous mes yeux en une mmmédaille d’or à l’effiginie de notre Doge (loué soit-il) ! Je l’ai ausssitôt mmmordue bien entendu et… elle était vraie !!

Il a par la suite littérrrralement stupéfixxxé l’assistance quand il a trrrransformé d’un seul coup les mmmasques en cuir les plus communs des convvvvives en un défilé de masques d’or plus ggggais les uns que les autres ! Le plus inouïii est que leurs masques d’or une fois enlevés, les convivvvves gardaient ce sourrrrire inddddédébile sur leurs visages !

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Le sommuuum fut atteint lorsque Giacomo Seguelano éblouit l’asssisstanance en offrant à notre couple Dogéal un plat magnnnnifique avec un veau enttttier, pomme à la bouche, qu’il trrrransforma sous nos yeux en statue dorée. Nous nous jettttâmes dessus pour vérrrrifier qu’il s’agissait bien d’or pur et… ne fûmes pas déçus !!!

Cela suscita l’intervention dépllllacée d’un grrrrrotesque personnage appelé Pietro Di Sprogi qui tînt ces propos hostiles qui lui vallllurent d’être jeté dehors : « Giacomo Seguelano est-il un veau ? De deux choses l’une : ou bien Giacomo Seguelano est un veau, et ça m’étonnerait quand même un peu ; ou bien Giacomo Seguelano n’est pas un veau, et ça m’étonnerait quand même beaucoup ! »

Le plus fabulllleux est que depuis j’ai garrdé un sourire rrrradieux, des étoiles dorrrrréees dans les yeux et de la pousssssière d’or sur les dents.

Norina Cortegiano, qui a tout vu de ses yeux vus. « Mais si je te dis que j’ai tout vu ! »

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Orages sur la République

13 février 2009

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Chère Lucia,

Je m’inquiète beaucoup de la tension sourde qui prévaut à Venise et qui annonce de lourds orages.

Les récents troubles à l’ordre public occasionnés par les effets des drames engendrés par la disparition des sequins et les attaques de Da Mondialus, semblent enfin commencer à inquiéter notre Doge et sa cour.

Mais je ne pense malheureusement pas que cela dépasse l’idée d’une relance… de son jeu de la chaise musicale percée pour se divertir et restimuler ses conseillers !

Hier encore, face à un attroupement de gens devant les grilles du Palais, venus protester contre l’enchérissement des denrées, et surtout du pain, la femme du Doge, d’ordinaire si prompte à se montrer proche du peuple et de ses souffrances (ce qui expliquerait qu’elle parle toujours à l’oreille gauche du Doge) s’est spontanément écriée « «S’ils ne peuvent s’acheter du pain, qu’ils s’achètent de la brioche !»« 

Quant au Doge, comme d’habitude, il balaie tous les embryons de critique sur une dérive princière de son pouvoir par son sempiternel «C’est légal parce que je le veux» !

Inutile de vous dire que les préoccupations de la cour se limitent actuellement aux spéculations sur le brillant avenir du jeune fils du Doge, Giovanni Da Ponte.

Il se murmure effectivement que le Doge préparerait ce dernier à sa succession, ce qui irrite plus d’un conseiller du Doge, peu regardants sur les dérives du pouvoir tant qu’ils espèrent en profiter et se poser en successeurs le moment venu.

A ce sujet, saviez-vous d’ailleurs que Francesco Orlanducci, le vieux chef de troupe des Pagliaci Di Scena s’est déclaré candidat à la candidature dogéale de 1612 ?

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Nous risquons fort de nous amuser avec tous ces candidats à la succession de notre bon Doge !

La cour est d’ailleurs actuellement en ébullition car à l’occasion de la San Valentino, le Doge prépare une fête magnifique en l’honneur de son épouse.

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Il aurait même passé commande samedi dernier à la troupe « Nouveaux Pagliaci Anti-sequins » d’Olivio Bisiencenisti d’une pièce immortalisant sa rencontre mémorable avec Carlita Brunesca.

Les Pagliaci Di Scena se sont d’ailleurs dits offusqués de cette préférence pour leurs concurrents, qu’ils trouvent contraire à la tradition républicaine de Venise, dénonçant une fois de plus les dérives princières du Doge.

Quant à Olivio Bisiencenisti, il prétend que pour lui l’argent n’a pas d’odeur et qu’il en a drôlement besoin en ce moment pour financer le lancement de sa troupe, son objectif premier étant de supplanter les Pagliaci Di Scena dans le paysage vénitien et ensuite… advienne que pourra !

Le doge a donc un nouvel ennemi préféré…

Fabio Lauresti, de son alcôve au palais du Doge

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Il Signore K

12 février 2009

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Jeudi 12 Février 1609


 

 


Saint-bernard,

Dites donc …. Me serais-je pour la première fois de mon dogéat trompé sur le choix d’un de mes ministres ?

Je vous sollicite pour me rejoindre au palais des Doges, vous tergiversez à peine, vous me rejoignez et depuis quelques jours qu’apprend-je ?, Que lis-je ?.

