Archive for the ‘Marianna Di Venice’ Category

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L’orange roseâtre de Septimanie

8 septembre 2009

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Voici le récit de la fête annuelle de la guilde des fabricants de Masques, Ombres, Déguisements Et Mystères qui s’est déroulée dans une ambiance rose bonbon acidulée, dans une ville de Septimanie située en bord de mer.

Votre serviteur était invité à s’exprimer devant les fabricants de la guilde, ce qu’il a d’ailleurs fait avec brio, si ce n’est les passages que Francesco Braïni lui a gentiment demandé de retirer car trop acides à son goût.

J’ai été très applaudi par l’assistance, ce qui m’a ravi.  C’est quand même dommage car mes propos initiaux étaient encore plus amusants, je vous l’assure, mais quand le chef de guilde exige, nous nous exécutons.

Voici le compte-rendu des propos entendus ou supposés lors de cette inoubliable fête :


Les Regrettés car absents :

Il Barone Del Torchetti: “Une fête sans Catharina Dal Masio ne saurait être une fête ! ”

Enrico Giuliardi : “Aucun article du règlement intérieur de la guilde ne prévoit ce genre de festivités, que je n’honorerai donc pas de ma présence”

Giacommo Cauvière (très prosaïque) : “Pas eu le temps de venir, trop occupé mais je ne me faisais aucune illusion de toutes façons”

Guillermo Di Casanogon : « Pendant qu’ils sont en Septimanie,  je reste à Venise m’occuper de leur femmes »

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Ervino Jacobi :  « Le souci de toutes façons, c’est Marinella ! »

Adora Toumo : “Moi je ne pouvais pas laisser mon canasson tout seul !”

Les fêtards de la guilde

Francesco Braïni : “Vive le théâtre ! vive la commedia dell’ arte ! La prochaine collection de la guilde que nous définirons lors de notre future réunion de travail chez notre vice-chef de guilde le baron GianMaria Von Clakendistonitulesaxetropinitonenberg sera composée de masques d’Arlequin et de Polichinelle. Comme cela nous pourrons monter sur scène avec les Pagliaci Di Scena, histoire de relancer la guilde avec cette collaboration artistique inédite ”.

Marinella Di Sarnofio : “Auprès de Vincenzo Peilloni, Roberto Ugine et Daniele Competito j’ai passé un été FOOORRRRMMMIIIIDDDDAAAABBBBBBLLLLLE !!”

Corinna Il Paggini : “Cette guilde pourrait faire des masques encore plus jolis, pour peu qu’on écoute les fabricants”

Francesco Fiori : « J’aime user d’un langage fleuri quand je parle de belles plantes « 

Baron GianMaria Von Clakendistonitulesaxetropinitonenberg : “Ayez confiance, moi vivant, la guilde sera mon gagne-pa… euh mon idéal”

Le duo Cocobino : “Chaton, c’était pourri comme fête, on ne reviendra plus !

Christo Gistani : “J’ai mis un de mes lampions près de mes yeux et tout d’un coup la lumière m’est apparue, la guilde n’est pas en réalité ce que je pensais et ses chefs sont promoteurs de procédés de fabrication archaïques, je le ferai savoir !”

Geronimo Charreti : “Moi et mon copain Michele Hinardi , nous avons surtout apprécié la taverne , hips ! ”

Chantinella Portusola : « Peuchère, Mon beau Francesco m’a confié la mission de compter les serpentins du stock de la guilde, que je suis contente, que je suis flattée, que je me sens investie, quelle lourde responsabilité qui me revient, quelle personne importante je deviens ! »

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Enrico Il Piccolino Rosso (s’adressant aux fabricants) : “Marinella, Marinella, Marinella, Marinella,, Marinella, Marinella, Marinella, Marinella  !” , “J’ai bon là ?”,

Thomassone Cortegiano : “Toutes ces personnalités ! je ne savais plus où donner de la brosse à reluire”

Frère Hérético : “Cortegiano, c’est moi le courtisan officiel, imposteur !”

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Nicolo Mansinetti : “Sans jouer l’avocat du diable, la commission de création des masques a-t-elle été consultée ?”

Giacomo-Enrique Strossi : “ Et après tout, qu’est-ce qu’un mensonge? La vérité sous le masque..”   (Byron)

Les membres de la confrérie de « Jesus GRID ressuscité » : « Braïni ne s’en sortira pas sans que notre toucher mystique lui montre le chemin… »

Fabio Lauresti : “Où es la délicieuse Francesca Bianca ?”

