Posts Tagged ‘PS’

h1

Envers et contre tout, et rien qu’entre toi et moi !

18 novembre 2009

Mercredi 18 Novembre 1609,

Francesco mio,

Tu me connais bien mon joli coeur, je n’aime pas qu’on me marche sur les pieds !

Hier j’allais à la fabrique centrale de masques de notre guilde « Mystères, Ombres, Déguisements et Mystères » comme je le fais les jours où j’ai besoin de me faire louer par mes courti… heu mes fabricants préférés.

Et que vois-je en arrivant ? Mon fidèle Frère Hérético, se précipite vers moi et me fait son rapport de surveillance des fabricants.

Horreur ! Il m’apprend qu’un petit groupe de fabricants s’était retranché dans un atelier et fabriquait des masques non conformes à mes prescriptions !

Il y avait là l’ingrat Dupino, l’intrigante Di Cremoso, le duetto Cocobino, Lucia Di Ridero,  Fabio Lauresti, et même, en esprit, la très très ingrate (car je lui ai tout donné comme chacun le sait) Virginia Votinetti et sa bande de lutins masqués.

Jusque là rien que des sous-fifres, pas de quoi fouetter un chat, mais je faillis m’étouffer lorsque je vis dans le fond de l’atelier la félonne, la perfide, la sournoise Corina il Pagini !

Et que fabriquaient ces intrigants ? Des masques VERTS !

Une commande spéciale de Daniele Competito se défendaient-ils quand je leur ai ordonné d’arrêter, car c’est moi qui ordonne ici, que diable !

Il Pagini l’effrontée  m’a soutenu mordicus que les masques verts commandés par les Verdicce sont les seuls susceptibles de faire rebondir  notre guilde depuis que Competito a fait fortune lors de l’élection des représentants de Venise à l’assemblée des villes de foire d’Europe (où notre guilde s’est plant..euh comportée honorablement) !

Or, comme tu le sais, j’ai choisis pour la collection printemps-été 1610 de délicieux masques roses orangeâtres qui scelleront notre amitié nouvelle avec les Pagliaci di Scena, et je ne tolèrerais pas que des masques verts orangeâtres, limite couleur caca d’oie, sortent de nos ateliers, en tout cas, pas tant que je ne le déciderai pas !

Je sais que tu préfèrerais qu’on se passe de notre collection de masques cette année, car les coûts de fabrication se sont envolés et nous aurons besoin de cet argent pour nous démarquer lors du superbe carnaval de 2012, qui précèdera l’élection du Doge. Mais il ne faut tout de même pas que nous perdions la main d’ici-là et produire une petite centaine de masques ici ou là pour quelques fidèles clients nous permettra de maintenir quelque peu notre savoir-faire.

Reste à faire passer ce manque d’ambition auprès de nos fabricants… mais je compte sur tes talents oratoires.


Je compte aussi sur toi pour m’aider à ramener tous ces petits cloportes dans le droit chemin et t’occuper sérieusement de la Il Pagini qui commence sérieusement à échauffer mes exquises petites oreilles (pour lequelles tu m’as toujours louée…).

Quant à l’ingrat Gistani, qui intrigue avec elle et a quitté la guilde pour développer son projet de lampions alternatifs, je te garantis qu’il n’aura bientôt plus aucun client pour sa fabrique de lampions, tu sais combien j’ai bien appris de toi.

Ta Marinellounette fraîche comme une rose

Ps : L’hérético toujours prompt à fayoter pour gagner mes faveurs, m’a aussi fait part pêle-mêle d’informations insolites sur d’autres sous-fifres qui me font dire que Venise est dans une situation bien étrange ces temps-ci :

– Les membres de la confrérie familiale du « Jesus GRID ressuscité » seraient revenus dans le droit chemin et font comme s’ils ne nous avaient jamais fortement mis en cause toi et moi,

–  Francesca Bianca se serait faite attaquer par les paons du zoo de Venise,

– Gianfranco Democratico, ton fidèle serviteur, se livrerait en martyr et dans l’indifférence générale aux pires attaques de nos détracteurs,

– La princesse Mirabella, et c’est tout à fait plaisant, aurait perdu la mémoire à cause d’un philtre malencontreusement bu chez Melvina Silva la sorcière (et ne se souviendrait que d’une chose : ton nom, ce qui me fait m’interroger),

– Giacomo-Erico Branati, qu’on a connu beaucoup moins indulgent envers toi mon Francesco proposerait ses services pour nous aider à châtier cet Antonio Dupino à la langue bien pendue… etc.