Les rapports de Sébastien El Perfidio, mon fidèle traître-espion, relèvent des malversations de votre part !

Malversations qui pourraient entacher la réputation si pure et si immaculée qu’est la mienne ! Et ça, je ne le permettrais pas, croyez le.

Sans compter que vous me recommandiez à l’époque un certain Giuliano Dray, un quidam qui vient de se faire attraper par ma garde à l’entrée du palais en train de vendre des horloges sous le manteau ! Mais quelle honte !

Pour vous remettre les idées en place, je vous mets en copie, la lettre que vous m’avez fait parvenir à l’époque :

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Mardi 2 Décembre 1608,

Doge Da Ponte, votre dogéité

C’est avec beaucoup d’étonnement non feint que j’ai reçu votre missive.

Je ne pensais pas recevoir un jour pareille proposition d’un grand de ce monde et encore moins de

vous, cher Doge Da Ponte, le phénix des grands de ce monde.

Vous me proposez de mettre mes qualités humanistes au service de la Sérénissime en devenant votre Ambassadeur en chef.

Je vous avoue que je suis embarrassé par votre intérêt pour mon humble personne.

En tant que membre de l’Ordre religieux « Miraculi Sine Frontiera », j’ai fait le choix plein, vain et entier de ne pas céder aux sirènes du faste ni des honneurs et de servir mon prochain avec le plus grand détachement.

Je m’associerai cependant toujours de grand coeur à ceux qui me fourniront l’occasion de soutenir l’innocence et de délivrer les opprimés.

Je suis, comme vous le savez, dégoûté de la vanité des grandeurs humaines. En tant qu’aumônier de la reine Christine de Valois, j’ai pu constater les dégâts qu’elle engendre sur l’âme humaine.

Or je tiens absolument à préserver la mienne de ces dérives. Il est d’ailleurs plaisant qu’à mon âge j’aie échappé à ces fléaux que sont la quête éperdue des honneurs et la poursuite des plaisirs mondains.

Nonobstant tout ce que je viens de vous exposer, je n’en travaillerai pas moins pour votre gloire, dussé-je crever à la peine, parce qu’on est incorrigible à mon âge et parce qu’il est prouvé que celui qui ne désire pas l’estime de ses contemporains en est indigne.

Voilà l’aveu sincère de ce que je suis, et de ce que la nature a voulu que je fusse. Amen.

Je ne puis cependant que vous conseiller de prendre aussi à votre service Giuliano Drayo, un clerc qui présente toutes les qualités que l’on peut attendre d’un homme d’église dévoué à ses prochains, notamment aux populations indigènes victimes de notre intolérance.

Il est par ailleurs grand tic-tacticien, ce qui le rendra encore plus aimable à vos yeux, vous qui appréciez les affaires bien réglées.

Cher Doge, votre grandeur m’est trop connue pour ne pas vous donner, en toutes les occasions, des marques de mon grand respect.

Je prierai pour vous et pour la bonne conduite des affaires de la Sérénissime, qu’il me tarde de servir avec grande modestie et dévouement.

Saint Bernard Pie-Paul

 

Alors tenez vos engagements que diable, ou je me verrais contraint de procéder à un dégagement prématuré !

Le Doge Da Ponte, de sa salle des cartes

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l’Europe : M asques, O mbres, D éguisements E t M ystères

9 février 2009

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__Chers lecteurs,

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Voici le récit de l’assemblée générale de la guilde des fabricants de Masques, Ombres, Déguisements Et Mystères qui s’est déroulée hier dans une ambiance de liesse populaire.


J’étais à la tribune en tant que candidat d’honneur désigné par le chef de la guilde, Francesco Braïni, pour l’élection des représentants à l’Assemblée des villes de Foire à Strasbourg. J’ai été très applaudi par l’assistance, ce qui m’a ravi.

Je tiens cependant à préciser que n’étant pas fabricant moi-même, mais un modeste libelliste et amuseur public, si les autres ne sont pas élus, je leur laisserai volontiers ma place.

Je l’ai dit et j’espère qu’on me le rappellera en temps voulu.

Vous me direz, pourquoi avoir été désigné alors ? C’est que la volonté de Braïni de promouvoir efficacement la diversitude au sein de la Guilde est tellement large qu’elle englobe aussi les non-membres.

Les deux moments forts furent naturellement le discours de Francesco Braïni et, à la stupéfaction générale, l’annonce du départ de la soeur Catharina Dal Masio, qui va rejoindre un couvent encore inconnu. Ce départ fait bruisser tout Venise , ou par exemple.

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Je ne la connais pas, je ne l’ai jamais vue mais je crois qu’elle est bien partie car je n’ai pas remarqué sa présence.