Lucia di Ridero : “J’ai trouvé dans un coin une cravache dorée, hum j’en frémis d’avance…”

Bambino Crapino de la laguna marecagiosa : “Tant que je garde mon masque de gros méchant, on ne s’apercevra pas qu’en réalité je suis un gamin juste un peu insolent”

Francesca Bianca : “Quel faux-cul cette Marinella !”

Princesse Mirabella : “Je reste dans la guilde et je re-signe !”

Faustina Sediro, Claudio Skeptikosi et Christophio Technezisto : “Hélas, Hellas !”

Norina Cortegiano : “Moi je savais tout ce qui allait se passer, et tout ce qui allait se dire. Mais si ! je t’dis que je savais ! ”

Rometino Lucci et sa bande de joyeux drilles : « Vive le vin de Septimanie, hips ! ”

Virginia Votinetti et sa bande de lutins masqués : « Engagez vous, à vous engager dans un engageant engagement, youpiii ! ”

Christophio Cineuko : “Bande de gros pouilleux ! ”

Et enfin le mot de la fin :

Francesco Sabieri di Penalti, toujours aussi épanoui au Comité d’Ethique et d’Hygiène Corporelle de la guilde : “C’était une très belle fête, s’il y en a un qui dit le contraire je m’en vais le convaincre en toute fraternité !”

Gianfranco Canio, Gazette Marianni Di Venice du 08 Septembre 1609

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l’Europe : M asques, O mbres, D éguisements E t M ystères

9 février 2009

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__Chers lecteurs,

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Voici le récit de l’assemblée générale de la guilde des fabricants de Masques, Ombres, Déguisements Et Mystères qui s’est déroulée hier dans une ambiance de liesse populaire.


J’étais à la tribune en tant que candidat d’honneur désigné par le chef de la guilde, Francesco Braïni, pour l’élection des représentants à l’Assemblée des villes de Foire à Strasbourg. J’ai été très applaudi par l’assistance, ce qui m’a ravi.

Je tiens cependant à préciser que n’étant pas fabricant moi-même, mais un modeste libelliste et amuseur public, si les autres ne sont pas élus, je leur laisserai volontiers ma place.

Je l’ai dit et j’espère qu’on me le rappellera en temps voulu.

Vous me direz, pourquoi avoir été désigné alors ? C’est que la volonté de Braïni de promouvoir efficacement la diversitude au sein de la Guilde est tellement large qu’elle englobe aussi les non-membres.

Les deux moments forts furent naturellement le discours de Francesco Braïni et, à la stupéfaction générale, l’annonce du départ de la soeur Catharina Dal Masio, qui va rejoindre un couvent encore inconnu. Ce départ fait bruisser tout Venise , ou par exemple.

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Je ne la connais pas, je ne l’ai jamais vue mais je crois qu’elle est bien partie car je n’ai pas remarqué sa présence.

Voici le compte-rendu des propos entendus ou supposés à propos de cette assemblée générale :

Union des Marchands de Poignards

Sabieri Bertrani : « Braïni fait des masques pour le vil peuple, quelle horreur ! »

Patrizio Devediano : « Ils sont tous malades du choléra dans cette guilde; même les nonnes fuient ! »


Pagliacci di Scena

Solène LaReine (s’adressant en toute sororité à la soeur Catharina Dal Masio) : « Viens à moi, ma chère enfant… »

Nouveaux Pagliaci Anti-sequins

Olivio Bisiencenisti : « Braïni ? De toutes façons je braille plus fort ! »

Nuevi Carnavalieri

Ervino Morino : « Moi j’ai un poste et Braïni des postures ! »


Les Regrettés car absents :

Gianni Perlovatto : « Dit en langage de banquier, je me suis fait liquider ».

Il Barone Del Torchetti: « Vous ne m’avez pas écouté, Francesco, maintenant, je pleure un être cher que vous ne méritiez pas« 

Sébastian El perfidio : « Mais non Dal Masio n’a pas trahi, et croyez moi qu’en matière de trahison je suis un expert ! »

Soeur Catharina Dal Masio : « J’aurais pu devenir Doge en 1612 si je l’avais voulu mais à quoi bon être quelqu’un d’important si on ne peut prendre conscience de son importance ? « 