Pauvre guilde….

Publicités
h1

Doge de Venise, un metier difficile !

17 octobre 2009

portebillet  Dans le porte-billets du Doge, du 5 au 9 Octobre 1609

 Lundi 5 Octobre 1609,

 Divin Doge,

 Voici quelques centuries que j’ai rédigées ce matin afin de vous alerter des douloureuses divinations qui me hantent a votre propos :

 Centurie LIII

 Roi carnavalier injustement préféré au maître des eaux oublié

Se verra honoré par aréopage des sages mondiaux

Grand chantre de la paix il sera désigné

Maitre des eaux marri se retrouvera bientôt

 Centurie LXV

 Ministre cultivé cultivera problèmes

Indigènes lointains remonterons du passé

Citoyens indignés lui jetteront l’anathème

Piteusement défendra son honneur bafoué

 Nostramincus, devin officieux de sa dogéité

 Alain Minc

 

 Mardi 6 Octobre 1609,

 Fooooooooooormidable Doge,

 Pouvez-vous m’aider à raisonner Francesco Braïni, vous qui le connaissez malgré tout si bien ?

 A la fabrique de Masques, Ombres, Déguisements Et Mystères, nous nous demandons ce qu’il veut vraiment : alors que nous n’avons pas encore pu refourguer la collection de masques bleus de 1606 que l’Union des Marchand de Poignards nous avais commandés, il m’avait ordonné  en juillet d’accepter une commande de masques rose-orangés de la part des Pagliacci di Scena.

Alors je fais travailler mes fabricants à plein régime, comme d’hab’ je dégomme les récalcitrants, je vitrifie les hésitants, et je musèle les indécis…  et que m’annonce-t-il ce matin ?

 « Marin’ (il m’appelle Marin’ en privé) laisse choir les masques roses, les masques verdâtres rapportent plus, on change la collection !».

 Comment vais-je annoncer aux Pagliacci, qui m’ont promis monts et merveilles, que nous allons ainsi aller au plus offrant ? Je me sens parfois si faible…

 Marinella Di Sarnofio, bleue, orange, rose, verte

sarnez

 

 Mercredi 12 octobre1609,

 Doge, mon paute

 Y en a mare, marre, marrrre !

 Fou donk en taule Fabio Lauresti et Lucia Di Rrridérrrro.

 Il ecrive dé bilé ilyzibleux qui marrache les zyeu

 Si ca kontinus ze vé me fachais tou rrrrrouje !

 Si tu fé pa sa ze shante sous ta fenaîtreu, crrrroââ !

 Bambino Crapino de la laguna marecagiosa

 crapaud

 

Jeudi 13 Octobre 1609,

 Bonsooooooooooooir Ô toi doge lumineux qu’on voit briller au firmament des princes, prince d’une cité millénaire et magnificence suprême de la lagune !

 Je sais, j’aurais dû mieux vous prévenir que j’adoooore les jeunes étrangers à Venise.

Les voir batifoler dans la lumière du matin me mets dans un état d’exci euh d’exégèse proche de l’orgas euh l’organique joie interne.

 Pouvoir les palp euh leur parler est un ravissement. Jeunes, Vieux, Jeunes, Jeunes, Jeunes vous le voyez je les aime tous !

 Vous trouverez en moi toujours le plus perv euh permanent soutien de votre dogiété fabuleuse, alors ne me répudiez pas pour mon amour des belles et jeunes choses.

 Je ne veux pas mourir à Venise !

