Posts Tagged ‘Justice’

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Prières à la Dame de Fer et d’Argent

14 janvier 2009

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__ Mercredi 13 Janvier 1609,

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Très Noble Dame,

Nous sommes de malheureux pêcheurs qui ne méritent même pas votre attention.

Nous voulons néanmoins vous faire parvenir ces quelques lignes pour vous témoigner notre espoir en votre miséricorde à l’occasion de votre nomination à la tête de la Giustizia Vecchia :

Nous vous saluons, Radota, pleine de Grâce, le Seigneur et le Doge sont avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de vos entrailles est béni.

Priez pour nous, pauvres pêcheurs, maintenant que nous sommes en prison et à l’heure lointaine de notre sortie

Chaleureux refuge des pêcheurs, nous avons recours à vous aujourd’hui, nous, les plus misérables de tous, pour alléger nos souffrances à défaut de les supprimer.

Vous ne connaissez naturellement pas toutes les difficultés physiques et morales que nous devons affronter entassés à plusieurs dans nos cages à supplices.

Nous vous recommandons notre âme, spécialement les prisonniers novices, qui sont amenés à suivre de plus près notre bel exemple à force de nous cotoyer dans ces enclos.

Mère bénie, assistez-nous dans nos besoins vitaux quotidiens non assouvis

Mère bénie, ne nous fermez pas les bras, nous poussant ainsi vers l’au-delà, dans lequel certains se précipitent par désespoir .

De grâce, regardez avec bienveillance les malheureux qui implorent votre puissante protection !

Attirez-nous près de votre cœur, pour que nous puissions comprendre avec vous la beauté et la joie qui vous attend, quand le Tout-puissant Doge vous appellera à la cour pour vous constituer témoin de son amour pour la gent humaine.

O Radota, obtenez-nous de pouvoir nous réjouir avec vous en voyant que l’amour de son prochain suscite accueil, écoute adéquate et réponse adaptée.

O Radota, nous remettons notre cause entre vos mains délicates et ornées de milles bagues aussi somptueuses qu’ evanescentes.


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Accueillez nos prières et doléances et – nous vous en conjurons, unis à vous en un seul cœur – présentez-les devant le Doge votre protecteur ici-bas.

Vous pouvez compter sur nous :

Nous ne trahirons plus que par appât du gain, nous le promettons

Nous ne médirons plus que de nos anciens amis, nous le promettons

Nous serons toujours avides de postes et d’honneurs sauf si c’est pour avoir un repas chaud et quelques sequins sonnants et trébuchants.

Nous serons toujours aussi vils et sournois sauf si c’est pour servir la gloire du Doge Da Ponte.

Nous plaçons en vous toutes nos espérances, tout notre Salut. Agréez-nous pour vos serviteurs et recevez-nous sous votre douce protection, ô Mère des miséricordes.

Ervino Morino au nom des Nuevi Carnavalieri

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La justice est à la mode.

8 janvier 2009

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__Jeudi 8 Janvier 1609,

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Mon cher Doge,

 

J’aimerais vous remercier pour votre visite de lundi, vos mots fleuris et vos chocolats amers.

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Les bontés dont votre dogéité me comble me ravissent l’âme.

J’ai réfléchis à l’offre spontanée que vous m’avez faite de mettre mes qualités au service de la divine Justice, en me nommant à la tête de la Giustizia Vecchia, son pendant ici-bas.

Je sais que l’immaculée conception de mon enfant témoigne de la bénédiction des cieux envers mon humble personne et par conséquent envers Venise toute entière, bénie parmi toutes les Nations du monde.

C’est ainsi que je ne peux qu’accepter votre offre et me réjouir par avance de pouvoir incarner charnellement aux yeux des Vénitiens cette femme imposante, aux formes épanouies, portant le glaive et la balance.

Pour ce qui est des yeux bandés, mon intuition, guidée par le doigt de Dieu (aidée aussi par quelques séances efficaces de Question), me permettra de démêler le vrai du faux, de confondre et châtier le coupable et de défendre l’innocent, si rare de nos jours.

Mes dons vous permettront ainsi d’économiser sur le budget de fonctionnement de la Giustizia Vecchia, dont la majorité des juges sont des incapables, perdant leur temps en d’interminables enquêtes, de minutieuses investigations et l’élaboration de tonnes de dossiers qui ne servent à rien, sinon à les engraisser et empêcher la Vérité d’éclater dans toute sa splendeur.

Cette Vérité qui se doit d’être simple et compréhensible pour le commun des mortels, cette âme modeste qui nous est la plus chère, car la plus fervente à notre égard.

Oui, je veux bien incarner charnellement cette divine Justice, car comme vous me l’avez dit à juste titre « la Justice, c’est comme la Sainte Vierge, si elle n’apparaît pas de temps en temps, le doute s’installe ! ».

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N’ayant pas sous la main notre Sainte Vierge, votre regard s’est donc porté sur moi, bénie parmi toutes les Vénitiennes, auréolée de la lumière divine de la réussite. Comment pourrait-il en être autrement ?