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Enrico Giuliardi : « un huissier dépêché par mes soins sur les lieux a attesté que, contrairement à la charte éthique de la guilde dans sa révision de mai 1608, qui stipule dans la subdivision 29 de l’amendement 45 qui a remplacé l’article 34 alinéa C-Ter , il y avait une autre couleur que l’orange sur le mur derrière Braïni, j’ai donc décidé de ne pas me rendre à cette mascarade irisée »

Ibn El Farid Bentahar El Andaloussi dit Farido El Magnifico : « je suis contre Braïni, je suis contre les réunions, je suis contre les masques, je suis contre l’Assemblée des villes de foire, je suis contre les nonnes ! Ceci posé , quelle est la question ? « 

Giacommo Cauvière (très prosaïque) : « Pas eu le temps de venir, trop occupé mais je ne me faisait aucune illusion de toutes façons »

Mascarade, Ombres, Déguisements Et Mystères

Francesco Braïni : « Je veux promouvoir le masquisme au sein de la guilde : ce ne sont pas les plus méritants de la guilde que je veux favoriser, mais ceux qui ont porté ou portent les plus jolis masques »

Marinella Di Sarnofio : « Cette équipe de candidats à l’Assemblée des villes de foire est naturellement FOOORRRRMMMIIIIDDDDAAAABBBBBBLLLLLE !! »

Christo Gistani : « Je ne suis pas retenu donc raisonnablement il n’y aura ni beaux, ni intelligents, ni doués parmi nos candidats à l’Assemblée des villes de foire, et puis au passage, bien content que la Dal Masio s’éclipse ! »

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Célina Alomini : « Bon l’autre s’est tirée, tout le charme est pour moi ! »

Geronimo Charreti : « Suis remonté ouh la la la la , mais je vais me battre ! »

Enrico Il Piccolino Rosso (s’adressant aux musiciens) : « Incapables ! C’est pas l’hymne de l’Assemblée des villes de foire que vous jouez là c’est la dernière arietta de Carlita ! »

Thomassone Cortegiano : « Je me suis dépêché pour prendre une place au deuxième rang, près des bons dieux, j’étais bien au chaud… »

Nicolo Mansinetti : « Sans jouer l’avocat du diable, la consultation des militants a t-elle vraiment été faite dans la concertation la plus consensuelle ? »

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Guillermo Di Casanogon : « Moi ce que j’aime dans ce genre de réunions, c’est qu’il y a des femmes partout »

Giacomo-Enrique Strossi : « Quand l’homme se regarde beaucoup lui-même, il en arrive à ne plus savoir quel est son visage et quel est son masque. » (proverbe de Pio Baruja)

Stevio Coupa : « Les candidats ? une bande d’imposteurs qui ont volé MA place »

Adora Toumo : « En droit, la procédure de consultation est à étudier de près ! »

Lorenzo Adamo : « Des fanfarons, des courtisans , des martyrs, des désabusés et des sournois, la guilde est tombée bien bas ! « 

Faustina Sediro et Christophio Technezisto : « Aucun Héllène candidat ? Dites-nous Francesco , « Demos kratie » c’est bien nous qui l’avons inventée non ? »

Norina Cortegiano : « Moi je savais tout ce qui allait se passer, et tout ce qui allait se dire. Mais si ! je t’dis que je savais ! « 

Christophio Cineuko : « Peuchère, dans le pays qui est le mien, tous ces courtisans seraient affectueusement traités de gros pouilleux ! « 

Et enfin le mot de la fin :

Francesco Sabieri di Penalti, naturellement reconduit au Comité d’Ethique et d’Hygiène Corporelle de la guilde : « C’était une très belle réunion, si y en a un qui dit le contraire je m’en vais le convaincre en toute fraternité »

Que d’animation fiévreuse et d’enthousiasme dans cette guilde ! FORZZAAAA !!!!

Gianfranco Canio, Gazette Marianni Di Venice du 09 Février 1609

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Le sacre d’Obamati raconté par LaReine

21 janvier 2009

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GeorgeTown, à l’Auberge du Yankee, Fun Avenue

Depuis cette auberge très proche des cérémonies, JE vous envoie ce récit.

J’ai l’insigne honneur non seulement d’être la principale inspiratrice de ces festivités, apportant tout MON savoir-faire et accessoirement celui des Pagliaci Di Scena pour l’esprit de leur déroulement, mais aussi d’être l’unique représentante de notre vénérable Sérénissime !

JE vois et suis tout à travers les vitres embuées. Le sens de l’histoire me fait verser de chaudes larmes.

