Posts Tagged ‘Au palais des doges’

h1

Mémoire pour l’instruction du Dauphin – Chapitre 1er : Le «code d’honneur» des olikarkes

20 octobre 2009

Memoire dauphin

Doge Nicolo da Ponte : «Il  y a la loi, les policiers, le juge… Et il y a la famille. Tu me suis, hein ?  La famille fait toujours appel aux forces de l’ordre. Elle ne se fait pas justice elle-même… d’ailleurs elle utilise bien la justice et les autres institutions de la République de Venise, comme quand on t’avait volé ton petit poney, tu te souviens ? Je t’explique : si quelqu’un te fait un tort mineur, tu vas direct me trouver… Tu me le dis, j’appelle mes potes et c’est vite expédié. C’est comme ça que les choses fonctionnent entre nous

Giovanni da Ponte : «C’est ça, faire partie de l’olikarkieeu ?»

Nicolo da Ponte : «Oui, c’est ça. Et puis, il y a olikarkie et Olikarkie. Ceux qui font du petit trafic de postes mineurs, et ceux qui sont, comme nous, des “hommes d’honneur” qui agissent pour le bien de la collectivité de père en fils, qu’on appelle des olikarkes tendance monarkes. Ceux-là ne s’adressent jamais aux autorités, ils SONT les autorités.


le voleur de venise

S’il faut redresser un tort fait à mon fils, lui trouver un emploi, de l’argent, pas besoin de perdre son temps. J’achète un tel ou un tel par l’octroi de faveurs ou des menaces et je résous le problème moi-même.»

Giovanni da Ponte : «Tu m’avais pourtant dit-eu quand j’étais petit-eu que les olikarkes, ce sont ceux qui ne respectent pas la loi, les institutions républicaines et s’en foutent plein les poches…»

Nicolo da Ponte : «Mais personne ne respecte la loi…»

Giovanni da Ponte : «Aucun olikarke ? »

Nicolo da Ponte : «C’est évident. Ils sont contre la loi… Parce que les lois votées ne sont jamais appliquées, sauf quand elles servent leurs intérêts. T’as compris ? Allez, va t’entraîner maintenant à tirer sur les pigeons !».


Publicités
h1

La lumineuse Lucia Di Ridero sort (enfin) de l’ombre

25 février 2009

lucia

__

__Mercredi 25 Février 1609,


__Mon cher Fabio,

__

__

Que votre jeu est exquis ! J’ai décidé de m’y livrer à mon tour en guise d’amusement.

En ce qui concerne la peinture, j’aime beaucoup les icônes byzantines, que j’ai découvertes grâce à nos comptoirs d’Orient.

J’affectionne aussi particulièrement les tableaux de Domínikos Theotokópoulos, dit El Greco.

Ce peintre d’origine crétoise, fut à l’origine peintre d’icônes. J’apprécie surtout la grâce, le regard sensible et intelligent, et les mains aux doigts longs de ses personnages.

el_greco_009

Quant à mes lectures, ce qui me plaît est l’histoire et la littérature, notamment les histoires destinées aux chérubins, qui allient fantaisie, jeux de langage et belles illustrations.

ponti02-okilele

Actuellement j’aime bien lire les écrits de :

Christo Gistani : éminence grise de notre Guilde et fabricant de lampions

Don Spaulding : époux de l’illustre Dame Spaulding

Barone Di Torchetti: baron ménestrel, meilleur chroniqueur que chantre de l’amour courtois

Ataraxosphère : ce philosophe à deux têtes, qui a l’air de bien cultiver son jardin, ne nous a toujours pas révélé s’il est épicurien, stoïcien ou sceptique. Probablement les trois à la fois.

BGR : esprit de la nature à la barbe fleurie

Dame Forzinetta di Iero : petite force de la nature aimant secouer la gent politicienne de ses contrées barbares

Dame Maria-Laura Hypos : autre dame inflexible sur les principes

Polluxe : petit quadrupède à la langue bien pendue

Les Engagés au Poing Levé : cette nouvelle troupe d’acteurs lancée au sein de notre guilde se doit absolument de concurrencer les « Nouveaux Pagliaci Anti-Sequins » d’Olivio Bisiencenisti !

A très bientôt

Lucia Di Ridero

lucia

h1

Fabio Lauresti (un peu) dévoilé

20 février 2009

fabio-lauresti

__

__

__

__


__Vendredi 19 Février 1609,

__

Ma chère Lucia,

Suite à un jeu cocasse lancé au palais de notre bon doge Da Ponte, il m’a été demandé quel était mon tableau préféré et ce que j’aimais lire quand les intrigues de cour et les tribulations de notre prince m’ en laissent le temps.

