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Un vengeur masqué de plus : le cavaliere mandarine

5 mars 2010

Venise Jeudi 04 Mars 1610,

Marinella,

J’aimerais que tu mènes des investigations sur ce mystérieux cavaliere mandarine qui s’amuse à coller dans les locaux de la guilde des lettres m’étant destinées.

Au besoin promets une prime à qui le démasquera. Ou fais appel à une boule de cristal ou au tirage des tarots. Enfin, je fais confiance à tes méthodes habituelles.

Voici la lettre de menaces qu’il m’avait envoyée il y a quelques mois. Je ne te l’avais pas confiée parce que je croyais à une farce de la part d’un jeune apprenti de fabrique éconduit se prenant pour Enrico Giulardi et je n’avais pas voulu t’alarmer à l’époque au vu du vilain torticolis persistant que tu avais contracté lors de ton voyage à Marseille. Mais là ses lettres deviennent de plus en plus fréquentes et sont même attendues avec avidité par nos fabricants. Cela ne peut plus durer.

Je te fais confiance une fois de plus, ne me déçois pas une fois encore, Ô Marinella !

Ton Francesco.


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Venise, Dimanche 29 novembre 1609,

Francesco,

Par la présente, je vous informe que face à la montée des périls j’ai décidé d’entrer en résistance.

Vous pouvez compter sur moi, le cavaliere mandarine, pour vous rappeler tous les jours que vous n’êtes qu’un infâme bonimenteur.

Vous me connaissez… ou peut-être pas… mais cela n’a aucune importance, car je ne suis que le porte-voix anonyme des fabricants que vous dupez depuis votre élection à la tête de la guilde il y a bientôt 3 ans. C’est à eux que je pense chaque fois que le rasoir du barbier effleure ma joue, encore imberbe il y a peu.

Oui, me voilà désormais homme, mais que ma plume juvénile ne vous trompe pas sur la nature de ma force : je suis aussi agile qu’une fouine, et comme elle, de par ma préférence alimentaire pour les rongeurs, j’exerce une sorte de police sanitaire, surtout contre les rats comme vous qui se nourrissent à tous les rateliers selon l’évolution de leurs intérêts.

Me voilà donc, Francesco, et je suis venu pour rester. Vous pouvez compter sur moi.


Cavaliere mandarine



PS : Mandarine je le suis de par ma jeunesse, mais même si je suis le moins acide parmi les agrumes, n’oubliez pas que je peux porter de nombreux pépins 

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Envers et contre tout, et rien qu’entre toi et moi !

18 novembre 2009

Mercredi 18 Novembre 1609,

Francesco mio,

Tu me connais bien mon joli coeur, je n’aime pas qu’on me marche sur les pieds !

Hier j’allais à la fabrique centrale de masques de notre guilde « Mystères, Ombres, Déguisements et Mystères » comme je le fais les jours où j’ai besoin de me faire louer par mes courti… heu mes fabricants préférés.

Et que vois-je en arrivant ? Mon fidèle Frère Hérético, se précipite vers moi et me fait son rapport de surveillance des fabricants.

Horreur ! Il m’apprend qu’un petit groupe de fabricants s’était retranché dans un atelier et fabriquait des masques non conformes à mes prescriptions !

Il y avait là l’ingrat Dupino, l’intrigante Di Cremoso, le duetto Cocobino, Lucia Di Ridero,  Fabio Lauresti, et même, en esprit, la très très ingrate (car je lui ai tout donné comme chacun le sait) Virginia Votinetti et sa bande de lutins masqués.

Jusque là rien que des sous-fifres, pas de quoi fouetter un chat, mais je faillis m’étouffer lorsque je vis dans le fond de l’atelier la félonne, la perfide, la sournoise Corina il Pagini !

Et que fabriquaient ces intrigants ? Des masques VERTS !