Dès cinq heures du matin dans un froid glacial et purifiant, une longue procession de centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants de tous âges, de toutes les couleurs et de toutes conditions, dans leurs costumes variés et muticolores – ce que Borackio Obamati a appelé le « patchwork du carnaval » – ont convergé vers le Mall pour communier et vivre ce moment historique.

Comme s’ils voulaient s’assurer que tout cela était bien vrai : la tourbe transformée en or, la guérison miraculeuse des écrouelles, l’aura incomparable de leur nouveau Roi du Carnaval, magicien disciple du Grand Turc !!

Et c’est sans compter les milliards d’autres qui, à travers les reportages des gazettes du monde entier (et JE pense en particulier à Marianna Di Venice, qui a l’honneur de publier MON récit de voyage) et le bouche-à-oreille, avaient au même moment les yeux rivés sur cette tribune de bois d’où sera intronisé le nouveau Roi du Carnaval des Nouvelles Colonies, leur bienfaiteur et guérisseur.

La cérémonie d’investiture a eu beaucoup d’allure (normal, J’y suis pour quelque chose !!). Borackio Obamati est sans conteste très inspiré (grâce à MOI) et il se dégageait de cette immense foule, joyeuse et pleine d’espoir, une véritable ferveur quasi-mystique.

Que retenir du discours de Borackio Obamati ?

Vous le lirez bien sûr en entier, mais voici les idées et les citations que JE lui ai inspirées, et que JE compte réutiliser dans une de nos prochaines pièces à Venise :

– Tout d’abord un diagnostic sans concession sur la disparition des sequins et sur la violence engendrées par les attaques de Da Mondialus, qui sont « aussi la conséquence de la cupidité et de l’irresponsabilité des gouvernants de l’Ancien Monde (et toc pour notre Doge !!), mais aussi de notre échec collectif à dégager à temps mon prédécesseur »

– Les Nouvelles Colonies sont une nation d’immigrants « qui ont pris des risques » – des hommes et des femmes anonymes -, « qui ont souffert de la morsure du fouet et de l’arbitraire ».

Liberté, Sororité, Fraternité (MON slogan à moi !!!) sont les grandes valeurs auxquelles Borackio Obamati a fait ensuite référence pour mobiliser les énergies du peuple.

– Le carnaval fait que chaque citoyen, par son action joviale et responsable dans le choix de son déguisement, doit accompagner la prise de responsabilité du Roi du Carnaval.

– Il y aura une transparence absolue de tous les systèmes d’aides à la confection et l’achat de costumes, de masques et colifichets, notamment ceux importés de Venise (et toc pour Francesco Braïni !!).

– « Cette crise nous rappelle que sans surveillance le financement du carnaval peut devenir incontrôlable, et qu’une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis pour son organisation et la jouissance des festivités. » Il faut donner à chacun l’occasion de réussir sa participation au carnaval. Ce n’est pas de la charité.

– La sécurité du Carnaval ne doit pas être assurée aux dépens des libertés.

– « Nous sommes réunis car nous avons préféré l’espoir à la peur suscitée par mon prédécesseur, le sinistre Nain grimaçant, et le pirate Da Mondialus. »

– Les Nouvelles Colonies ont vocation à dialoguer avec le monde entier.

C’est parce que nous avons connu des périodes sans carnaval que nous sommes conscients de la nécessité de dialoguer et collaborer avec nos anciens concurrents, de nous inspirer de leur savoir-faire et de partager le nôtre avec eux. Après toutes les Nations organisatrices de carnaval font partie d’une seule et même famille.

– « Le monde des festivités a changé et nous devons évoluer avec lui. » Mais nous devons le faire, a-t-il ajouté, « avec nos valeurs festives de toujours ».

– « Ce qui nous est demandé maintenant, c’est une nouvelle ère de responsabilité gagnante-gagnante » (« the new area of win-win responsability », JE suis si fière de MON slogan !!!!).

– « C’est le prix, et la promesse, de l’allégresse (…) C’est la raison pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n’aurait peut-être pas pu participer aux festivités à cause de la suspicion envers les magiciens disciples du Grand Turc, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré en tant que Roi du Carnaval. »

Ce discours a duré vingt longues minutes. La foule était saisie par ces paroles, par cet appel constant à chacun pour qu’il se mette en branle de mouvement, par la force du symbole inspiré et la volonté de s’amuser dans un esprit de gagnitude collective.

Des centaines de personnes se sont ensuite déplacées paisiblement du Mall vers Fun Avenue pour assister au défilé de carnaval qui montrait si bien la diversité des Nouvelles Colonies.