Par contre, je me dois de vous questionner au sujet des effets prévisibles de l’efficacité de mon action : que faire avec tous ces coupables désignés par le doigt de Dieu et soumis à son courroux, dont je serai le ferme bras séculier ?

Avec tout mon respect pour votre action passée et présente dans ce domaine, je crains cependant que nos prisons ne soient pas assez nombreuses pour abriter tous ces condamnés, qui se donnent d’ailleurs un malin plaisir, une fois emprisonnés, à s’entraîner mutuellement dans la déchéance, et à répandre le péché dans Venise leur peine une fois accomplie.

N’auriez-vous pas quelque intérêt à accroître le nombre de vos galères dans votre lutte contre Da Mondialus pour résoudre cette question ? Mieux vaut être prévoyant que de livrer définitivement notre noble République à la dépravation sous toutes ses formes.

 

Je dois vous laisser, je vais d’emblée me procurer quelques petits habits seyants d’apparat pour mon intronisation dans mes nouvelles fonctions, enfin, si vous la confirmez bien sûr.

Votre dévouée,

 

 Radota Tadi, devant sa garde-robe

 

 

 

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Une naissance miraculeuse

6 janvier 2009

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__Chers lecteurs,

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Je reviens sur un fait qui ne vous est pas inconnu, puisque le tout Venise en parle : la naissance de l’enfant de Radota Tadi, éminente juriste à l’Union des Marchands de Poignards, qui, selon les dires de certains fervents croyants, aurait été conçu de manière immaculée et auquel ils vouent par conséquent un véritable culte.

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Ne croyant pas pour notre part au dogme de l‘immaculée conception, nous sommes partis enquêter auprès d’éminentes personnalités de Venise afin d’essayer d’élucider le mystère de la paternité de cet enfant. Nous vous livrons leurs déclarations ci-dessous.

Nous tenons bien entendu à vous rassurer en vous disant que la mère et l’enfant se portent bien.


Union des Marchands de Poignards

Sabieri Bertrani : « Si le Doge le demande, alors je veux bien être le père »

Gianno Copi : « J’ai 7 alibis pour ce soir là »

Edouardo Balladurio : « J’ai essayé avec madame Tadi » mais elle m’a répondu « Je vous demande de vous arrêter ! »

Giovanni-Pietro Raffarino : « La route était longue mais seule la pente fut raide »

Francesco Filli : « J’ai trop mal au dos pour ce genre de galipettes »

Michella Allia-Mario : « Nous attraperons le Coupable »

Christina Di Garda : « Je garantis qu’aucune bourse vénitienne n’est en faute »

Dominico Di Villapini : Comme il est dit dans la Bible : «  »Je tiens mon âme en paix et en silence, comme un enfant contre sa mère. »

Paliacci di Scena

Lorenzo Fabioso : « Je veux bien être responsable de l’enfant, mais pas coupable de l’avoir fait »

Beneditto Hamonetti : « Si je reconnais l’enfant, on me donne quel poste ? »

Martina Obroni : « Accoucher en moins de 35 heures en 1609 ? pffft !!! »

Bertolomio Delonaionne : « Si c’est une plaisanterie, elle est de mauvais goût ! »

Dominico Strausskani : « Un enfant avec une certaine Radota ? Laquelle ? j’ai « présenté mes hommages » à 12 Radota, rien que cette année »

Solène LaReine : « Pas de père ? Et si c’était un bébé du Saint Esprit Participatif ? »

Mascarade, Ombres, Déguisements Et Mystères

Francesco Braïni : « Vous êtes dans un système de pensée qui tendrait à prouver qu’on peut être le père, ou ne pas l’être … Il y a pourtant une troisième voie »

Marinella Di Sarnofio : « Nous devons assumer ensemble ce bébé démocratiquement conçu »

Il Barone Del Torchetti : « Si elle avait porté un masque de Catharina Dal masio, pourquoi pas, mais là…. »

Gianni Perlovatto : « Etant donné que la conjoncture économique vénitienne fut défavorable , je n’ai pu préconiser de renforcer nos actions sur les bourses de commerce »

Thomassone Cortegiano : « Moi, Braïni ne m’a rien demandé, alors je n’ai rien fait »

Norina Cortegiano : « Moi je sais qui c’est , mais je le dirai pas… Mais si , je te dis que je sais qui c’est ! »

Nicolo Mansinetti : « Sans jouer l’avocat du diable, qui vous dit que cet enfant a été voulu par le père ? « 


Giacomo-Enrique Strossi : « C’est facile d’attraper un bébé tigre, il suffit d’entrer dans l’antre du tigre.  » (proverbe chinois)


Stevio Coupa : « Il n’est pas de moi et c’est dommage pour lui »


Christo Gistani : « Il est beau, intelligent et doué ce petit, il est peut-être de moi finalement »


Adora Toumo : « En droit, le père est en faute ! »


Giacommo Cauvière : « Montons une association d’aide aux enfants nés de père inconnu »


Ervino Jaboci : « Il est où le père pour que je me le fasse ?!  »


Lorenzo Adamo : « Quel Fanfaron ce père, mais il doit être très attachant ! « 


Faustina Sediro et Christophio Technezisto : « Le père ? C’est sûrement pas un Hèllene… »