 Fédérico Mitterano, satyr… euh satisfait

Frédéric-Mitterand

 

 Vendredi 9 octobre1609,

 Papounet,

 J’hésite vraiment… plus trop beaucoup encore.

 Quand tu m’as proposé le poste de conseiller au Parlement des Eaux de Venise, j’ai été fou de joi-eu !

Quand tu m’as proposé le poste de chef du groupe de l’Union des Marchands de Poignards au parlement des eaux de Venise, j’ai été ravi-eu !

Mais là, président de la chambre de commerce de la Sérénissime, à 23 ans, j’hésite vraiment-euh…

 Franchement tu m’avais habitué à mieux pour moi, ton fiston adoré-eu !

Oser me nommer par le « fait du Doge » à un poste honorable certes mais non rémunéré en sequins sonnants et trébuchants, tu te moquerais pas de moi par hasard-eu ?

 A quoi bon être le prince Giovanni pour être traité comme un manant ? Vraiment papounet si tu ne fais pas quelquechose, il est très possible que je me mette à trépigner et à retourner à mes chères études ! Tu auras été prévenu-eu…

 Prince Giovanni Da Ponte

jean sarkozy

 

h1

Un chti coeur qui saigne

5 mars 2009

coeur

__

__Jeudi 5 mars 1609,

__

__

__


Martina,

J’suis pas d’accord du tout. C’est pas jusse.

C’est abominape !

J’peux pas croire que j’ai pas eu de chance au tirlibibi, comme tu dis.

Non, non, ce rôle de dresseur d’éléphants qui finit écrasé par ses ouailles ne me convient pas du tout.Tu m’croyais assez nonoche pour l’accepter ?

Vin deu diouss ! T’auras beau me raconter des carabistoulles, tu devrais te sentir péteusse d’avoir tout fait pour que je tirlote ce mauvais cadieau !

aubry_peillon

Nous autres, vénitiens du nord, devrions nous tenir les coeutes au lieu d’nous faire des coups comme ça !

Niouque alors ! J’sais que j’me suis imbernaqué avec mon soutien à c’thorripe mégère de Solène contr’ toi, que j’ai été maladrot en sortant les chicos, mais t’sais bien que j’suis pas un coqu’leux, c’tait jusse pour équilibrer les forces au sein des Pagliaci Di Scena, car t’es en sur-gabarit !

Mais, on va s’artaper de tout ça, hein ? On est une grande famile !

On va pas s’ingueuler, c’est apsurte et nuisipe pour la troupe !

Allez, r’file ce rôle à un aut’ boubourse ! Moi j’veux du grand, du beau, du noble !

Et puis, t’sais que j’chte ker bien malgré tout !

T’as d’beaux yeux t’sais ?!!

Vincenzo Peilloni, mais pas pijoni !

peillon


h1

Il Signore K

12 février 2009

k1

 

Jeudi 12 Février 1609


 

 


Saint-bernard,

Dites donc …. Me serais-je pour la première fois de mon dogéat trompé sur le choix d’un de mes ministres ?

Je vous sollicite pour me rejoindre au palais des Doges, vous tergiversez à peine, vous me rejoignez et depuis quelques jours qu’apprend-je ?, Que lis-je ?.

Les rapports de Sébastien El Perfidio, mon fidèle traître-espion, relèvent des malversations de votre part !

Malversations qui pourraient entacher la réputation si pure et si immaculée qu’est la mienne ! Et ça, je ne le permettrais pas, croyez le.

Sans compter que vous me recommandiez à l’époque un certain Giuliano Dray, un quidam qui vient de se faire attraper par ma garde à l’entrée du palais en train de vendre des horloges sous le manteau ! Mais quelle honte !

Pour vous remettre les idées en place, je vous mets en copie, la lettre que vous m’avez fait parvenir à l’époque :

kouchner

Mardi 2 Décembre 1608,

Doge Da Ponte, votre dogéité

C’est avec beaucoup d’étonnement non feint que j’ai reçu votre missive.

Je ne pensais pas recevoir un jour pareille proposition d’un grand de ce monde et encore moins de

vous, cher Doge Da Ponte, le phénix des grands de ce monde.