Quant à son prédécesseur, le Nain grimaçant, tout à l’heure, nous sommes passés devant une maison sur laquelle est inscrit en grandes lettres : « 20 janvier 1609 : la fin d’une gravissime erreur ». »

Petite touche feminine (JE suis en effet avant tout une délicieuse femme), pour terminer ce divin récit :

JE n’ai pas trop aimé le déguisement de l’épouse de Borackio Obamati, pas assez orientalisant à MON goût !

Solène LaReine, Marianna Di Venice du 21 janvier 1609

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Et la gagnante est …

26 novembre 2008

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Chers lecteurs,

 

 

 

Nous avons assisté hier en notre qualité de chroniqueur de votre gazette préférée, Marianna Di Venice, à la deuxième représentation de la pièce « la Zizania » qui avait déjà rencontré un franc succès la semaine dernière auprès du public vénitien grâce au jeu enlevé de ses deux principales vedettes, Solène LaReine et Martina Obroni.

Cette deuxième représentation fut malheureusement émaillée d’incidents regrettables : les deux protagonistes, Solène LaReine et Martina Obroni, se sont effectivement prises aux mains en plein Acte II de la pièce, la première accusant la seconde d’avoir ajouté quelques tirades suplémentaires à son rôle pour l’étoffer à ses dépens !

L’intervention des hommes de la troupe des Pagliaci Di Scena ne put rien y faire : nos deux actrices en vinrent à se crêper le chignon et à s’arracher leurs costumes de scène dans un nuage de poussière de maquillage et de jurons tandis que le peuple assistait mi-amusé, mi-consterné, à cet étalage grotesque de leurs différends internes.

On distingua notamment parmi le public le fou rire de Francesco Braïni, qui avait déjà été aperçu lors de la Première. Serait-il devenu  un inconditionnel des « Pagliaci Di Scena » ?

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Il se murmure d’ailleurs que Solène LaReine voudrait en faire le fournisseur officiel de la troupe.

Décoiffée, titubante, Martina finit par proposer à une Solène dégoulinante de maquillage et en loques, de s’en remettre à un arbitre impartial pour comptabiliser le nombre de tirades les différenciant (bien qu’elle fut assurée de gagner, n’ayant apparemment ajouté aucune tirade supplémentaire mais ayant simplement modifié à son avantage son rôle et l’ordre de ses apparitions dans la pièce).

Cet arbitre ne fut autre que le chef de la troupe, Francesco Orlanducci, qui, bien qu’ancien amant officiel de Solène La Reine, se montra bien courageux dans la réalisation de cette rude tâche, aidé par Pinocchio, une petite marionnette en bois fort utile qui vient de faire son apparition dans la troupe.

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Il décida de laisser en l’état les apparitions musclées de Martina et promit à Solène en guise de consolation le rôle principal dans le prochain spectacle que la troupe montera et qui, selon certains bruits, s’intitulera « le jeu de l’amour et de la colère », forme de synthèse entre le spectacle « jeu de l’amour et de la gagnitude » soutenu par Solène LaReine et « 35 heures en colère » soutenu par Martina Obroni lors du dernier vote des acteurs de la troupe.

Espérons que nos talentueux « Pagliaci Di Scena » sauront rapidement retrouver leur cohésion de troupe afin de reprendre la voie de la gagnitude et nous émouvoir à nouveau avec leurs belles pièces innovantes !

En attendant, je vous invite  à aller les applaudir dans « la Zizania » et à nous communiquer vos avis.

Gianfranco Canio, Gazette Marianni Di Venice du 26 Novembre 1608

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Pagliaci di Scena…de ménage

7 novembre 2008

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Voici chers lecteurs le récit de ma visite au théâtre des Pagliacci Di  Scena

 

Hier s’est déroulé le vote des acteurs de notre Comédia de l’Arte vénitienne, pour la prochaine pièce qu’il joueront à partir du 20 Novembre.

Le choix s’est porté sur  « Le jeu de l’amour et de la gagnitude » soutenue par Solène La Reine. Bien que le score soit un peu faible, elle permet à ses partisans d’imposer son style théâtral pour leur prochaine représentation.