Verdicce

Daniele Competito : « Elle a accouché dans les arbres ? Non ? alors il n’est pas de moi… »

Nouveaux Pagliaci Anti-sequins

Olivio Bisiencenisti : « Encore un fardeau qu’on veux mettre sur le dos des travailleurs ! »

Nuovi Carnavalieri

Ervino Morino : « je ne trahirai jamais mon épouse , la trahison ce n’est pas mon genre »

Personnalités inclassables :

Enrico Giuliardi : « L’article 56 alinéa 6-b de la Constitution de Venise m’empêche d’avoir des relations avec une marchande de poignards et je mets quiconque au défi de démontrer le contraire, sous peine de poursuites judiciaires »

Sebastian El perfidio : « Moi je ne fais que des enfants dans le dos, alors c’est pas moi ! »

Ibn El Farid Bentahar El Andaloussi dit Farido El Magnifico  : « Je suis contre Rada Tadi, je suis contre le Doge, je suis contre Braïni, je suis contre les bébés, je suis contre les enfants, je suis contre les journalistes ! Ceci posé , quelle est la question ? « 

Bernard le Gouailleur Tapice : « Le bébé je te le reprends pour 1 sequin et je le revends dans 10 ans une fortune à un négrier »

Saint Bernard Pie-Paul Kouchneri : « Eh quoi monsieur ? Vous remettez en cause le droit d’ingérence dans la chambre des dames ? »

Carlita Brunesca : « Quelqu’un m’a dit que c’est le frère de mon Doge« 

Melvina Sylva (dans sa boule de cristal) : « Je vois , je vois…. euh je préfère ne pas voir »

A l’étranger :

Borackio Obamati : « Elle m’a dit , « fais-moi un enfant », j’ai répondu naturellement : « Oui je le peux ! » »

Le mystère reste entier….

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Gianfranco Canio, Gazette Marianni Di Venice du 06 Janvier 1609

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Fable vénitienne : Le Doge et le chroniqueur

4 décembre 2008

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Librement inspiré d’une fable qui sera écrite 60 ans  plus tard par un auteur de génie

 

 

 

 

 La raison du plus fort est toujours la meilleure ;

Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un chroniqueur en famille se reposait en ses appartements

Quand soudain des gendarmes dogéaux s’introduisirent prestement

– Qui vous rend si hardi de faire des commérages ?

Vos chroniques montrent les gens à leur désavantage.

Le Doge l’a ordonné, tu seras bien châtié !

– Gendarmes transmettez donc à sa dogéité

Que sa colère s’apaise car je suis innocent !

Mes chroniques ne troublent sa grandeur aucunement

– Tu la troubles, reprit le chef d’un ton accusateur

Et il sait que de lui tu médis à toutes heures

– Comment l’aurais-je fait si je n’écrivais pas ?

Les propos sont tenus par d’autres personnes que moi !

– Si ce n’est toi, tu as, vil scribouillard, laissé faire d’autres gens

– Je ne l’ai point fait, je suis dans cette affaire, on ne peut plus tout blanc

– Même si ce n’est pas toi, tu prendras pour les autres

Car vous n’épargnez guère notre Doge si merveilleux

Vous, vos sous-fifres et autres journaleux

Il faut, il nous l’a dit, qu’il se venge sur vous

Car seule une punition apaiserait son courroux

Là-dessus au fond d’une geôle, le chroniqueur est violemment jeté

Insulté, menotté et entièrement fouillé

Le doge à beau s’émouvoir des pratiques de ses subordonnés

Le climat de Venise encourage les dérives sans autre forme de procès.

 

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Décret Dogéal du 2 Décembre 1608 dit «Décret du casse-toi, p’tit con !»

2 décembre 2008

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MOI, Nicolo Da Ponte, Doge de la Sérénissime Venise jusqu’en 1612, et Doge à vie si les auteurs de ces chroniques respectaient les réalités historiques (ce qui a toujours le don de m’agacer d’ailleurs)

Attendu que :

1) Certains garnements ont jeté des pierres contre les fenêtres du Palais des Doges pendant que j’admirais ma collection de montres

2) Certains garnements ont fait du bruit dans les rues pendant que je me reposais dans mes appartements

3) Certains garnements sont venus mendier pendant que je soupais dans mon jardinet privé

4) Que ces garnements sont certainement issus de la lie du peuple

5) Que ces enfants deviendront un jour des individus de grande taille, me revulsant par conséquent au plus haut point

6) Qu’il vaut mieux prévenir que subir

Décrète :

Article 1

Tout enfant de roturier, quel que soit son âge, aura le choix entre croupir dans les geôles infâmes de la Sérénissime ou d’être enrôlé avec le sourire dans les fabriques de l’Union des Marchands de Poignards.

Article 2

Tout Vénitien se prénommant Dominico Di Villapini et exerçant la profession publique d' »arracheur de masques » devra, quelque soit son âge et sa condition sociale, respecter l’article 1.

Le Doge, Nicolo Da Ponte, en sa grande mansuétude

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