Une commande spéciale de Daniele Competito se défendaient-ils quand je leur ai ordonné d’arrêter, car c’est moi qui ordonne ici, que diable !

Il Pagini l’effrontée  m’a soutenu mordicus que les masques verts commandés par les Verdicce sont les seuls susceptibles de faire rebondir  notre guilde depuis que Competito a fait fortune lors de l’élection des représentants de Venise à l’assemblée des villes de foire d’Europe (où notre guilde s’est plant..euh comportée honorablement) !

Or, comme tu le sais, j’ai choisis pour la collection printemps-été 1610 de délicieux masques roses orangeâtres qui scelleront notre amitié nouvelle avec les Pagliaci di Scena, et je ne tolèrerais pas que des masques verts orangeâtres, limite couleur caca d’oie, sortent de nos ateliers, en tout cas, pas tant que je ne le déciderai pas !

Je sais que tu préfèrerais qu’on se passe de notre collection de masques cette année, car les coûts de fabrication se sont envolés et nous aurons besoin de cet argent pour nous démarquer lors du superbe carnaval de 2012, qui précèdera l’élection du Doge. Mais il ne faut tout de même pas que nous perdions la main d’ici-là et produire une petite centaine de masques ici ou là pour quelques fidèles clients nous permettra de maintenir quelque peu notre savoir-faire.

Reste à faire passer ce manque d’ambition auprès de nos fabricants… mais je compte sur tes talents oratoires.


Je compte aussi sur toi pour m’aider à ramener tous ces petits cloportes dans le droit chemin et t’occuper sérieusement de la Il Pagini qui commence sérieusement à échauffer mes exquises petites oreilles (pour lequelles tu m’as toujours louée…).

Quant à l’ingrat Gistani, qui intrigue avec elle et a quitté la guilde pour développer son projet de lampions alternatifs, je te garantis qu’il n’aura bientôt plus aucun client pour sa fabrique de lampions, tu sais combien j’ai bien appris de toi.

Ta Marinellounette fraîche comme une rose

Ps : L’hérético toujours prompt à fayoter pour gagner mes faveurs, m’a aussi fait part pêle-mêle d’informations insolites sur d’autres sous-fifres qui me font dire que Venise est dans une situation bien étrange ces temps-ci :

– Les membres de la confrérie familiale du « Jesus GRID ressuscité » seraient revenus dans le droit chemin et font comme s’ils ne nous avaient jamais fortement mis en cause toi et moi,

–  Francesca Bianca se serait faite attaquer par les paons du zoo de Venise,

– Gianfranco Democratico, ton fidèle serviteur, se livrerait en martyr et dans l’indifférence générale aux pires attaques de nos détracteurs,

– La princesse Mirabella, et c’est tout à fait plaisant, aurait perdu la mémoire à cause d’un philtre malencontreusement bu chez Melvina Silva la sorcière (et ne se souviendrait que d’une chose : ton nom, ce qui me fait m’interroger),

– Giacomo-Erico Branati, qu’on a connu beaucoup moins indulgent envers toi mon Francesco proposerait ses services pour nous aider à châtier cet Antonio Dupino à la langue bien pendue… etc.

Pauvre guilde….

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Doge de Venise, un metier difficile !

17 octobre 2009

portebillet  Dans le porte-billets du Doge, du 5 au 9 Octobre 1609

 Lundi 5 Octobre 1609,

 Divin Doge,

 Voici quelques centuries que j’ai rédigées ce matin afin de vous alerter des douloureuses divinations qui me hantent a votre propos :

 Centurie LIII

 Roi carnavalier injustement préféré au maître des eaux oublié

Se verra honoré par aréopage des sages mondiaux

Grand chantre de la paix il sera désigné

Maitre des eaux marri se retrouvera bientôt

 Centurie LXV

 Ministre cultivé cultivera problèmes

Indigènes lointains remonterons du passé

Citoyens indignés lui jetteront l’anathème

Piteusement défendra son honneur bafoué

 Nostramincus, devin officieux de sa dogéité

 Alain Minc

 

 Mardi 6 Octobre 1609,

 Fooooooooooormidable Doge,

 Pouvez-vous m’aider à raisonner Francesco Braïni, vous qui le connaissez malgré tout si bien ?