En ce qui concerne les tableaux, j’ai souvent consulté la sorcière Melvina Silva et elle m’a décrit que ses séances de divination lui ont fait découvrir un peintre de génie qui verra le jour dans notre belle cité dans près d’un siècle et qui la dépeindra comme personne ne l’a fait ou ne le fera.

canaletto11

Quant à mes lectures, en mettant de côté les libelles et les livres romanesques, ce qui me passionne est l’histoire et l’art politique. J’aurai sans doute l’occasion de vous reparler un jour de ces passions.

Actuellement j’aime particulièrement lire les écrits de :

Mirabella : princesse florentine

Dame Francesca Bianca : fabricante de masques merveilleux

Don Quindito : grand voyageur devant l’éternel

Le frère Hérético : moine soldat

Geronimo Charreti : gentilhomme révolté

Tomassone et Roméo : des amis dessinateurs

A très bientôt

Fabio Lauresti

fabio-lauresti

h1

Contes et légendes de la lagune : Da Mondialus, le pirate mondialisé

19 février 2009

canaletto_salute

___

___

___Il y a longtemps de cela vivait dans la campagne vénitienne un vieux marchand Lorenzo di Magiurbo, issu d’une illustre famille, et sa fille unique, Fiorellina. Cette jeune femme solitaire passait ses journées à observer rêveusement chaque petit détail de la vie et à lire des livres de chevalerie.

Un jour qu’elle était seule dans le verger à l’heure du crépuscule, elle surprit un jeune homme, Jacopo Barbaro, chapardeur notoire, en train d’y cueillir des oranges.

Loin de se sentir gêné, Jacopo entreprit de lui expliquer qu’il vérifiait la santé de ses orangers et lui délivra un cours détaillé de botanique avec un aplomb tel qu’il la fit rire, la sortant de sa torpeur. Il se noua ainsi une franche amitié qui ne tarda pas à se développer en sentiment amoureux.

Il n’y avait pas plus dissemblables que ces deux-là, elle si mélancolique et fuyant les ombres de la nuit, lui si avide de sensations fortes et aimant la vie nocturne. Si bien qu’ils ne se rencontraient qu’à l’heure du crépuscule.

Elle lui lisait des histoires afin d’élever son esprit et en échange il l’égayait en lui relatant ses multiples facéties.

Lorsqu’il atteint l’âge de 19 ans, il lui fit part de son désir de prendre le large dans un navire marchand afin de découvrir le vaste monde et de faire fortune. Fiorellina, bien qu’attristée par cette décision, ne tenta pas de l’en dissuader.

La veille du départ, pris d’une intuition soudaine  il se ravisa et la pria de ne pas le laisser partir car il pressentait qu’il ne reviendrait pas le même, qu’elle risquait de perdre à jamais le Jacopo qu’elle aimait. Fiorellina fut tentée mais n’en fit rien, car elle savait qu’elle ne pouvait le garder auprès d’elle alors qu’il voulait vivre hors des limites du vieux monde.

C’est ainsi qu’il s’embarqua sur un navire en plein hiver, non sans un pincement au coeur. Il fut pris dans un tourbilllon de découvertes et d’aventures qui lui firent vite oublier Fiorellina, à laquelle il ne manquait cependant pas d’envoyer un billet de temps en temps, lui disant qu’il espérait qu’elle l’attendrait mais qu’il ne pouvait l’empêcher de faire sa vie avec un autre si elle en décidait autrement.

Au bout de six années d’une correspondance suivie, Fiorellina tomba gravement malade. Jacopo,  entre-temps avait fait fortune dans la piraterie et, se sentant las de ses multiples voyages,  crut ressentir le besoin de retrouver à nouveau la terre ferme et Fiorellina. Il se jura même de s’installer avec elle et de l’épouser. Il décida ainsi de revenir à Venise.

princess-bride-photo-160-princessbridecover

Malheureusement entre-temps sa tête avait été mise à prix et il dut par conséquent attendre la période du carnaval pour accoster, déguisé, à Venise.

Ebloui par les festivités et, occupé par le détroussage des carnavaliers, qui devait, pensait-il, lui rapporter encore plus d’argent pour son installation avec Fiorellina, il tarda malheureusement de se rendre à son chevet.

Il fut alors arrêté et mis au cachot par le chef de la police de l’époque, Nicolo Da Ponte, qui ne voulut rien entendre à son histoire et ne transmis guère la lettre qu’il lui avait confiée pour Fiorellina.

sarko1

Il parvint cependant à s’enfuir quelques mois plus tard grâce à ses complices, qui lui apprirent malheureusement la mort au printemps de Fiorellina, une fleur d’oranger dans la main.