Vous me proposez de mettre mes qualités humanistes au service de la Sérénissime en devenant votre Ambassadeur en chef.

Je vous avoue que je suis embarrassé par votre intérêt pour mon humble personne.

En tant que membre de l’Ordre religieux « Miraculi Sine Frontiera », j’ai fait le choix plein, vain et entier de ne pas céder aux sirènes du faste ni des honneurs et de servir mon prochain avec le plus grand détachement.

Je m’associerai cependant toujours de grand coeur à ceux qui me fourniront l’occasion de soutenir l’innocence et de délivrer les opprimés.

Je suis, comme vous le savez, dégoûté de la vanité des grandeurs humaines. En tant qu’aumônier de la reine Christine de Valois, j’ai pu constater les dégâts qu’elle engendre sur l’âme humaine.

Or je tiens absolument à préserver la mienne de ces dérives. Il est d’ailleurs plaisant qu’à mon âge j’aie échappé à ces fléaux que sont la quête éperdue des honneurs et la poursuite des plaisirs mondains.

Nonobstant tout ce que je viens de vous exposer, je n’en travaillerai pas moins pour votre gloire, dussé-je crever à la peine, parce qu’on est incorrigible à mon âge et parce qu’il est prouvé que celui qui ne désire pas l’estime de ses contemporains en est indigne.

Voilà l’aveu sincère de ce que je suis, et de ce que la nature a voulu que je fusse. Amen.

Je ne puis cependant que vous conseiller de prendre aussi à votre service Giuliano Drayo, un clerc qui présente toutes les qualités que l’on peut attendre d’un homme d’église dévoué à ses prochains, notamment aux populations indigènes victimes de notre intolérance.

Il est par ailleurs grand tic-tacticien, ce qui le rendra encore plus aimable à vos yeux, vous qui appréciez les affaires bien réglées.

Cher Doge, votre grandeur m’est trop connue pour ne pas vous donner, en toutes les occasions, des marques de mon grand respect.

Je prierai pour vous et pour la bonne conduite des affaires de la Sérénissime, qu’il me tarde de servir avec grande modestie et dévouement.

Saint Bernard Pie-Paul

 

Alors tenez vos engagements que diable, ou je me verrais contraint de procéder à un dégagement prématuré !

Le Doge Da Ponte, de sa salle des cartes

sarko1

h1

Commedia politique ou comment tirer à vue de nez

8 décembre 2008

pinocchio

 

  Lundi 8 Décembre 1608,

 

 

 

 

Papounet,

Excuse-moi de ne pas t’avoir écrit plus tôt, mais je suis très occupé depuis que j’ai intégré la troupe des Pagliaci Di Scena, je n’ai pas un moment à moi.

Pour te dire la vérité papa chéri je ne sais pas si je devrais remercier Francesco Braïni d’avoir suggéré à Solène LaReine de me recruter.

Je ne veux pas t’inquiéter mais parfois je me demande si je ne suis pas au fameux Pays des Joujoux, au milieu d’enfants transformés en baudets ! Quel cauchemar !

Ici non plus il n’y a pas de vacances commençant le 1er janvier pour se terminer le 31 décembre ni six mercredi et un dimanche dans la semaine.

Oui, ici on ne chôme pas ! On est d’ailleurs actuellement en tournée exceptionnelle.

La fièvre des ânes se propageant à grande vitesse, tout le monde est mis à contribution pour tirer les charrettes du convoi !

D’ailleurs on s’adonne avec une telle joie à cette activité que c’est à qui chargera le premier sa charrette avec  tous les effets de son voisin. Parfois on s’enthousiasme tellement qu’on fait des courses de charrettes qui finissent par se renverser et tout le monde atterrit dans les choux,  comme aujourd’hui !

Quant à mon nez, il me fait tellement mal à force d’être mis à contribution comme détecteur de faux-jetons !

D’ailleurs grâce à mon don on en a récolté deux beaux sacs, qu’on va fondre tantôt pour fabriquer des médailles pour renforcer l’émulation lors de nos courses de charrettes.