 A la fabrique de Masques, Ombres, Déguisements Et Mystères, nous nous demandons ce qu’il veut vraiment : alors que nous n’avons pas encore pu refourguer la collection de masques bleus de 1606 que l’Union des Marchand de Poignards nous avais commandés, il m’avait ordonné  en juillet d’accepter une commande de masques rose-orangés de la part des Pagliacci di Scena.

Alors je fais travailler mes fabricants à plein régime, comme d’hab’ je dégomme les récalcitrants, je vitrifie les hésitants, et je musèle les indécis…  et que m’annonce-t-il ce matin ?

 « Marin’ (il m’appelle Marin’ en privé) laisse choir les masques roses, les masques verdâtres rapportent plus, on change la collection !».

 Comment vais-je annoncer aux Pagliacci, qui m’ont promis monts et merveilles, que nous allons ainsi aller au plus offrant ? Je me sens parfois si faible…

 Marinella Di Sarnofio, bleue, orange, rose, verte

sarnez

 

 Mercredi 12 octobre1609,

 Doge, mon paute

 Y en a mare, marre, marrrre !

 Fou donk en taule Fabio Lauresti et Lucia Di Rrridérrrro.

 Il ecrive dé bilé ilyzibleux qui marrache les zyeu

 Si ca kontinus ze vé me fachais tou rrrrrouje !

 Si tu fé pa sa ze shante sous ta fenaîtreu, crrrroââ !

 Bambino Crapino de la laguna marecagiosa

 crapaud

 

Jeudi 13 Octobre 1609,

 Bonsooooooooooooir Ô toi doge lumineux qu’on voit briller au firmament des princes, prince d’une cité millénaire et magnificence suprême de la lagune !

 Je sais, j’aurais dû mieux vous prévenir que j’adoooore les jeunes étrangers à Venise.

Les voir batifoler dans la lumière du matin me mets dans un état d’exci euh d’exégèse proche de l’orgas euh l’organique joie interne.

 Pouvoir les palp euh leur parler est un ravissement. Jeunes, Vieux, Jeunes, Jeunes, Jeunes vous le voyez je les aime tous !

 Vous trouverez en moi toujours le plus perv euh permanent soutien de votre dogiété fabuleuse, alors ne me répudiez pas pour mon amour des belles et jeunes choses.

 Je ne veux pas mourir à Venise !

 Fédérico Mitterano, satyr… euh satisfait

Frédéric-Mitterand

 

 Vendredi 9 octobre1609,

 Papounet,

 J’hésite vraiment… plus trop beaucoup encore.

 Quand tu m’as proposé le poste de conseiller au Parlement des Eaux de Venise, j’ai été fou de joi-eu !

Quand tu m’as proposé le poste de chef du groupe de l’Union des Marchands de Poignards au parlement des eaux de Venise, j’ai été ravi-eu !

Mais là, président de la chambre de commerce de la Sérénissime, à 23 ans, j’hésite vraiment-euh…

 Franchement tu m’avais habitué à mieux pour moi, ton fiston adoré-eu !

Oser me nommer par le « fait du Doge » à un poste honorable certes mais non rémunéré en sequins sonnants et trébuchants, tu te moquerais pas de moi par hasard-eu ?

 A quoi bon être le prince Giovanni pour être traité comme un manant ? Vraiment papounet si tu ne fais pas quelquechose, il est très possible que je me mette à trépigner et à retourner à mes chères études ! Tu auras été prévenu-eu…

 Prince Giovanni Da Ponte

jean sarkozy

 

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L’orange roseâtre de Septimanie

8 septembre 2009

ambiance-fete

Voici le récit de la fête annuelle de la guilde des fabricants de Masques, Ombres, Déguisements Et Mystères qui s’est déroulée dans une ambiance rose bonbon acidulée, dans une ville de Septimanie située en bord de mer.