Il ne put lui rendre ses derniers hommages car Nicolo Da Ponte bloqua toutes les routes, et il dut embarquer, la mort dans l’âme.

Loin de faire oeuvre de repentance pour les penchants vénaux qui l’avaient retenu à Venise, il voua une haine inextinguible pour Venise et Nicolo Da Ponte, qu’il jura de ruîner par tous les moyens.

da-mondialus

C’est ainsi que naquit le personnage légendaire du pirate Da Mondialus, ennemi juré de la Sérénissime et du vieux monde.

h1

L’illusion du veau d’or

17 février 2009

nicolaspoussin-adoration-of-the-golden-calf

__

__Mardi 17 Février 1609,

__

__

__


Chèeeere Lucia,

Vous me connaissssez, je suis l’amie des puisssssants, la servante des princes et la femmme de cour dans toute ssssa ssssplenddddeur.

Je ne puis m’emmppêcher de vous rrrelater ce qui s’est passé lors du bal fassstueux donné par notre cher Doge Da Ponte (loué soit-il) en l’honneur de sa chhhharmante épouse pour la San Vallllentino.

Nous y avons fait une entrrrée remarquée par les arrières-cuisines grâce à la ccccousine de Thomassone . C’est l’arrière-grande-nièce d’Alano Krevino, un membre de la trrroupe des « Nouveaux pagliaci Anti-sequins« , qui m’a-t-on dit est né sur le canal historique (mais lequel ? Je n’ai pas bien saisi) !

Quel faaaaste ma chère amie !! Quelle claasse inégalée !!


fete

La soirée fut d’abord marrrquée par la rrrreprésentation fort originale de la prrrremière rencontre entre notrrre Doge (loué soit-il) et Carlita, retranscripte orrrriginalement devant un étalage de poissssons, par les « Nouveaux Pagliaci Anti-sequins » avec au menu « galippppettes point levées » (d’après ce que j’ai entendu) et « vocifffférations anti-exploits factices » (C’est des « nuevi proloconcepti » de la « NPA lingua » m’a-t-on dit). Puis nous avons fûmes gâtés par les talllents d’un illusionnnnnnniste exxxxquis : Giacomo Seguelano !!!

Cet homme est m’a-t-on dit, un allchimisateur très doué, chère Lucia !!! Il a la parrticularité de trrrransformer le tout commun en orrrr !!!

illusion

J’ai failli défailllanir quand il s’est apprrroché de moi, et a extrrait de mon ample corsage une trrrranche de salami dogéal qu’il a trrrransformée sous mes yeux en une mmmédaille d’or à l’effiginie de notre Doge (loué soit-il) ! Je l’ai ausssitôt mmmordue bien entendu et… elle était vraie !!

Il a par la suite littérrrralement stupéfixxxé l’assistance quand il a trrrransformé d’un seul coup les mmmasques en cuir les plus communs des convvvvives en un défilé de masques d’or plus ggggais les uns que les autres ! Le plus inouïii est que leurs masques d’or une fois enlevés, les convivvvves gardaient ce sourrrrire inddddédébile sur leurs visages !

seguela

Le sommuuum fut atteint lorsque Giacomo Seguelano éblouit l’asssisstanance en offrant à notre couple Dogéal un plat magnnnnifique avec un veau enttttier, pomme à la bouche, qu’il trrrransforma sous nos yeux en statue dorée. Nous nous jettttâmes dessus pour vérrrrifier qu’il s’agissait bien d’or pur et… ne fûmes pas déçus !!!

Cela suscita l’intervention dépllllacée d’un grrrrrotesque personnage appelé Pietro Di Sprogi qui tînt ces propos hostiles qui lui vallllurent d’être jeté dehors : « Giacomo Seguelano est-il un veau ? De deux choses l’une : ou bien Giacomo Seguelano est un veau, et ça m’étonnerait quand même un peu ; ou bien Giacomo Seguelano n’est pas un veau, et ça m’étonnerait quand même beaucoup ! »

Le plus fabulllleux est que depuis j’ai garrdé un sourire rrrradieux, des étoiles dorrrrréees dans les yeux et de la pousssssière d’or sur les dents.

Norina Cortegiano, qui a tout vu de ses yeux vus. « Mais si je te dis que j’ai tout vu ! »

h1

Orages sur la République

13 février 2009

orage-venise Vendredi 13 Février 1609,

__

__

__


Chère Lucia,

Je m’inquiète beaucoup de la tension sourde qui prévaut à Venise et qui annonce de lourds orages.

Les récents troubles à l’ordre public occasionnés par les effets des drames engendrés par la disparition des sequins et les attaques de Da Mondialus, semblent enfin commencer à inquiéter notre Doge et sa cour.