Avec toute cette activité j’ai d’ailleurs la tête qui tourne sans cesse comme une girouette et je souffre de torticolis.

Certes, je ne peux nier que je suis très sollicité et cajolé, mais l’ambiance saine de ton atelier me manque, malgré toute la poussière de bois.

J’aurais bien aimé qu’on me confie le rôle de souffleur pour changer et souffler un peu, mais c’est une activité à haut risque car les tirades des pièces que nous jouons ne cessent d’être modifiées par les acteurs sans avertissement, chacun essayant de modifier son rôle à son avantage.

D’ailleurs j’ai du mal à m’y retrouver dans les amitiés des uns et des autres, l’ami d’un jour devenant curieusement l’ennemi de toujours.

Et puis si je me prends parfois les pieds dans mes ficelles, je sais au moins qu’il y a in fine un bout de bois au bout avec une main directrice alors que les autres membres de la troupe ont souvent des comportements de pantins désorientés en quête d’un metteur en scène de talent.

Pourrais-tu s’il-te-plaît dire à ma bonne Fée que je me passerais bien de la gloire associée à mon nez et que je promets d’être sage si elle accepte de me transformer en vrai petit garçon ?

Je t’embrasse mon petit papa Gepetto.

Ton Pinocchio, du haut de sa charrette

h1

Les Princes de l’infinitésimal…

1 décembre 2008

larmes-machiavel

Lundi 1er décembre 1608,


Mia cara Lucia,

Je suis enfin rentrée à Florence, ravie de mon séjour à Venise. Nous n’avons guère été sages, chère cousine, mais je ne peux que m’en féliciter !

Encore dans l’ambiance des sorties vénitiennes, j’essaie de suivre de loin les rebondissements de vos affaires culturelles, et j’apprends à l’instant que Roberto Huhi se lance lui aussi dans l’aventure de la scission créative !

C’est décidément une épidémie, mais il faut avouer qu’il est plus facile de prendre le large à Venise qu’à Florence !

Ce début de XVII ème siècle voit effectivement émerger nombre de troupes de théâtre, ce qui souligne la grande richesse culturelle de notre belle péninsule, et tout particulièrement celle de la Sérénissime ! A croire que vous grouillez de génies !

Après Olivio Bisiencenisti et sa troupe « Nouveau Pagliaci Di Scena », et Giovanni-Luca Melenchoni et son école « Pirouettes pour Gauchers », voilà maintenant Roberto qui annonce réfléchir à la création d’une nouvelle école d’interprétation théâtrale ! Quelle créativité !

Comment va-t-il l’appeler ? Les paris sont ouverts…

Les Pagliaci Di Scena ont bien du souci à se faire ! Leur jeu théâtral, un brin maniéré et convenu, risque de souffrir de la concurrence de ces tenants d’un jeu épuré voire minimaliste (Cf Melenchoni qui prône l’utilisation expressive de la seule partie gauche du corps).

En tout cas votre Doge Nicolo Da Ponte doit bien s’en frotter les mains, tout affaiblissement des Pagliaci servant bien sa cause.

A moins que le très prometteur Gianno Copi ne s’y mette à son tour, et que votre Doge se trouve aussi mis en difficulté ? Il y pour l’instant peu de risques car sa fonction de responsable des ventes de « l’Union des Marchands de Poignards » cumulée à ses innombrables autres fonctions désintéressées lui laissent trop peu de temps pour exprimer tout son talent artistique, à part celui du jonglage.

jongleur

Ce qui me fait penser qu’il ne vous manque plus qu’une école de cirque à Venise !

J’en profite pour vous renvoyer à l’oeuvre de notre illustre Nicolo Machiavelli, la fierté de notre belle Florence, qui théorisa il y a un siècle de cela dans son ouvrage « Le Cirque de cour pour les nuls », tout l’art du jonglage et de l’équilibrisme, sans parler du domptage de fauves.

le-prince

Dommage que Venise soit trop petite pour pourvoir à la réussite de tous ces talents !