Votre serviteur était invité à s’exprimer devant les fabricants de la guilde, ce qu’il a d’ailleurs fait avec brio, si ce n’est les passages que Francesco Braïni lui a gentiment demandé de retirer car trop acides à son goût.

J’ai été très applaudi par l’assistance, ce qui m’a ravi.  C’est quand même dommage car mes propos initiaux étaient encore plus amusants, je vous l’assure, mais quand le chef de guilde exige, nous nous exécutons.

Voici le compte-rendu des propos entendus ou supposés lors de cette inoubliable fête :


Les Regrettés car absents :

Il Barone Del Torchetti: “Une fête sans Catharina Dal Masio ne saurait être une fête ! ”

Enrico Giuliardi : “Aucun article du règlement intérieur de la guilde ne prévoit ce genre de festivités, que je n’honorerai donc pas de ma présence”

Giacommo Cauvière (très prosaïque) : “Pas eu le temps de venir, trop occupé mais je ne me faisais aucune illusion de toutes façons”

Guillermo Di Casanogon : « Pendant qu’ils sont en Septimanie,  je reste à Venise m’occuper de leur femmes »

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Ervino Jacobi :  « Le souci de toutes façons, c’est Marinella ! »

Adora Toumo : “Moi je ne pouvais pas laisser mon canasson tout seul !”

Les fêtards de la guilde

Francesco Braïni : “Vive le théâtre ! vive la commedia dell’ arte ! La prochaine collection de la guilde que nous définirons lors de notre future réunion de travail chez notre vice-chef de guilde le baron GianMaria Von Clakendistonitulesaxetropinitonenberg sera composée de masques d’Arlequin et de Polichinelle. Comme cela nous pourrons monter sur scène avec les Pagliaci Di Scena, histoire de relancer la guilde avec cette collaboration artistique inédite ”.

Marinella Di Sarnofio : “Auprès de Vincenzo Peilloni, Roberto Ugine et Daniele Competito j’ai passé un été FOOORRRRMMMIIIIDDDDAAAABBBBBBLLLLLE !!”

Corinna Il Paggini : “Cette guilde pourrait faire des masques encore plus jolis, pour peu qu’on écoute les fabricants”

Francesco Fiori : « J’aime user d’un langage fleuri quand je parle de belles plantes « 

Baron GianMaria Von Clakendistonitulesaxetropinitonenberg : “Ayez confiance, moi vivant, la guilde sera mon gagne-pa… euh mon idéal”

Le duo Cocobino : “Chaton, c’était pourri comme fête, on ne reviendra plus !

Christo Gistani : “J’ai mis un de mes lampions près de mes yeux et tout d’un coup la lumière m’est apparue, la guilde n’est pas en réalité ce que je pensais et ses chefs sont promoteurs de procédés de fabrication archaïques, je le ferai savoir !”

Geronimo Charreti : “Moi et mon copain Michele Hinardi , nous avons surtout apprécié la taverne , hips ! ”

Chantinella Portusola : « Peuchère, Mon beau Francesco m’a confié la mission de compter les serpentins du stock de la guilde, que je suis contente, que je suis flattée, que je me sens investie, quelle lourde responsabilité qui me revient, quelle personne importante je deviens ! »

Serpentins

Enrico Il Piccolino Rosso (s’adressant aux fabricants) : “Marinella, Marinella, Marinella, Marinella,, Marinella, Marinella, Marinella, Marinella  !” , “J’ai bon là ?”,

Thomassone Cortegiano : “Toutes ces personnalités ! je ne savais plus où donner de la brosse à reluire”

Frère Hérético : “Cortegiano, c’est moi le courtisan officiel, imposteur !”

courtisan

Nicolo Mansinetti : “Sans jouer l’avocat du diable, la commission de création des masques a-t-elle été consultée ?”