Mais je ne pense malheureusement pas que cela dépasse l’idée d’une relance… de son jeu de la chaise musicale percée pour se divertir et restimuler ses conseillers !

Hier encore, face à un attroupement de gens devant les grilles du Palais, venus protester contre l’enchérissement des denrées, et surtout du pain, la femme du Doge, d’ordinaire si prompte à se montrer proche du peuple et de ses souffrances (ce qui expliquerait qu’elle parle toujours à l’oreille gauche du Doge) s’est spontanément écriée « «S’ils ne peuvent s’acheter du pain, qu’ils s’achètent de la brioche !»« 

Quant au Doge, comme d’habitude, il balaie tous les embryons de critique sur une dérive princière de son pouvoir par son sempiternel «C’est légal parce que je le veux» !

Inutile de vous dire que les préoccupations de la cour se limitent actuellement aux spéculations sur le brillant avenir du jeune fils du Doge, Giovanni Da Ponte.

Il se murmure effectivement que le Doge préparerait ce dernier à sa succession, ce qui irrite plus d’un conseiller du Doge, peu regardants sur les dérives du pouvoir tant qu’ils espèrent en profiter et se poser en successeurs le moment venu.

A ce sujet, saviez-vous d’ailleurs que Francesco Orlanducci, le vieux chef de troupe des Pagliaci Di Scena s’est déclaré candidat à la candidature dogéale de 1612 ?

hollande

Nous risquons fort de nous amuser avec tous ces candidats à la succession de notre bon Doge !

La cour est d’ailleurs actuellement en ébullition car à l’occasion de la San Valentino, le Doge prépare une fête magnifique en l’honneur de son épouse.

saint-valentin

Il aurait même passé commande samedi dernier à la troupe « Nouveaux Pagliaci Anti-sequins » d’Olivio Bisiencenisti d’une pièce immortalisant sa rencontre mémorable avec Carlita Brunesca.

Les Pagliaci Di Scena se sont d’ailleurs dits offusqués de cette préférence pour leurs concurrents, qu’ils trouvent contraire à la tradition républicaine de Venise, dénonçant une fois de plus les dérives princières du Doge.

Quant à Olivio Bisiencenisti, il prétend que pour lui l’argent n’a pas d’odeur et qu’il en a drôlement besoin en ce moment pour financer le lancement de sa troupe, son objectif premier étant de supplanter les Pagliaci Di Scena dans le paysage vénitien et ensuite… advienne que pourra !

Le doge a donc un nouvel ennemi préféré…

Fabio Lauresti, de son alcôve au palais du Doge

h1

Au service secret de sa dogéité – Sebastian El Perfidio (VI)

7 février 2009

Sebastian El Perfidio

__

__

__

__Noble Doge,

Voici mon rapport sur les billets échangés et gazettes publiées dans votre noble Cité depuis mon dernier courrier.


Comme d’habitude, j’attends les sacs de sequins promis en échange de mes bons et déloyaux services…

Votre dévoué Sycophante, Sebastian El Perfidio, Espion pour le Doge de Venise, Taupe pour le roi de France, Epieur pour le Roi d’Angleterre, Mouchard pour le Grand Turc, Délateur pour le Pape, Infiltré pour l’Empereur Germanique, Mercenaire pour le Roi d’Espagne ….

 

Rapport au Doge : Période du 16 Janvier 1609 au 06 Février 1609

 

Les banquiers privés de banquets ? : Fabio Lauresti à la comtesse Lucia Di Ridero.

Le sacre d’Obamati raconté par LaReine : Article du Marianni Di Venice du 21 Janvier 1609 par Solène LaReine.

Nouvelles colonies : Carnaval de l’humour et renouveau : Fabio Lauresti à la comtesse Lucia Di Ridero.

Après la tentation de Venise, la non-tentation de Strasbourg  : De vous Ô Grand Prince de la plus belle des cités à Radota Tadi.

3 rois mages candidats, soit 2 de trop… : Francesco Braïni à la comtesse Lucia Di Ridero.

La peau de Nicolion Sarkolane De vous Ô Grand Prince de la plus belle des cités à Michella Allia Maro. :

Davos : Les portes du pénitent scié Du comte Marco Di Ridero à Lucas Quidami. :

Affectueusement vôtre Francesco Braïni à Giacomo Chiraccini. :

Bouh que cela m’agace ! Vicomtesse Laura Parisiana à vous Ô Grand Prince de la plus belle des cités. :

PAVLVS V BVRGHESIVS ROMANVS PONTIFEX MAXIMUS Du comte Marco Di Ridero à Lucas Quidami. :