Je suggèrerai ainsi au Doge de mener une politique financière plus généreuse en matière culturelle pour inciter tous ses concurrents à s’adonner librement à leur art, ce qui lui laissera le champs libre pour s’occuper des affaires de la Sérénissime, le bon peuple y trouvant par ailleurs les divertissements susceptibles de le détourner de sa triste condition.

Ainsi, si tous vos acteurs devraient lire notre cher Machiavelli pour adapter leur jeu théâtral à l’art du cirque, votre peuple, quant lui, pourrait en faire autant pour réfléchir aux moyens d’éviter de se transformer en avaleur de sabres et de couleuvres !

Bien à toi et au plaisir de te revoir, cara cousinetta,

Baci, La tua Principessa Mirabella, assise sur le Ponte Vecchio

signature-mirabella

h1

JE est MOI, TU es l’Autre…

21 novembre 2008

folie_grandeurs

 

Vendredi 21 Novembre 1608,

 

 

 

Mon très cher Francesco, mon ami de trente ans (moins les deux dernières années, vilain ingrat que tu es !),

T’étonne pas si JE te tutoie, tu sais combien, malgré la lourde charge de ma fonction suprême, JE reste un homme sobrement simple et J’ai du mal à mettre les distances avec mes chers vieux amis de très longue date.

JE tiens à te féliciter chaudement pour ta génialissime contribution au rayonnement et à l’Identité nationale de Venise, car je dois admettre que les masques, déguisements, quolifichets et autres babioles de ta petite guilde sont quand même un atout commercial en cette période de forte croissance négative.

T’as rien à voir avec ces chefs de guilde-voyous tombés dans le péché de vénalité (j’en ai d’ailleurs récemment parlé au Pape pendant ma confession) que je compte bien soumettre à la question ordinaire et extraordinaire s’ils continuent à mettre des bâtons dans les roues de mon carrosse !

Bon, J’leur en veux pas au fond, ils sont victimes de la conjonctionture, mais faut bien qu’ ça roule quand même, hein ?!

JE veux te dire en ma qualité de vieil ami de très longue date que ta tentative de rapprochement, même tortueuse, avec les « Pagliaci di Scena » (ces bouffons qui seraient amusants s’ils n’étaient aussi pathétiques) est d’emblée vouée à l’échec.

Tu sais combien J’suis homme de parole et que ma mise en garde quand tu avais refusé de me soutenir lors de mon élection était un signe de droiture et d’amitié sincère, car comme disait l’Autre-qui n’est-malheureusement-pas-MOI « un cher vieil ami prévenu en vaut deux« .

J’suis actuellement très occupé par Dominico Di Villapini, cet « arracheur de masques« , mais tu sais que JE ne manquerai pas de te témoigner bientôt mon amitié de très longue date en venant inaugurer en toute faste simplicité tes vieux ateliers poussiéreux de fabrication à petite échelle.

JE ne suis pas rancunier car JE veux être le Doge de la relance de l’espoir, Je veux être le Doge du pouvoir de suer, JE veux être le Doge de la vie dorée !

JE te propose par conséquent de réfléchir à la proposition suivante : oublions tout ça et reprenons nos bonnes vieilles habitudes  !

JE te propose aucunement sans arrières-pensées de venir au Palais pour participer à notre jeu des chaises percées musicales pour le poste de Premier Conseiller, ce cher vieil ami de Francesco Filli commençant à s’user et les basses messes de ce jeune clerc ambitieux de Sabieri Bertrani commençant à m’agacer !

JE te laisse, faut que je pose pour le peintre mais on se voit bientôt, hein ?!!

Sa Sérénissime Altesse du peuple vénitien, Nicolo Da Ponte, Doge par la grâce de lui-même, de sa salle de bains

PS : Excuse-moi pour le style, mais J’ai dû me séparer une fois de plus de mon secrétaire, tous des incapables, faut tout faire soi-même dans ce palais !!!

PPS : JE te rendrai pt’être visite avec Carlita, tu sais combien les femmes adorent perdre leur temps à des futilités !


sarko1