Giacomo-Enrique Strossi : “ Et après tout, qu’est-ce qu’un mensonge? La vérité sous le masque..”   (Byron)

Les membres de la confrérie de « Jesus GRID ressuscité » : « Braïni ne s’en sortira pas sans que notre toucher mystique lui montre le chemin… »

Fabio Lauresti : “Où es la délicieuse Francesca Bianca ?”

Lucia di Ridero : “J’ai trouvé dans un coin une cravache dorée, hum j’en frémis d’avance…”

Bambino Crapino de la laguna marecagiosa : “Tant que je garde mon masque de gros méchant, on ne s’apercevra pas qu’en réalité je suis un gamin juste un peu insolent”

Francesca Bianca : “Quel faux-cul cette Marinella !”

Princesse Mirabella : “Je reste dans la guilde et je re-signe !”

Faustina Sediro, Claudio Skeptikosi et Christophio Technezisto : “Hélas, Hellas !”

Norina Cortegiano : “Moi je savais tout ce qui allait se passer, et tout ce qui allait se dire. Mais si ! je t’dis que je savais ! ”

Rometino Lucci et sa bande de joyeux drilles : « Vive le vin de Septimanie, hips ! ”

Virginia Votinetti et sa bande de lutins masqués : « Engagez vous, à vous engager dans un engageant engagement, youpiii ! ”

Christophio Cineuko : “Bande de gros pouilleux ! ”

Et enfin le mot de la fin :

Francesco Sabieri di Penalti, toujours aussi épanoui au Comité d’Ethique et d’Hygiène Corporelle de la guilde : “C’était une très belle fête, s’il y en a un qui dit le contraire je m’en vais le convaincre en toute fraternité !”

Gianfranco Canio, Gazette Marianni Di Venice du 08 Septembre 1609

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Les nouveaux habits de Marinella

7 septembre 2009

Comedia

Lettre à la princesse Mirabella

Mercredi 26 août 1609,

Chère cousine,

Je reviens à Venise après mon long séjour chez vous à Florence et je découvre qu’après sa  liaison passionnée de l’année dernière avec l’acteur Bertolomio Delonaionne de la troupe “Pagliacci di Scena”, Marinella di Sarnofio aurait, finalement jeté son dévolu sur la troupe entière !

Je vous rassure, pas charnellement ! Mais il s’avère que la troupe était en court de financements et qu’elle a dû se contraindre à se faire prêter à titre gracieux des costumes de scène auprès de Marinella pour remplacer ses oripeaux.

rose-orange

Quelle surprise ! Je suis moins étonnée de l’attitude désintéressée de Marinella, pourtant d’ordinaire toujours prête à remplir les caisses de notre confrérie, que du changement d’attitude des Pagliaci, d »habitude si véhéments envers notre guilde ! Ils préféraient jusqu’à présent s’approvisionner auprès des Verdicce, la Confrérie des marchands d’épices, d’herbes médicinales et d’objets ésotériques, qui leur tissaient de jolis costumes pour arrondir leurs fins de mois difficiles, mais ces derniers ont vu récemment leurs ventes  de gris-gris croître de manière surprenante et ne veulent désormais plus honorer leurs engagements.

Il faut avouer que le commerce de gris-gris rapporte beaucoup depuis que les attaques de Da Mondialus se sont intensifiées, ce dernier n’hésitant désormais plus à empoisonner bêtes et points d’eau pour terroriser la population

Je présume que les motivations de Marinella résident dans sa volonté d’accroître la notoriété de notre Guilde, car elle n’a pas hésité à faire connaître ce beau geste à la population de Venise, mettant en avant le scandale que représenterait l’indigence d’une si illustre troupe dévouée à son divertissement, en comparaison avec l’opulence des jeux et festivités organisés au palais dogéal.