Voici le compte-rendu des propos entendus ou supposés à propos de cette assemblée générale :

Union des Marchands de Poignards

Sabieri Bertrani : « Braïni fait des masques pour le vil peuple, quelle horreur ! »

Patrizio Devediano : « Ils sont tous malades du choléra dans cette guilde; même les nonnes fuient ! »


Pagliacci di Scena

Solène LaReine (s’adressant en toute sororité à la soeur Catharina Dal Masio) : « Viens à moi, ma chère enfant… »

Nouveaux Pagliaci Anti-sequins

Olivio Bisiencenisti : « Braïni ? De toutes façons je braille plus fort ! »

Nuevi Carnavalieri

Ervino Morino : « Moi j’ai un poste et Braïni des postures ! »


Les Regrettés car absents :

Gianni Perlovatto : « Dit en langage de banquier, je me suis fait liquider ».

Il Barone Del Torchetti: « Vous ne m’avez pas écouté, Francesco, maintenant, je pleure un être cher que vous ne méritiez pas« 

Sébastian El perfidio : « Mais non Dal Masio n’a pas trahi, et croyez moi qu’en matière de trahison je suis un expert ! »

Soeur Catharina Dal Masio : « J’aurais pu devenir Doge en 1612 si je l’avais voulu mais à quoi bon être quelqu’un d’important si on ne peut prendre conscience de son importance ? « 

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Enrico Giuliardi : « un huissier dépêché par mes soins sur les lieux a attesté que, contrairement à la charte éthique de la guilde dans sa révision de mai 1608, qui stipule dans la subdivision 29 de l’amendement 45 qui a remplacé l’article 34 alinéa C-Ter , il y avait une autre couleur que l’orange sur le mur derrière Braïni, j’ai donc décidé de ne pas me rendre à cette mascarade irisée »

Ibn El Farid Bentahar El Andaloussi dit Farido El Magnifico : « je suis contre Braïni, je suis contre les réunions, je suis contre les masques, je suis contre l’Assemblée des villes de foire, je suis contre les nonnes ! Ceci posé , quelle est la question ? « 

Giacommo Cauvière (très prosaïque) : « Pas eu le temps de venir, trop occupé mais je ne me faisait aucune illusion de toutes façons »

Mascarade, Ombres, Déguisements Et Mystères

Francesco Braïni : « Je veux promouvoir le masquisme au sein de la guilde : ce ne sont pas les plus méritants de la guilde que je veux favoriser, mais ceux qui ont porté ou portent les plus jolis masques »

Marinella Di Sarnofio : « Cette équipe de candidats à l’Assemblée des villes de foire est naturellement FOOORRRRMMMIIIIDDDDAAAABBBBBBLLLLLE !! »

Christo Gistani : « Je ne suis pas retenu donc raisonnablement il n’y aura ni beaux, ni intelligents, ni doués parmi nos candidats à l’Assemblée des villes de foire, et puis au passage, bien content que la Dal Masio s’éclipse ! »

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Célina Alomini : « Bon l’autre s’est tirée, tout le charme est pour moi ! »

Geronimo Charreti : « Suis remonté ouh la la la la , mais je vais me battre ! »

Enrico Il Piccolino Rosso (s’adressant aux musiciens) : « Incapables ! C’est pas l’hymne de l’Assemblée des villes de foire que vous jouez là c’est la dernière arietta de Carlita ! »

Thomassone Cortegiano : « Je me suis dépêché pour prendre une place au deuxième rang, près des bons dieux, j’étais bien au chaud… »

Nicolo Mansinetti : « Sans jouer l’avocat du diable, la consultation des militants a t-elle vraiment été faite dans la concertation la plus consensuelle ? »

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Guillermo Di Casanogon : « Moi ce que j’aime dans ce genre de réunions, c’est qu’il y a des femmes partout »

Giacomo-Enrique Strossi : « Quand l’homme se regarde beaucoup lui-même, il en arrive à ne plus savoir quel est son visage et quel est son masque. » (proverbe de Pio Baruja)

Stevio Coupa : « Les candidats ? une bande d’imposteurs qui ont volé MA place »

Adora Toumo : « En droit, la procédure de consultation est à étudier de près ! »

Lorenzo Adamo : « Des fanfarons, des courtisans , des martyrs, des désabusés et des sournois, la guilde est tombée bien bas ! « 

Faustina Sediro et Christophio Technezisto : « Aucun Héllène candidat ? Dites-nous Francesco , « Demos kratie » c’est bien nous qui l’avons inventée non ? »

Norina Cortegiano : « Moi je savais tout ce qui allait se passer, et tout ce qui allait se dire. Mais si ! je t’dis que je savais ! « 

Christophio Cineuko : « Peuchère, dans le pays qui est le mien, tous ces courtisans seraient affectueusement traités de gros pouilleux ! « 

Et enfin le mot de la fin :

Francesco Sabieri di Penalti, naturellement reconduit au Comité d’Ethique et d’Hygiène Corporelle de la guilde : « C’était une très belle réunion, si y en a un qui dit le contraire je m’en vais le convaincre en toute fraternité »

Que d’animation fiévreuse et d’enthousiasme dans cette guilde ! FORZZAAAA !!!!

Gianfranco Canio, Gazette Marianni Di Venice du 09 Février 1609

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