L’actrice française a ajouté : « JE redonnerais la parole au vénitiens pour le choix des pièces de théâtre. JE demande que tous se réunissent dans les rues de Venise pour s’aimer les uns les autres. JE suis la meilleure pour mener les Pagliacci di Scena à la dogéature ! »

Bertolomio Delonaionne quant à lui, subit une lourde défaite, sa pièce « Le diable s’habille en Pride, da ! » n’a pas plu aux autres acteurs. Il aurait déclaré : « Je n’aurais jamais dû être soutenu par le vieux chef de troupe Francesco Orlanducci, il m’a porté la poisse ! »

Martina Obroni jubile, sa pièce « 35 heures en colère » a obtenu un score très honorable et elle tient sa rivale Solène La Reine dans ses mains car elle l’oblige à se rapprocher d’elle. Elle a ainsi glissé perfidement : « Solène La Reine élue à la tête des Pagliaci ? et pourquoi pas doge de Venise pendant qu’on y est ? »

Enfin le jouvenceau, Benedetto Hamanotti, avec sa pièce « La cage aux révoltés », profite des soucis financiers de Venise pour imposer une pièce anti-sequins

Et pendant ce temps là, chez « Mascarade, Ombres, Déguisement Et Mystères », Francesco Braïni s’amuse follement des vicissitudes de ces chers comédiens, ses concurrents pour la course à la prochaine dogéature.

Gianfranco Canio, Gazette Marianni Di Venice du 7 Novembre

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Retour à Venise

29 octobre 2008

Venise

Après des années d’errance dans diverses contrées, je reviens dans ma ville natale et la retrouve à la fois différente par certains aspects et identique pas d’autres.

Se promener à Venise permet de comprendre à quel point cette ville est multiple dans sa beauté. Ses venelles qui courtisent les minuscules jardinets, les boutiques colorées, les canaux sombres, les ponts miniatures…

Venise est une république, son doge Nicolo Di Ponte la gère du haut de son palais comme le marchand de poignard qu’il à été jadis : énergie et mercantilisme sont de rigueur.

Autour de lui, par groupes, courtisans et ambitieux, ces bonnes vieilles harpies, se battent désormais la coulpe, apeurés devant la nouveauté. Ils dorment sur l’actualité qui fume, et croisent parfois dans la brume, quelques citoyens éveillés et entêtés

Venise est une ville d’art, nombreuses sont les constructions architecturales, les statues et les théâtres. Le théâtre, est le domaine des célèbres Pagliacci di Scena, acteurs vénitiens de la comédia de l’arte. Ces Pagliaci qui s’occupent également des affaires politiques, n’ont-il pas donné, à la cité,  un doge majeur en la personne de Francesco Mittolani il y a une vingtaine d’années de cela ?

Venise est une ville de Carnaval et de faux-semblants, les intrigues et les marchands de masques y sont légion, et parmi eux,  la plus célèbre guildes de ces marchands, « Mascarades, Ombres, Déguisements Et Mystères », guilde dirigée par le fameux Francesco Braïni, qui fut à deux doigts d’atteindre la dogéature il y a quelques mois lors de la dernière élection.

Venise est une ville surnaturelle, sorciers et mages y prospèrent, des confréries s’y font et défont continuellement. Leur fonds de commerce, la naïveté des habitants et la préservation de l’intégrité de la cité menacée par la montée des eaux et les attaques du  mystérieux pirate Mondialistus, qui fait office d’épouvantail auprès de la population.

Tout ceci nous donne un magma d’esprits chagrins, de faux prophètes et de doux rêveurs regroupés au sein de la Confrérie des marchands d’épices, d’herbes médicinales et d’objets ésotériques.

Venise est une ville convoitée et vulnérable. A l’extérieur de la cité et même dans son coeur résident des dangers et de mystérieux personnages qui intriguent à l’envi.

Enfin Venise est une ville de l’écrit et du récit : j’en veux pour preuve les correspondances abondantes que s’échangent nombre de mes connaissances, notamment :

Fabio Lauresti, gentilhomme, rédacteur de notes d’information au palais du doge,

La Comtesse Lucia di Ridero, Conceptrice de masques,

Angelo Lauresti, conseiller de l’ambassadeur de Venise à Paris et frère de Fabio,

Lucas Quidami, Fabricant de masques,

Tomassone et Norina Cortegiano, courtisans notoires,

 Melina Silva, sorcière magicienne

Le Comte Marco di Ridero, grand voyageur devant l’éternel.

Et enfin votre serviteur, humble rédacteur de libelle pour mon journal Marianna Di Venice.

Gianfranco Canio, Libelle extrait du Marianna Di Venice du mardi 28 octobre 1608