Certaines mauvais langues n’hésitent d’ailleurs pas à dire que Francesco Braïni s’étant amouraché de Gigi l’Amorosa, une petite comédienne de la troupe aux moeurs légères, il aurait chargé Marinella de lui offrir, aux frais de la guilde, un joli costume de Colombine coupé dans le meilleur tissu, et qu’il ne s’interdirait pas d’assister personnellement aux prochaines répétitions de la troupe pour être plus proche de sa dulcinée.

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Ce qui  me fait penser que « faire la charité c’est bien. la faire faire par les autres, c’est mieux. On oblige ainsi son prochain sans se gêner soi-même ».

Comtesse Lucia di Ridero, sur le pont des surprises

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Idylle Parisienne

8 novembre 2008

les_jeux_de_l_amour_et_du_hasard-2

 

 

 

Samedi 8 Novembre 1608,

Chère Melina,

 Vous allez rire : Marinella di Sarnofio aurait dit-on, eu une liaison avec l’acteur Bertolomio Delonaionne de la troupe « Pagliacci di Scena » et se serait même envolée avec lui vers la ville des lumières, Paris !

 Hérésie amoureuse

 

Ceci n’est pas avéré. Tout au plus pourrais-je suspecter un amour sans retour de la part de Marinella, éblouie par la prestation de Bertolomio dans le rôle de Pierrot la saison dernière.

Je sais que ce dernier, malgré son apparence lunaire sur scène n’est en réalité guère tendre et n’a pas hésité à repousser abruptement les avances de Marinella, malgré un début de cour avéré.

 

 Je dois cependant avouer que Marinella n’est pas douée pour l’amour courtois, n’ayant jamais su vraiment exprimer comme il se doit ses sentiments envers Bertolomio, personnage à la fois sensible, fier et arrogant.

 

 Tout cela me fait penser que les jeux de l’amour et du hasard sont bien compliqués… ou alors est-ce vos filtres d’amour qui sont les responsables ?

 

 Comtesse Lucia di Ridero, sur le pont des soupirs

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Une soirée si féerique !

5 novembre 2008

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Mercredi 5 Novembre 1608,

 

 

Chère Comtesse Di Ridero,

 Je ne vous remercierais jamais assez de m’avoir spécialement invité au Palazzio di Maschere pour la soirée festive du 4 novembre.

 http://www.francedemocrate.info/spip.php?article625

 Ce ne sont pas moins de 2000 vénitiens qui se sont déplacés à un moment ou à un autre au Palazzio, avec parfois des pointes à 800 personnes en même temps !!!

 Saucisses, maïs grillé et autres fantaisies venaient agrémenter cette soirée honorée par la présence de notre merveilleux Francesco Braïni et la délicieuse Marinella di Sarnofio, apparus comme par enchantement avec les douze coups de minuit.

 Que de lumières, de douces paroles, de magnifiques invités, vraiment tout était parfait !

 Et l’animation ! Que dire de l’animation qui ne soit en deçà de la vérité ?

 Soeur Catherina Dal Masio était lumineuse, toujours à l’affût des premiers résultats venant du nouveau monde, Christo Gistani était d’une rare efficacité, mêlée de sa discrétion habituelle…

 Notre chef bien aimé, a comme à son habitude, bien analysé la situation et a même fait des confidences à propos de son enfance qui montrent qu’avant d’être le chef de « Mascarades Ombres, Déguisements Et Mystères« , c’est avant tout un homme sensible, humaniste, qui mériterait d’être prochainement élu à la fonction de Doge.

 http://www.francedemocrate.info/spip.php?article626 

Je ne vous ennuierai pas davantage avec les louanges répétées que je pourrais adresser  à tous les présents, dont vous fîtes naturellement partie, très chère Comtesse.

Votre très humble et dévoué serviteur,

 Thomassone Cortegiano, de sa petite chambre avec vue sur la lagune